‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 23 sur 199 · L IDEE LA. PLUS GEXEHALE DE L ETRE · texte numérisé non relu

L IDEE LA. PLUS GEXEHALE DE L ETRE

l'idée l\ plus Générale de l'être.

tenant à Tidée de la Nature ; je m'eiïorce de la poser dans le plus haut degré de généralité où elle soit encore accessible à la connaissance, et de scruter les rapports intimes qu'elle soutient avec la loi de personnalité.

Dans la plus grande partie du développement de mes analyses, j'ai du me fonder sur le dualisme inhérent à la connaissance qui se rend compte d'elle-même : la représentation en nous; des représentés hors de nous. Cependant, et dès le début, une généralisation forcée, des considérations d'un ordre logique tout à fait inévitable me conduisaient aussi à formuler en une thèse unique l'essence d'une chose quelconque.

Ce n'est pas que la l'echerche spéculative de ^7:7 n> par les anciennes voies nous redevienne ainsi licite, ni ([ue la nature des êtres soit déter-minable autrement que par l'observation et la méthode des sciences physiques : mais le problème ontologique peut encore se poser sous une formule convenable. Et en etfet la question suivante est ti'ès claire : Quelle est Vidée la plus génrrnie soi's laqucUr il sait possible de réualr les dires indiriduels ? Y a-t-il une forme de eertains d'ejtlre eux que nous jur/io^^s également applicable au,rn H fres, commune à tous, et quelle est -elle ^

Trois solutions sont oll'ertes, et une seule est compatible avec nos principes. Puisque cet en-

semble de pliénoraènes, que nous appelons un ùlre est nécessairement donné dans quel.iue représentation, afin de tomber sous la connaissance; puisqu-il implique dès lors les éléments constants de la représentation ; puisque celle-ci distinoue et réunit le représentatif et le représenté T formes inséparables en elle, et sans lesuuelles elle ne serait point, il faut que 1 un ou l'autre de ces éléments, ou tous les deux, entrent dans ridée générale que nous nous formons d un être quelconque, et en posent le fondement.

On peut donc supposer, ou que rètre quelconque, l'être en général, est de la nature d un représenté pur, et s'obtient en éliminant de la représentation tous les caractères ([uc nous reoardons comme représentatifs : doctrine du n-a-

lisme matériel ;

Ou (lue l'être est défini par une aptitude représentative, dont les représentés ne seraient «pie des

produits inconsistants, et non la contre-pai-fie corrélativement nécessaire : doctrine des idées sans objets réels qne la symétrie oblige de mentionner, quoique l'inlelligence et rénonce morne

eu soient malaisés ; ,, , .

Ou enfin -lue tout être réunit les deux éléments de la représentation, et, par suite, doit être admis en son enlier à titre de représentation pour soi : doctrine de la réalité complète.

Le réalisme matériel est impossible à détendre,

J4 l'idée L\ l'LUS GÉNÉKALE UE L KTUt;.

depuis les travaux du criticisme, car il ne reste rien de l'être, rien qui puisse qualifier le prétendu représenté, après (lu'on a fait abstraction pour le concevoir : 1" de toute conscience propre à un dej^ré ([uelconque, et de toute force modelée sur la 'causalité efficiente, et de toute passion expliquée par la finalité : finalité, causalité, conscience, dont les types sont donnés pour nous dans la représentation humaine, et dont les concepts supposent toujours quelque chose de représentatif là où ils se réalisent; 2' de tout attribut physique dont la délinition implique la sensibilité, c'est-à-dire impli(iue la sensation même comme représenlativeiS" des (jualités inhérentes à la durée et à l'étendue, c'est-à-dire à ces lois générales de la représentation qui envisagées dans un représenté pur et en soi iinpliciuent contradiction.

L'idéalisme insaisissable, qui correspond à la seconde hypothèse, a obtenu dans plus d'une imagination la forme d'existence d'un rêve, principalement dans l'Inde, mais aucun penseur n'a réussi à l'amener à l'état de système consistant. Les doctrines dites de l'égoisme philosophique et de l'idéalisme subjectif absolu n'en sont que de timides essais, car elles cherchent à se rendre compte de l'apparence des représentés et Unissent par dépasser celte apparence. Du moins font elles de la conscience du philosophe un représenté

L IDI

•;ii L\ l>î.b'S UÉNlillALE DE l/ÈTliE

constant pour elle-même, tant lobjectiviste est irrésistible. Mais des analyses prolongées d école en école et une longue expérience de la faiblesse des spéculations sur la matière pure ont ete nécessaires pour nous faire comprendre que les deux systèmes exclusifs ont le même vice et se heurtent à la même impossibilité, celle de scinder les éléments inséparables de la représentation qui, sortant de soi, ne pose jamais au fond que le

semblable à soi.

La philosophie possède un troisième système . c'est celui qui se soustrait à la division c'i-dessus en posant l'identité du représentatif et du repre-senté. inégalement manifestés et progressivement

développés en un môme sujet, qui est IMt'e. &i l-idenfïté ne signifiait là que l'inséparable uni de deux éléments distincts; si on n admettait pas un sujet unique, inintelligible; si la conci-

iation de contradictoi.-es n'était pas le fondenet avoué de la méthode; si la substance e

son développement qu'on expose n'exprin^ient pas le panthéisme et le fatalisme don tj a more la faiblesse scientifique, et si la dialedme appelée à reproduire la série ^^es mouvemen s de VMce avait pu se constituer autrement que pai ,, ...oncdlement d'abstractions P-^^ ^t de déductions illusoires, je n'aurais sans doiUe qu a acclamer Hegel, révélateur de l'AbsoUi Ma

n'ai de commun avec ce système qu une pensée

](i LII.KE LA PLUS (.KNKHALE VV. I.KTUK.

nui devrait être commune à tous les philosophes : la réduction de la connaissance tant objective que subjective à la représeutation; et tandis que les disciples de Hegel tombent en extase devant l'histoire de Vldce.ie voudrais me faire une idée des êtres individuels, de leurs natures universelle et particulières et de leurs rapports.

Il uy a donc qu'une seule notion générale possible de lètre individuel posé pour soi dans la nature : c'est la notion générale de la représentation pour soi. Délinir tels êtres particuliers, telles espèces d'êtres, c'est déterminer les espèces et les degrés de cette représentation pour soi, huiuelle doit se trouver conforme, au moins en pai tie. à la représentation pour nous (sans quoi il n'y aurait point de communication de nous avec eux. rien d'intelligible pour nous de ce <iui les constitue), et en partie se concevoir sur le fondement de l'analogie.

On voit que l'essence en général est tixée avec une certitude rationnelle. Mais les essences individuelles ne sauraient être atteintes par l'homme, en dehors de lui. qu'avec une probabilité plus ou moins grande, ou sur de simples conjectures, selon le degré d'élo'ignement dont les apparences témoignent.

Du point de vue (lui nous est ainsi imposé, la tliéorie de la nalurf est une iiionadologie, mais

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