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en est ain>i de la pit^té filiale, qui a ses limites établies par la raison et la justice, et ces limites seraient évidemment dépassées dans le cas où un fils voudrait honorer son p'-re plus que Dieu Si donc mon père me provoque au mal, ou veut m'éloigner du service que Dieu demande de moi, mon devoir est de ne pas acquiescer en ce point à sa volonté ; mais, comme dit lapûtre, t il faut plutôt obéir à celui qui est le Père des âmes, pour avoir la vie » *. Et c'est le sens de ces paroles du Seigneur dans l'Évangile : « Celui qui aime son père et sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi - ».
La première application de ces principes est pour les cas où ^es parents voudraient détourner un enfant du service de Dieu dans les choses d'obligation, ou l'exposer à des occasions dangereuses pour son salut.
Mais ils ont encore leur application au cas où un enfant se trouve réellement appelé de Dieu à se consacrer parfaitement à son culte dans l'état religieux. En effet, saint Jacques et saint Jean sont loués dans l'Évangile d'avoir quitté leur père pour se mettre à la suite de Jésus-Christ. Ce n'est pas que leur père les excitât au péché; mais comme il pouvait se suffire pour la vie temporelle, ses enfants ne voyaient rien qui les empêchât de répondre à Tappel du Seigneur.
Il est permis à un enfant, lorsqu'il a atteint l'âge légitime, d'entrer dans l'état religieux, même contre
1. Patres quidem camis nostrae, erudi tores habuimug, et reverebamur 'ios ; non multo magis obtemperabimus Patri spirituum, et vivemag. Hebr. 12.
2. Qui amat patrem et matrem plus quam me, non est me dignuB? Matth.
la volonté' (le ses parents: car il possrde aloi.q sa liberté pour ce (jui tient à la disposition de sa vie par le choix d'un état ; et assurément cette liberté existe surtout s'il s'agit d'un état de vie où l'on sert Dieu plus parfaitement.
Le SeJLrneur. dans l'Evangile ', reprit un disciple qui voulait ditlérer de répondre à son appel, sous prétexte qu'il lui fallait d'abord aller ensevelir son père : car. dit saint Chrvsostome. d'autres étaient là pour remplir ce devoir de piété filiale ; ou bien, selon saint Cyrille, cet homme demandait à rester près de son vieux père jusqu'à sa mort : ce que le Seigneur n acc(M'da point, parce qu'il y en avait d'autres, que l'ordre de parenté obligeait à prendre ce soin.
Mais, dira-t-on, honorer ses parents est un devoir exigé par le précepte, t nidis qu'entrer en religion n'est qu'une chose de conseil, et par conséquent laissée au libre choix du chrétien.
Je réponds d'abord que le précepte d'honorer ses parents ne regarde pas seulement les services corporels, mais aussi les services spirituels. Les enfants qui sont dans l'état religieux peuvent donc très-bien accomplir ce précepte par leurs prières, leurs respects, et même leurs bons otiices, selon qu'il convient à leur profession. Et remarquez que ceux-là mêmes qui restent dans le siècle n'ont pas toujours à honorer leurs parents par des services corporels; mais ils le font de diverses manières, suivant leur condition et leur état.
Je réponds, en second lieu, qu'une vocation à