LA CAUSK DU SON
AUTRES SENSATIONS SPECIFIQUES.
Ampère et ramené à une distinction entre vibrations atomiques et vibrations molcculaiy^es ; mais ce physicien admettait Téther comme agent de propagation.
La cause ou plutôt la nature physique du son, sur laquelle il ne reste aujourd'hui de doute pour personne, ne laisse pas d'avoir été longtemps inconnue, et alors on ne manquait pas d'en faire une essence sui gcneris, comme on l'a fait aussi et bien après de la lumière, et comme on le fait de la chaleur et de l'électricité encore. Les traducteurs des philosophes indiens donnent même le nom à'éther au fluide sonoy^e, et le rapprochement est instructif. Supposons que la théorie de l'acoustique ne soit pas ce qu'elle est devenue plus aisément que les autres, achevée dans ses principes, confirmée sans difficulté par des masses d*expériences et savantes et usuelles ; reportons-nous aux premiers âges de la spéculation : le physicien qui proposera le système des ondes étonnera Fesprit. Quel rapport, en effet, entre des vibrations et des sons? Autant vaudrait entre des vibrations et des couleurs ! Pour sauver la difficulté du passage, ce physicien commencera par imaginer un fluide spécifique, comme quelque chose d'intermédiaire entre la doctrine des espèces sensibles et celle des purs mouvements. Plus tard on pourra n'envisager dans ce fluide que des propriétés mécaniques.
Enfin on reconnaîtra que tous les corps, solides, liquides ou gazeux, sont propres à produire et à propager en vibrant le phénomène qui par rapport à nous est un son, et qu'ainsi, les mouvements propres des molécules, exécutés dans tous ces milieux de densités si diverses, sont le véritable point de vue physique de la sonorité. Il ne restera plus qu'à étendre la théorie aux autres branches de la recherche, tantôt par hypothèse, tantôt sous la pression des faits. Telle semble devoir être jusqu'au bout la marche de l'esprit.
La difficulté paraît consister désormais, beaucoup moins à se convaincre de l'existence des mouvements particulaires inhérents à tous les phénomènes, qu'à distinguer, à spécifier et à calculer ceux qui correspondent à leurs ordres divers et à nos différentes sensations. Pour les phénomènes mécaniques les plus apparents et en quelque sorte les plus grossiers, les chocs, les pressions de masses et leurs eff'efs, et pour celles des modifications de notre sensibilité qui s'y rapportent dans le toucher, on n'a jamais pu en méconnaître la nature, quoique on ne soit parvenu ni aisément ni entièrement à se rendre compte des fonctions que les molécules y remplissent. Chose curieuse et qui montre bien l'empire de l'imagination unie à l'habitude I Les mômes
AUTRES SENSATrOXS sr):oiriQUES.