‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 114 sur 154 · Exerc, spir. Prselud. ad consider. Stat · texte numérisé non relu

Exerc, spir. Prselud. ad consider. Stat

Souvont on entend certaines personnes se demander au sujet du choix qu'elles ont à laire d'un état de vie: Quel est celui où je ferai le plus de bien? La question est mal posée; il faut dire: Quel est l'état où Dieu veut (|ue je fasse le bien, et i>our (juel bien veut-il se servir de moi? Car, ce bien que Dieu veut de moi, fût-il moindre que celui que j'imagine, c'est celui-là aucjuel je dois m'attaclier et mappliquer. Il est évident, en effet, que telle est la condition essentielle du serviteur vis à-vis de son maître, et telle la disposition où il doit toujours être. Mais, de plus, on s'aperçoit facilement que ces hommes, quand ils parlent de faire plus de bien dans un état de vie, ne songent d'ordinaire qu'au bien qu'ils feront aux autres; et, par une illusion manifeste, ils oublient que le premier bien qu'il faut penser à faire est son propre bien, le bien de son âme ; or, très-certainement, nous ne pouvons espérer de faire ce l)ien que ià où Dieu nous promet son secours ])ar la vocation qu'il nous donne lui-même.

IH. Le principe une fois posé , il est facile de tirer les conséquences.

lo La plus belle vocation pour moi, c'est celle qui me vient réellement de Dieu. Le don qui mérite mes préférences est celui qu'il a daigné me faire. Le poste où je puis faire le plus de bien, et, avant tout, faire le bien de ma propre sanctilication, est celui qu'il a jugé bon de m'assigner.

io Je dois sans doute estimer tous les instituts suscités par l'Esprit de Dieu et approuvés par son Église ; mais mon institut est celui que je dois aimer

davantage : comme un enfant aime plu? ?a mère que toute autre personne, fùt-elle moins belle ou moins riche.

3'^ La piété, la justice et la cliarité m'obligent de reconnaître et de louer dans tous les corps religieux la gi'ûce multiple du Saint-Esprit, pourvoyant par cette variété merveilleuse à tous les besoins des corps et des âmes ; mais il est aussi de mon devoir de reconnaître, d'un cœur plus touché, la grâce spéciale de ma vocation, et tous les bienfaits dont elle est pour moi la source.

4° Nourrir l'estime et l'amour de sa vocation, c'est pour chaque religieux l'une de ses plus importantes obligations. Celui qui laisse affaiblir en lui ces deux grandes choses, donne à connaître qu'il se relâche lui-même dans la fidélité qu'il doit à Dieu, et, au lieu d'accuser son institut, il sera bien plus dans le vrai en s'accusant soi-même, pour se rappeler efficacement à l'exactitude et à la ferveur.

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