‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 124 sur 154 · SECTION III. — DU DÉTACHEMENT ÉVANGÉLIQUE ENVEES LES PARENTS · texte numérisé non relu

SECTION III. — DU DÉTACHEMENT ÉVANGÉLIQUE ENVEES LES PARENTS

Il n'est rien de plus formellement exprimé dans l'Évangile que ce devoir du détachement des parents, pour ceux que Dieu appelle à létat religieux. Le divin Maître va jusqu'à exiger même qu'on les quitte, pour pouvoir être tout à son service et aux choses de cette haute vocation. Dans le dessein qu'il a de faire de l'âme religieuse son épouse toute spéciale^ il veut qu'elle s'applique ce qui est écrit de l'état conjugal : « L'homme laissera son père et sa mère, et s'attachera à son épouse * » ; et il lui adresse ces paroles du psaume: « Écoutez, ma tille, et voyez, et inclinez votre oreille : oubliez votre peuple et la maison de votre père ; et le Roi recherchera votre beauté, parce que lui-même est le Seigneur votre Dieu - ».

Pour montrer à la fois la légitimité, le devoir et la

1. Relinquet homo patrem suum et matrem, et adhaerebit uxori su£e. Gènes. 2.

2. Audi, filia, et vide, et inclina aurem tuam, et obliviscere populum tuum et domum patris tui ; et concupiscet rex decorem tuum, quoniam ipse est Domiuus Deus tuus. Ps. 44.

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praliq le rie ce détacliement ^'vangôlique, nous allons citer spécialement les principes de saint Thomas, qui sont ceux de la sainte Église et de la droite raisjn s io.i Dieu.

I I. Quelle est la dette de la piété filiale?

Un lils, en vertu du droit naturel, doit à son père et à sa mère quelque chose d'essentiel, et quelque chose d'accidentel.

La dette essentielle d'un lils envers ses parents, considérés comme tels, c'est-à-dire comme principes de son existence, et par conséquent ses supérieurs naturels, c'est Vhonneur, selon les paroles de h lui: « Honore ton p^-re et ta mère * ». De cette dette fondamentale découlent ses autres devoirs, l'amour, le respect, l'obc-issance, les services.

La dette accidentelle de la piété filiale est celle que viennent imposer les circonstances à un lils envers ses parents. Par exemple, s'ils sont pauvres, malades, captifs, etc. , il doit les honorer en venant à leur aide par tous les moyens en son pouvoir. Et cette assistance n'admet point d'excuse ni de dispense, dès quelle est nécessaire et possible.

Les parents, de leur coté, parce qu'ils sont les principes de rexistence du lils, ont pour dette essentielle envers lui de pourvoir à ses besoins, non-seulement pour un temps, mais durant toute sa vie.

De ces principes il suit: l^quil n'est point permis à un père, à une mère, de quitter leurs enfants, même

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