‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 51 sur 199 · DU MOUVEMENT · texte numérisé non relu

DU MOUVEMENT

tère est le môme pour la réflexion, s'il y a mystère.

La distance est loin d'être un élément superliciel dans les phénomènes. Leurs variations en dépendent au contraire dans tous les ordres de lois physi(|ups, et il ne faut pas s'étonner que la loi universelle de position occupe une place essentielle dans la nature et se montre liée à la modification des forces. Se demander comment cela est possible, c'est vouloir pénétrer dans l'explication des choses plus avant que ne le comportent les conditions de la représentation. Ce qui fait la force secrète de la répugnance qu'on é|)rouve à tenir les actions naturelles pour des fonctions de la simple distance, c'est l'imagination, c'est la sensation confuse du rapprochement des corps jusqu'au contact. C'est ensuite l'habitude, qui nous porte à regarder la communication du mouvement par ce contact apparent, comme plus intelligible que tout autre mode d'action physi({ue, et, en lin, à désirer d"y ramener tous les phénomènes. Cependant, quand on suppose le contact aussi etfectif qu'il parait l'être, on abandonne les principes décidément reçus et conlirmés dans la science; on revient par une pente naturelle à l'hypothèse du plein, pour tomber dans les difficultés inextricables qui y sont iidiérentes. Le contact fùt-il véritable et parfait,

c'est encore une erreur, un pur préjugé fondé

LES TUOTS ÉTATS DKS COUPS

LA COHESION ET L ELASTICITE.

sur l'habitude, que de croire les effets de l'impulsion plus faciles à comprendre sous cette donnée que dans toute autre hypothèse. Mais il n'en est rien. L'action que l'on dit an contact (et il n'y a pas de raison d'ailleurs pour rejeter ce nom une fois réduit à son juste sens), est celle qui a lieu au rapprochement le plus grand que permette la nature des corps. La communication mécanique du mouvement s'explique alors par la force répulsive qui se développe entre les molécules à ces minimes distances. Enfin, l'attraction et la répulsion sont la force unique (lui, tantôt positive, tantôt négative, préside aux phénomènes élémentaires de la nature, et au delà de laquelle on ne saurait faire remonter la spéculation.

Les états et les variations de cette force sont les conditions essentielles des deux formes extrêmes de la matière, la solidité, la fluidité parlaite, et de la forme intermédiaire, la constitution liquide. L'état solide est caractérisé par un certain équilibre stable des molécules, sous des conditions données : non qu'elles ne puissent, môme alors, se mouvoir, et qu'en fait elles ne se meuvent entre certaines limites; beaucoup de phénomènes sensibles et d'autres qu'on est obligé de supposer prouvent le contraire; mais des forces, attractives ou répulsives, selon le cas, se

produisent et doivent être surmontées, dès que Ton veut troubler, dans un sens ou dans un autre, les rapports de distance et de ligure qui leur permettent cette sorte d'équilibre : de là une cohésion et une densité plus ou moins fixe des parties liées d'un corps, lesquelles ont tendu, en outre, quand elles ont pu se disposer librement, à alVecter des formes régulières, géométriquement définies. On n'est point parvenu à rendre théoriquement compte des formes et des propriétés des corps en rattachant aux forces atomiques les arrangements moléculaires, les figures et modes d'action des éléments complexes (car la figure est une traduction de la force, ainsi qu'on peut le pressentir par les considérations exposées dans le chapitre précédent); mais aucune autre hypothèse ne semble utilement applicable aujourd'hui à des recherches physiques de cette nature. L'imi)erfection de l'analyse mathématiiiue est le principal obstacle qui les arrête. Une fois surmonté, la théorie de la constitution moléculaire devrait rendre compte des propriétés variables des corps solides, telles que la dureté, la ténacité, etc. Peut-être aussi deviendrait-il nécessaire de faire intervenir dans le pro])lème les propriétés spécifiques de certains éléments reconnus par la chimie et qui peuvent n'être point réductibles à de plus simples. Les sciences physiques tout entières sont imi)li({uées dans une telle recher-

iOO

Page 1