AUX PHENOMENES PHYSIQUES
La doctrine de Descartes a contribué plus que toute autre à creuser cet intervalle, que le substantialisme panthéiste avouait encore en faisant tout pour le combler. Ce fut un service rendu, puisque nous voyons aujourd'hui la physique revenir à la pensée cartésienne, et cela définitivement, on peut le croire, quand de véritables théories tendent à s'établir au lieu des hypothèses arbitraires qui discréditaient cette méthode à son origine. Il y a cependant une différence essentielle entre l'esprit de la physique de Descartes et l'esprit de la nôtre. La parité est exacte, en ce que de pnrt et d'autre on ramène à de purs mouvements les phénomènes physiques proprement dits. Elle se dément sur la conception de la matière, que Descartes regardait comme une étendue pleine et continue, et que nous représentons par des théories moléculaires et atomistiques, nous rapprochant plutôt en cela de la doctrine de l'antiquité, modifiée par la monadologie. Or le point de vue de ces théories, comme celui du monadisme, est le plus favorable à une conception générale et une du fond des phénomènes naturels. Nous avons reconnu que tous les phénomènes devaient au fond se réduire à des représentations : représentations pour soi, représentations pour nous; et que tout être, ou élément réel d'être, existait pour soi comme une certaine fonction représentative, quoique variable