‹ Les principes de la nature [microform]Chapitre 73 sur 199 · QUESTION DE LA GÉNÉRATION SPONTANÉE · texte numérisé non relu

QUESTION DE LA GÉNÉRATION SPONTANÉE

d'introduction des germes errants de Tatmoï-plière dans le milieu inorganique disposé pour l'expérience. Comme la difficulté d'y parvenir est assez avérée par les contestations qui se sont produites, comme les rôles de celui qui dit y être parvenu et de celui qui le nie donnent toujours au premier le désavantage d'avoir un fait négatif à prouver, comme enfin (dernier recours et extrême rigueur) rien ne nous assure, en présence de ce que nous savons de l'extrême divisibilité de la matière et de la perméabilité probable de tous les corps pour certaines émanations, que des principes de germes quelconques, insensibles, latents, ne circulent pas partout, ou ne sont pas de nature à échapper à l'action des causes deslructives que nous pouvons mettre en œuvre; il me paraît logi(iuement certain que la génération spontanée, vraie ou fausse, ne sera jamais mise hors de toute contestation et n'entrera dans le domaine réel de l'expérience (1).

Les travaux de l'école matérialiste ont plus d'une fois enrichi la science. Mais ce ne sont pas

(1) Je fais la part belle aux partisans de la génération spontanée, afin de quitter le moins possible le terrain des généralités. Mais, au fait, il semble résulter des belles expériences de AI. Pasteur que les substances les plus altérables de provenance organique, privées de germes vivants par la clialeur, puis laissées en contact avec rair en vases clos, produisent ou non des êtres organisés, selon qu'on laisse ou qu'un refuse accès simplement aux poussières répandues dans l'atmosphère.

DE LKTAT DE LA BlOLOGIi:.

ses travaux, c'est sa philosophie seule qui lui fournit ses conclusions favorites. Sa philosophie est tout entière dans une habitude prise de regarder les phénomènes supérieurs, de degré en degré, comme des produits ou comme de simples résultantes des phénomènes inférieurs. Mais ce non-sens, que ni son antiquité ni une répétition continuelle n'excusent, devrait depuis Spinoza et Leibniz, et si la spéculation est capable de quel- (lue progrès, faire place à la simple thèse de l'ordre et des lois suivant lesquelles des fonctions diverses se précèdent, se suivent, s'associent, en un mot se correspondent, sans que notre pensée puisse les réduire à Tunité, si ce n'est par l'usage d'une vaine mythologie substantialiste ou causaliste. Alors les sciences seraient rendues à leurs sujets définis et fixées à de saines méthodes. Elles laisseraient les phénomènes à étudier dans les sphères où les renferment leurs distinctions sensibles et saillantes, et ne changeraient pas les rapports observés de domaine à domaine, rapports de fait, en des liens occultes exprimés par des métaphores.

La biologie délimitée conformément à cette méthode est une science plus avancée qu'on ne veut quelquefois l'avouer, en ce sens qu'elle ne manque pas de faits acquis et de lois particu-

lièi'es, énoncées et démontrées régulièrement.

Page 1