QUATRIÈME PARTIE
les vitraux qui éteignent la clarté extérieure el ne laissent briller que la lueur symbolique et mystérieuse des cierges, exprime cette lmnière intérieure de la foi ; ni que ces bautes et pleines murailles , isolant le fidèle du monde et de la vie mondaine, le ramènent en soi, et impriment un grand sentiment de recueillement et de concentration à l'âme repliée en soi : je trouve ces raisons un peu romanesques, et peut-être trop ingénieuses pour être vraies. Si « le temple chrétien exprime, par ses fortes ombres et la tristesse de ses demi-jours, la défaillance de l'univers obscurci depuis la chute, i » que dira-t-on donc de la cella grecque et du sanctuaire égyptien, bien plus sombres encore? Il est certain toutefois que l'épaisseur les murs éteint le bruit, empêcbe la distraction extérieure et laisse l'âme religieuse à ses pensées; l'édifice est bien approprié à son but. Cependant la plus grande impression qu'il produit, c'est lorsqu'il est vide el silencieux, lorsqu'il est enlevé à la réalité et rendu à la poésie par la solitude et le silence ; peut-être mé alors l'impression estbétique n'est-elle pas sans mélange ; ce n'est pas l'unité qui lui manque le plus. c'est la simplicité; le porche bas. comblé de scalptares, l'énorme quantité de statues et de bas-reliefs qui se disputent le regard, l' éblouissent, le lassent et bientôt le dégoûtent.
La Renaissance n'a pas trouve de principe nouveau ; elle a cherché à concilier les ordres Grecs avec les
1 M. de Lamennais, Esquisse d'une philos. . tom. III. p. 145.
formes du moyen-âge, les lignes simples, naturelles, élégantes de la plate-bande grecque avec la hardiesse et l'élévation que permet seule l'ogive, les grandes voûtes de la basilique de Constantin avec la coupole du Panthéon d' À grippa. • La basilique de Saint-Pierre a été le produit de cet art mélangé , qui ne se recommande ni par l'originalité des principes, ni par la pureté du style; mais l'ensemble grandiose et la prodigieuse magnificence de l'édifice , en ont fait la merveille de l'architecture moderne. Bramante, Raphaël, Michel- Ange, y ont tour à tour déployé leur génie; c'est une de ces œuvres dont on ne peut pas résumer la beauié et qui résiste à une analyse rapide, comme doit l'être la nôtre , par ses proportions immenses et l'infinité de ses détails.