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APPENmCK. — A.
formel de toutes les sortes de relations ; et une puissance aclivôy ou pouvoir de modifier par ses déterminations certaines déterminations extérieures, et enfin même de disposer librement des premières, c'est une idée totale d'être ou exister que nous avons. Le sujet que nous formons de la sorte n'a rien de fictif, excepté le concept même de sujet, si nous le réalisions, mais dont nous ne devons nous servir que comme de signe ou symbole pour mar(iuor la réunion coordonnée des éléments d'une fonction de [)liénoménes. Ce signe est pour l'esprit un secours tout pareil à celui qu'il tire des autres universaux de toutes catégories, qui ont pour lui une réalité idéale en ce qu'ils lui servent à penser des rapports généraux très réels, mais qui n'ont pas la réalité pour eux-mêmes.
Il arrive souvent que les philosoplies dont les doctrines renversent des notions accoutumées, aux- (pielles l'usage a afl'ecté des termes convenus, s'arrangent [)Our conserver ces derniers avec un autre sens, pour ne pas renoncer tout à fait à la faveur dout ils sont l'objet dans Topinion publique. Cela peut s'appeler mettre les mots de son coté, moyennant des délinitions noVivelles. L'histoire du mot liberté fournirait, si c'était le lieu, une curieuse illustration de cette ruse des penseurs. La méthode phénoméniste pourrait s'accommoder })areillement du mot de substance^ et elle trouverait à cela un avan-
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tage, mais plus que l)alancé [)ar l'inconvénient des idées associées à ce mot par l'habitude : inhérence, contenance, manifestation, développement, déterminisme, unité de sujet finalement. Quoi qu'il en soit, on définirait en ce cas une substance : une coordination de phénomènes^ une coordination d'existences corrélatives, tant constantes que succès^ sives. à peu près comme Leibniz définissait l'espnce un « ordre de coexistences possibles ». On étendrait aux phénomènes compris sous les autres catégories l'idée leibnitienne de l'ordre relatif à IVspace, et on y joindrait, là où il est prédéterminé, 1' « ordre des successions », 1' « ordre des changements »,r « ordre des possibilités inconstantes connexes », que Leibniz prenait à part pour lui servir à la définition du temps. Selon cette nomenclature, on entendrait par les existences, qu'on ne distinguerait point des réalités, les choses en tant qu'objets et sujets de perception, c'est-à-dire les phénomènes eux-mêmes, mais inséparables des ordres ou lois que d'ailleurs toute perception et possibilité de perception supposent.
On ne fait jamais assez attention que c'est ainsi que, au fond, Leibniz a entendu la doctrine de l'être. Il en a fait, pour la connaissance, une théorie des lois. Non seulement ce grand penseur a, par son « hypothèse », toujours si mal comprise, de l'harmonie préétablie, substitué une loi, — la loi de l'organisation des correspondances entre les perceptions des différentes monades, <|ui sont les êtres substati-
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tiels de Tunivers. — à la place de la llction dos causes transitives, et de Viaffux imaginaire de ce qui affecte dans ce qui est affecté ; non seulement il a tenu que les phénomènes sont réels, et que la matière n'est pas une substance, mais, si Ton veut bien regarder à la manière dont il définit la monade ou « substance simple », on verra qu'il n'y fait entrer d'autres notions que celles : lo des phénomènes internes d'une conscience donnée : « perception et appétition « , :2o de la multii)licité de ces phénomènes, c'est-à-dire de la loi des rapports constitutifs et des changements qui sont des modiiications réglées de la monade : cette multiplicité, en dépit de ce qu'on appelle sa simplicité, constitue sa nature et son développement, lequel n'est pas d'une moindre extension que celle de la création tout entière ; 3» des rapports entre les modifications de la monade et les choses, ou composés externes, dont elle a la représentation en elle (1). Le terme de substance aurait donc un emploi tout nomi-
(1) c( L^ne monade en elle-même, et dans le moment, ne saurait être discernée d'une autre que par les (|ualités et actions internes, Ic^squelles ne peuvent être autre chose que oos perceptions (c'est-à-dire les représentations du composé, ou do ce qui est au deliors, dans le simple) et ses appétitions, (c'est-à-dire ses tendances d'une perception à l'autre) qui sont les principes du changement. Car la simplicité de la substance n'empêche point la multiplicité des modifications qui se doivent trouver ensemble dans cette même substance simple ; et elles doivent consister dans la variété des rapports aux choses qui sont au dehors. «(Leil)niz, Principes de la nature et de la grâce fondes en raison, u^ 2./
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nal, si ce n'était que Leibniz entend que toute la série des modifications et changements d'une monade quelconque soit éternellement préordonnée, tant en elle-même que dans ses rapports avec les modifications et changements de chacune des autres et de toutes, sans aucune exception ou dérogation possible à cette institution a priori de tous les phénomènes de l'univers. La doctrine leibnitienne de l'harmonie préétablie est ainsi, sans aucun doute, liée à celle d'un substantiahsme évolutioniste : néanmoins, ce n'est pas en elle-même, ou en tant que substitution de la loi à la causalité, partout où il y a réellement loi et enchainement nécessaire, que cette doctrine présente une si grande affinité avec les systèmes de développement éternel d'une substance dans laquelle tout est contenu ; c'est uniquement par suite de l'adoption du principe du déterminisme absolu, universel. Mais l'idée de substance, considérée à part de la conception déterministe, ne laisse pas, comme on vient de le voir, d'être exclusivement dépendante des idées de phénomène et de loi.
Le lien des monades dont tous les composés, tous les êtres soumis à notre expérience sont faits, en d'autres termes, la coordination elle-même, ne saurait être, selon les principes criticistes de la connaissance, autre chose qu'un ordre de représentations, donné, par conséquent, sous la condition d'existences conscientes. C'est donc au leibnitianisme encore que nous sommes conduits en cela, et nous de-
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voris dire, — en continuant notre propos d'user d'une déanition nominale : — une siihsiance est une monade ; mais avec cette difierence que, en adoptant la réduction des communications (actions exercées et subies des monades) à une harmonie^ à une loi, nous n'admettons pas, comme Leibniz, que la série entière des moditications de toute monade soit arrêtée d'avance et de tout temps avec sa place et ses rap[)orts invariablement délinis dans l'univers. Le déterminisme ne soutire d'individuation que dans les mots. Mais la théorie des lois n'implique point la soumis.sion constante de toute monade, en tout acte, à une loi. L^iction d'une monade libre, là où elle s'exerce, quand elle s'exerce, est une volonté, cause de déterminations internes; là seulement est une cause et un elïet dans le sens rigoureusement propre des mots; puis, c'est en vertu d'nne loi (jue se produisent ces moditications correspondantes des autres monades, qui sont dites improprement les elïets de cette cause. Tel est le sens que le ciiticjsme donne, en les faisant siens, au monadisme et à l'hypothèse de l'iiarmonie })réétablie.
Leibniz, au début de sa Monadologie, dit qu' .( il y a des substances simples, jaiisqu'il y a des composés {composita) ». Ce n'est pas que, à l'occasion, il évite d'employer le mot de substance contposée] mais alors, comme ici même, il ajoute que « le composé n'est autre chose qu'un amas ou aggregatum de simples », que « les composés, ou les corps, sont des