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leur appartiennent et par les premiers composés qu'elles réalisent en liant les êtres, elles donnent à ceux-ci une étendue et des corps. Enfin ces corps sont les lieux où s'exercent les derniers instincts et les actions mutuelles les plus immédiates des êtres élémentaires; ils se déterminent par des points d'application de forces et des intervalles vides, et s'élèvent de composition en composition, avec des lois de subordination diverses, jusqu'à ces groupes qui nous deviennent enfin sensibles.
La continuité mathématique doit être exclue des représentés efi'ectifs dans le temps, comme dans l'espace, et pour les mêmes raisons. Dès lors, toutes les actions élémentaires seront regardées comme instantanées. Les êtres occupent la durée par les rapports de ces actions répétées, multipliées; et ces actions elles-mêmes ne pouvaut se comprendre qu'en leur multiplicité et leurs rapports, tant dans un même être ({u'entre plusieurs, c'est en ce sens que nous devons regarder les instants et les intervalles (ainsi que nous lavons fait in ahstracto^ en exposant les catégories) comme n'étant donnés qu'avec leurs synthèses, qui sont les durées. Il faut même ajouter que ces durées, à leur tour, sont assignables exclusivement par la comparaison des unes aux autres et par des mesures. La remarque s'applique aux points, aux intervalles de lieu et
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aux éleudues. Eu la négligeant on s'exposerait a donner aux points et aux instants, au vide et au temps indéterminé, enfin môme aux étendues et aux durées un caractère absolu que repousse notre méthode. Il faut se souvenir que tout est donné dans la représentation, non ailleurs, et que toutes les questions possibles roulent sur les rapports que la représentation enveloppe et développe. *
Les durées élémentaires que limitent les déterminations instantanées et successives des êtres sont extrêmement petites, au regard de celles qui peuvent tomber sous notre observation. Il en est de môme des moindres distances locales des points où siègent les forces naturelles. Entre ce (jui est donné et ce qui nous est perceptible, en fait de divisions du temps ou de l'espace, la disproportion est énorme : on s'en formera quelque idée en songeant, par exemple, que les recherches de physique mathématique ont amené des auteurs à supposer les particules des corps sensibles séparées par des intervalles relatifs plus considérables que ceux qui sont jetés entre les sphères du système céleste. Si l'on ajoute à cela que le nombre des dernières parties comprises sous la moindre étendue possible, surpasse l'imagination, on comprendra que le calcul de Undéfini soit mieux adapté que tout autre à la plupart des problèmes de la composition et de la décom-
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position élémentaires. C'est donc par voie de composition, c'est à l'état de répétition ou d'accumulation excessives que se produisent les premiers phénomènes dont nous soyons propres à apprécier par les sens la durée ou l'étendue. Et il arrive qu'ils nous paraissent continus dans le temps, comme les effets de la gravitation, par exemple, parce que nous sommes très loin de pouvoir en délimiter les impulsions composantes ; continus dans l'espace, comme les effets d'attouchement ou de lumière, à cause de la confusion qui s'opère entre les éléments de nos sensations. Nous retrouvons la figure exacte de ce qui a lieu dans ce cas, lorsque les mêmes objets que nous apercevions distincts, venant à être éloignés tous ensemble, ou seulement entraînés dans un mouvement circulaire assez rapide, nous semblent couvrir une étendue sans discontinuité. L'étude des conditions physiques et physiologiques de l'audition nous enseigne des faits analogues et bien connus. En un mot, nos sensations impliquent toujours des étendues et des durées déterminées, au défaut desquelles elles cessent d'être distinctes, et les illusions qui se produisent dès qu'elles ne le sont plus, expliquent la substitution du continu apparent aux intervalles réels, aux intermittences réelles. Rien n'est plus connu que la confusion qui se fait des sensations dont les causes sont distinctes.
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mais agissent à des moments trop rapprochés ou à des points de nos organes trop voisins les uns des autres. Des lignes séparées figurent une surface, des points une ligne, deux couleurs différentes une couleur unique qui n'est aucune des deux ; or c'est précisément ainsi que s'offrent à nous les phénomènes naturels que nous cherchons à diviser de lieu ou de durée. La gravitation nous paraît être une force continue par une raison analogue à celle qui nous fait voir des corps sans interstices. L'erreur des théories a été la suite de l'illusion des sens. Celle-ci reconnue, il serait bon d'abandonner l'autre.
L'intermittence est aux choses du temps ce que les intervalles ou vides sont aux choses de l'espace. En l'absence d'un terme commun qui exprime ces deux conditions générales des phénomènes, on pourrait adopter celui iVintermiltence dont fétymologie permet l'un et l'autre sens. Nous dirions alors, pour nous résumer, que l'intermittence est une loi universelle de la nature, et que la preuve rationnelle de cette loi résulte de la réduction à l'absurde de la thèse du continu effectif ou infini actuel. Nous remarquerions ensuite que cette loi s'appli(iue non seulement aux phénomènes élémentaires que j'ai indiqués dans les pages précédentes, mais encore aux forces les plus élevées, aux moments de la représentation humaine comme à ceux des fonc-
tions organiijues et de tous les faits composants de l'ordre du monde. Euffn, la liberté morale, la dernière venue d'entre toutes les forces, nous apparaîtrait comme le couronnement naturel de lant.de spontanéités répétées et accumulées, au lieu de se présenter à nous comme une scission miraculeuse entre le plein ou continu de la nature et la frappante discontinuité des pensées et des résolutions humaines.
Ainsi le monde est une pulsation immense composée d'un nombre inassignable, quoique à chaque instant déterminé, de pulsations élémentaires de divers ordres, dont l'harmonie consciente ou inconsciente, établie et développée en une multitude de degrés et de genres, s'accomplit par la naissance des êtres autonomes dans lesquels elle tend à devenir, de purement spontanée qu'elle était, volontaire et libre. Gela soit dit toutefois au point de vue de la nature et de ses développements soumis à notre observation, sans supposer la préexistence absolue des phénomènes inférieurs aux phénomènes personnels, ou vice versa, car ce problème ne serait pas ici à sa place; et le conditionnement du supérieur par l'inférieur est un fait du monde actuel qui ne s'étend pas logiquement à son origine.
Mais une condition qu'imposent les présentes considérations, est celle du premier devenir. Quel que en soit le sujet, il faut de toute néces-
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