‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 127 sur 154 · Matth · texte numérisé non relu

Matth

l'état rclipiciix n'est point une chose laissée purement à la liberté du chrétien. Quoique, à parler en général, elle ne soit que de conseil, il est cependant de fait que le salut en dépend presque toujours; et ne fût-ce que pour l'assurer ou le faciliter, ceux que Dieu appelle ont le plus grand intérêt à ne point résistera sa voix. Or, selon les principes de l'Kvangile, des parents ne peuvent pas exiger qu'un pnfant sacrifie un seniblable intérêt à leur caprice ou même à leurs avantages temporels. Il y a plus : car si un goût prononcé porte cet enfant vers l'état religieux, et que,, comme il arrive souvent, il s'agisse pour lui du bonheur même temporel de .sa vie entière, de quel droit prétendraient-ils s'y opposer, en faisant passer leur propre intérêt avant ce bien capital de leur enfant même en ce monde?

I m. De l'amour d'un religieux pour ses parents.

On entend parfois le monde accuser l'état religieux de retrancher le quatrième commandement de Dieu, et d'étouffer l'amour des parents dans le cœur de ceux qui l'embrassent. Outre les réponses données plus haut, voyons ce qui en est réellement pour le religieux fidèle aux prescriptions de son état.

Sans doute, il est de ceux à qui s'adressent ces paroles : « Quiconque vient à moi, et ne hait pas son père^ sa mère, et son âme encore, ne peut pas être mon disciple » *. Mais qui donc a prononcé ces paro-

1. Si quis venit a^l me, et non odit patrem et matrem, adhnc ftutem et animam tuam, non potest meus esse discipulus.

Ips 011 apparonco si diirts? N'ost-ro pas le divin Autour (lu coinniaudoiiuMit lui-inrnK; ! VA voici 1 interprétation qu'il faut leur donner avec saint Ignace: f C'est pour(pioi le relip^ieux doit se dépouiller de^ toute allection charnelle i\ l'rgard de ses proches, pour la chancrer en une alloction spirituelle, et ne les plus aimer désormais que de ce seul amour que demande la charité bien réglée : comme un homme qui, étant mort au monde et à l'amour-propre, ne vit plus qu'à Jésus-Christ Notre-Seigneur, lequel lui tient lieu de père, de mère, de frères, de sœurs et do toutes choses * ».

On le voit, ce n'est nullement l'amour dc^ parents que supprime la profession religieuse ; elle veut au contraire le rendre plus vrai, plus pur. plus réel, en écartant l'affection charnelle qui vient trop souvent l'amoindrir; et puisque le religieux doit la plénitude de ses affections à Jésus-Christ auquel il s'est entièrement consacré, elle veut qu'il se dépouille de cet amour prétendu dos parents qui ne serait que l'amour du monde et l'amour de soi-même, se r.-portant au milieu du siècle et s'engageant dans les affaires et les intérêts de la terre.

L'amour des parents dans le religieux ne se produit donc plus par certains actes que ne comporte pas le service parfait quil doit à Dieu; mais ce' amour occupe toujours la place que demande la charité bien réglée, à savoir, la première place après Dieu ; il est plus solide et plus généreux que celui dont le monde se contente; et il est surtout plus

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