UNITÉ ET PERSONNALITÉ DE DIEU
espace et dans un temps indépendants des représentations qu'eux ou leurs semblables peuvent en avoir, et que la matière des corps perçus est quebiue chose de différent des i.erceptions, et même qui engendre les perceptions sans avoir aucun rapport de nature avec elles. C'est qu'ils ne possèdent les lois que communiquées, étant des consciences créées et non créatrices, et ne font, en les appliquant, qu'obéir aune nature reçue. Mais alors le monde n'a qu'une seule et même origine. S'il en était autrement, si le monde avait commencé par des consciences multiples et mutuellement indépendantes, pourquoi se seraientelles accordées dans la représentation des choses ? On peut concevoir, en abstrait, qu'il fût venu primitivement des êtres pensant et jugeant selon d'autres formes et d'après des catégories tout autres que les nôtres ; mais ces êtres et ceux de notre monde auraient été mutuellement incommunicables, auraient donc appartenu à des mondes différents. Ces pures possibilités sont hors de la question, qui concerne notre monde et notre Dieu.
Dieu et l'unité de Dieu, après la vie future et la liberté, forment le troisième des postulats dont nous nous proposions non d'étudier ici les motifs moraux, les raisons de croyance, mais de reconnaître et de définir la forme intellectuelle, dans la théorie phénoméniste des lois. A cet endroit de la spéculation dirigée par la raison i)ratique, une nouvelle question, et la plus difLicile de toutes, se pré-
APPENDICE. — A
sente : c'est celle de l'origiiie du mal, qui exige des considérations d'un autre genre et qui a été traitée dans les derniers ciiapitres du présent Essai sur les Principes de la nature.
APPENDICE. — B