QUATRIÈME PARTIE
cachée et communie ative que se permet Eschyle. » Sans
doute l'émotion est plus contenue, l'inspiration plus
sereine, plus haute, plus idéale : et cela se comprend,
l'ode pindarique ne fait pas partie d'un drame. Mais
quoi! ces prières publiques, récitées et chantées avec
tant de solennité et de pompe ; qui parlaient aux
Grecs de leurs divinités et de leurs héros , de leur
religion et de leur histoire également nationales ,
n'auraient pas eu la vertu par excellence de la poésie
lyrique, le don d'échauffer les âmes et cette émotion
communicative qui en semble un caractère éminent ?
Ce n'est pas l'effet que le grand poète thébain a produit
sur Horace, qui sans doute pouvait le comprendre, et
témoigne pour lui une admiration enthousiaste qui Ta
si noblement lui-même inspiré :
Monte decurrens velut amnis. imbres Quem super noîas aluere ripas .
Fervet. immensusque mit profundo Pindarus ore
LA FLECHE, IMPRIMERIE D'eUG, JOURDAIN