‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 54 sur 199 · LA CAUSK DU SON · texte numérisé non relu

LA CAUSK DU SON

et aussi peu résistante que la réclament les phénomènes. Une matière ainsi raréliée, et pouvant aller à un degré de ténuité inimaginable, émane toujours des corps liquides et même solides, comme le prouvent et l'impossibilité d'obtenir le vide parfait dans nos expériences, et cette évaporation subtile dont Teffusion des odeurs est un signe sensible. Entre les masses planétaires, la principale si ce n'est l'unique raison pour laquelle on répugne à admettre des atmosphères, d'ailleurs probables, qui s'épancheraient autour d'elles en se raréfiant jusqu'à une situation d'équilibre mutuel, est Tabsence de certaines réfractions de la lumière dans les observations astronomiques. Mais l'objection ne devrait nous toucher que faiblement dès qu'elle ne nous oblige pas à nier l'existence des milieux que la lumière traverse sans modification appréciable, mais seulement à poser leurs pouvoirs réfringents moindres que tel nombre donné. En tout cas, les partisans du vide planétaire ont à nous prouver que les vibrations de la matière commune, aussi raréfiée qu'il nous la faut, ne sauraient absolument tenir lieu des propriétés d'un éther imaginaire ou d'un fluide lumineux impondérable.

L'hypothèse qui n'admet point de matière nouvelle en dehors de l'observation et des lois communes aurait avec l'hypolhèse de l'éther une

parfaite analogie de forme et de calcul, si Ton y appliquait l'analyse en regardant les phénomènes caloriflques et lumineux comme exclusivement dus aux vibrations de particules de matière très ténues, tant interposées entre les molécules des corps, en manière d'atmosphères, que répandues dans les espaces où nulle autre matière n'existe. On pourrait sans doute, dans ce cas, conserver les avantages éprouvés et les formes mathématiques de la théorie la plus reçue aujourd'hui. Les vibrations de chaleur et de lumière se distingueraient de celles qui produisent et propagent les sons, en ce que ces dernières ont lieu pour les molécules mêmes qui forment en quelque sorte le tissu des corps, tandis que les autres se développeraient dans leurs intervalles, dans leurs atmosphères toutes contiguës, formées de matière extrêmement déliée. D'ailleurs, le rôle que la structure des divers corps peut jouer pour modifier les ondulations éthérées demeurerait tel qu'on le fait dans la théorie de l'éther.

Si, au contraire, on était conduit à attribuer aux particules, engagées ou non qu'elles soient dans la constitution des corps, les vibrations calorifiques et lumineuses, il faudrait nécessairement coordonner celles-ci avec les vibrations sonores, et encore plus les en distinguer puisque leurs propriétés sensibles sont si différentes. Cela va de soi. Le problème a été abordé par

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