Charitate fraternitatis invicem diligentes. Rom
perfection les devoirs de la fraternité religieuse. Entre des ftvres, il faut l'amour, la cordialité avec un certain abandon d'intimité qu'on n'a point pour d'autres; mais avec des frères unis selon Dieu, il faut y joindre encore le respect ; et tous se doivent une réciprocité d'égards et d'honneur qu'exigent, d'une part la dignité de leur vocation, et de l'autre l'attention à reconnaître par la foi en chacun d'eux la personne et l'image de Jésus-Christ Notre-Seigneur lui-même.
Ce respect fraternel doit présenter deux caractères: le premier, qu'il soit plus encore dans la réalité des œuvres que dans les formes extérieures ; le second, que chacun y garde une religieuse simplicité.
Pour le rendre pratique et effectif, soyez humble ; alors vos déférences ne seront pas de vaines démonstrations, comme le sont trop souvent celles du monde. Alors vous viserez toujours, selon l'Évangile, à la dernière place plutôt qu'à la première *, à ce qu'il y a de moindre dans la maison plutôt qu'à ce qui s'y trouve de meilleur. Il serait facile de multiplier les applications; mais je dirai tout en quelques mots: vous éviterez ces mille petites ruses de l'amour-propre, toujours occupé de soi, toujours en quête de préférences et de privilèges.
Quant à l'expression extérieure du respect fiaternel, les membres d'une communauté religieuse doivent s'étudier à devenir entre eux parfaitement polis et honnêtes ; rien ne leur siérait moins que la rusti-
Honore invicem praevenientes ; euperiores sibi invicem arbitrantes. Philip. 2.