PROBLÈME DE LA SPÉCIFICITÉ CHIMIQUE
spécifiques qui se rapporteraient à une intensité variable de leurs forces attractives et répulsives, ou à leurs affinUés électives, et jusqu'à des actions exercées et subies d'un ordre plus élevé. Celte dernière hypothèse est seulement moins conforme aux tendances philosophiques les plus répandues, ainsi qu'à l'esprit de l'ancienne doctrine alomistique.
Nous nous laissons emporter souvent à l'excès de la simplification et de l'unification idéales dont le principal attrait pour nous est de faciliter notre intelligence des choses. Par exemple, il nous arrive de témoigner du mépris pour l'état d'une science qui admet des corps indécomposés au nombre de soixante et plus. Et qui sait si nous ne sommes pas à la veille de voir un de leurs groupes se multiplier démesurément, comme les planètes qui n'étaient jadis que cinq ! C'est encore ainsi que nous voudrions à toute force que les rapports de composition et les poids moléculaires fussent donnés par des nombres très petits. Mais rien ne prouve que la matière se réduise à une, ou se divise en deux, trois, quatre espèces d'êtres irréductibles plutôt qu'en centcin(iuante; et le véritable progrès de la science consistera peut-être moins à diminuer qu'à augmenter le nombre des éléinenls, en même temps qu'à découvrir leurs rai)ports et les lois qui les régissent. La proportion de ces cléments, là où ce sont des