TROISIÈME PARTIE
sentation, et l'effet comme le but de cet art est de rendre l'image la plus naturelle des objets.
Il est difficile de mettre clans une analyse plus d'ordre que l'auteur même n'en a mis dans la suite de ses idées. Reid n'attache ses déductions et ne lie ses observations que par le fil le plus léger ; c'est ainsi qu'après ces exemples , il place , avec Hutcheson , la beauté dans la variété unie à la régularité ; toutefois ce caractère tout extérieur le cède à l'exacte convenance de la forme avec la destination de l'objet.
On voit dans ce système partout présente l'idée de fin réelle , téléologique , qui , selon nous et selon Kant, détruit ou du moins altère la beauté partout où elle domine. Toute la contemplation de la nature aboutit à admirer la sagesse du créateur, 1 et quant à la beauté humaine, Reid, empruntant les termes mêmes de l'auteur du Dialogue sur la beauté , la place :
1 ° Dans la couleur, qui doit exprimer la santé , suivant le mot de Cicéron : venustas et pulchritudo corporis secerni non potest a valetudine, mot qui est contestable ;
2° Dans la proportion des parties , qui doit exprimer la force physique ;
3° Dans l'expression , qui doit exprimer l'âme de la personne ;
4° Enfin dans la grâce , qui est un trait indéfinissable et nécessaire de la beauté.
C'est dans ces détails, sans développements, sans
1 Thom. Reid, tom. V, p. 300, s. q. q.
conclusion et pour ainsi dire sans principes, que se terminent, qu'expirent les chapitres que Reid a consacrés au sujet qui nous occupe. À défaut d'autres mérites, ils ont au moins celui d'offrir une lecture facile , un style naturel et des idées claires , au moins d'une clarté extérieure.