SECTION III. — LK VŒU EST UNE PROMESSE QUE L'ON FAIT A DIEU
« Je rendrai mes vœux au Seigneur * ». Voilà une piMist-e tort sérieuse, dont il importe de se l)ien pénétrer avant de faire un vœu, et qu'il faut se garder d'oublier après l'avoir fait : le vœu est une promease (jui se fait à Bien mi'me.
Mais assurément c'est quand il s'agit des vœux de religion que cette pensée mérite toute la considération de l'homme. Faisons voir que si elle pèse sur l'âme, elle n'a pas moins de quoi la dilater.
Les vœux de religion sont donc un engagement étroit que l'homme prend, et pour la vie entière , vis-à-vis de Dieu même ; mais il faut ajouter iju'il s'y fait des promesses réciproques , et que Dieu de sa part veut bien s'engager aussi vis-à-vis de l'homme ; de sorte qu'on peut appeler la protéssiun de ces vœux un contrat sijnallaijmatiqiie Y>^s>ii entre l'homme et Dieu. C'est pourquoi le religieux peut et doit se dire ;
J'ai contracté avec Dieu : de là mes obligations ; mais Dieu aussi a daigné contracter avec moi : de là mes avantages.
I. J'ai contracté avec Dieu, j'ai promis à Dieu même et non aux hommes. D'oîjje dois aussitôt tirer cette première conséquence : donc l'accomplissement de ma promesse ne peut aucunement dépendre de la conduite des hommes à mon égard. En vain je prétendrais faire valoir le tort de mon supérieui' , de