‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 52 sur 199 · LES TROIS ÉTATS DES CORPS · texte numérisé non relu

LES TROIS ÉTATS DES CORPS

che, soit par les principes à admettre, soit dans les conséquences à tirer.

La propriété principale de l'équilibre qui con • stitue un corps est l'élasticité. Elle dépend d un état de tension qui se produit et s'établit de proche en proche, entre les molécules liées qui viennent à subir une action extérieure, choc, pression ou traction, tant que des limites, d'ailleurs très variables, ne sont pas dépassées. Chaque molécule déplacée, déplace les suivantes dans un certain sens; toutes tendent à revenir à leurs premières positions, et le corps, ou demeure tendu, ou, s'il est laissé à lui-même, exécute une suite d'oscillations internes.

On sait l'importance de cette loi, qui explique l'ancienne force cVinerUc (nom malheureux qu'il faudrait abandonner), se lie à nos sensations de son et probablement aussi de lumière, peut-être môme à nos impressions de toute nature, varie avec les conditions externes les plus communes, comme la pression et la température, enfin appartient à quelque degré non seulement à telles parties, mais à tous les corps possibles, tant organisés qu'inorganiiiues, et joue un rôle essentiel dans queliiues'uns des plus répandus.

Le fait capital de l'élasticité s'expli(iue aisément par les forces que nous avons supposées. En elfet, un rapprochement forcé des molécules d'un corps en état d'équilibre intérieur doit déve-

LA COHESIOX ET L ELASTlCnÉ.

lopper entre elles la force répulsive, qui augmente quand la distance diminue, et par suite la tendance à revenir aux positions anciennes. Ce rapprochement, amené d'abord entre deux molécules, doit, en vertu de la môme force, transmettre une action identique aux molécules successives. Enfin, quand le corps est abandonné à lui-même, les molécules ne reviennent à leurs lieux respectifs que pour les dépasser en vertu des vitesses qu'elles acquièrent ; et de \k les vibrations qu'elles exécutent. Si au lieu d'une moindre distance, c'est un éloignement plus grand qu'une force extérieure amène entre deux molécules , une force attractive plus grande naît du trouble apporté en ce sens à l'équilibre, et les mêmes phénomènes que précédemment doivent se produire : ellort pour revenir aux places abandonnées, transmission du déplacement et de ses conséquences, oscillations lorsque la liberté est rendue au corps, jusqu'à ce que Tétat primitif d'équilibre soit rétabli, par suite des résistances que rencontre l'état vibratoire. Cette explication est propre à faire prévoir exactement tous les phénomènes du même genre, autant que les difticultés mathématiques et expérimentales du sujet ont permis de les y soumettre.

Quand un corps est passé de l'état solide à l'état liquide, ce qui a lieu en grande partie sous une intluence dont nous parlerons tout à l'heure,

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