GERMES CONSERVÉS DU MOADE PRIMITIF
mais que les objections auxquelles ils sont sujets, le philosophe (jui les embrasse ne peut s'en délivrer par le simple aveu de son ignorance; il ne peut éviter de tomber, en un point, sur l'incompréhensible, autant ou plus profondément qu'en aucune autre doctrine, et, en un autre point, dans la contradiction.
Le parfait incompréhensible, c'est la production du supérieur par l'inférieur, c'est l'existence d'une loi en vertu de laquelle la vie et la pensée procéderaient de la non-vie et de la non-pensée, la conscience morale, de l'aveugle Inconscient, et cela sans qu'une semblable loi trouvât le moindre fondement en ({uelque chose à quoi les idées d'ordre et de développement se pussent rapporter. La contradiction, c'est celle du nombre infini actuel des phénomènes passés, supposition forcée dans ce recours à l'éternité du monde, à l'aide duquel on se fait l'illusion de résoudre le problème qu'on supprime, le problème des origines.
Il faut, pour envisager dans un esprit criticiste rhypothèse que nous développons, renoncer à lui demander réclaircissement de cette partie si profondément obscure du lien qu'elle nous donne à concevoir enti*e les êtres du monde actuel (ou ce qu'on voit de leurs conditions de naissance et d'existence individuelle de ce monde) et les êtres du monde primitif. Il faut se borner à poser ce