Xemo potest rapere de luaQu Patris me;. Joan
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minutieusement compté. Nul bon acte, si petit qu'il soit, nulle bonne intention, nul bon mouvement de mon cœur, nul bon désir même, qui soit oublié ou sans valeur à ses yeux.
Dieu, l'Être immuable, a contracté avec moi. Ah ! voilà aussi mon grand sujet de confiance ! Car je n'ai qu'à me tenir fermement attaché à lui, et je perds mon ins'abilité naturelle. C'est ce que sentait vivement l'Apôlre saint Paul : « Je suis certain, criait-il avec une merveilleuse assurance, que rien ne pourra me séparer de Tamour de mon Dieu '. » Et n'est-ce pas là pour moi aussi, tout misérable que je suis, une vérité d'expérience ? Cette cupidité, cette sensualité, cette idolâtrie de la volonté propre qui enl rainent si facilement au désordre les pauvres âmes restées au milieu du siècle, qui jadis m'ont peut-être emporté moi-même bien loin; que peuvent elles maintenant sur mon cœur, depuis qu'il s*est attaché à Dieu et lié par la sainte promesse ? — Ce cœur sent qu'il est libre, il tient ferme malgré sa faiblesse native, il lutte avec facilité contre des penchants que d'autres croient indomptables ; il méprise sans peine et sans regret les biens, les honneurs et les félicités du monde; enfin, il est tellement fixé dans le devoir, que souvent les années entières se passent, sans qu'il y ait une seule offense un peu grave à déplorer. Et d'où viennent ces prodiges ? Ah ! c'est que Dieu de sa main puissante sou-
1. CerfuEsum eciraquia ncque mors.neque vita, neque Angeli, neque f'rnripaïug, ncque virtutes.neque instantia.nequefutura, neque f. ri;tudo, Deque aliitudo, neque pr- fuudum. n^ que creatuia a;ia poterit nos separaie a cbaritate Dei.Koii. 8.
lient sa frêle créature. « Il l'a promis, il l'a fait, dit le pmph'-te '. » Vuilà pourquoi j'ai si gran<iem''nt raison de m'e'criersans cesse avec David : « Oui vraiment, il est bon pour moi de m'étre attaché au Seigneur * B.
Kulin Dieu, le Maître infiniment riche et libéral, a contracté avec moi. Les hommes ont pu croire peut-être que par mon sacrifice je lui donnais beaucoup; mais, quoi que j'eusse à lui ofi'rir, qu'étaitce en vérité, pour un tel Seigneur et en comparaison de ce qu'il voulait me rendre? Ah! c'est bien ici qu'il faut, comme dit saint Paul, se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, déclarant luimême qu'il est plus heureux de donner que de recevoir ^ Lorsqu'un grand roi accepte un présent, c'est qu'il veut donner lui-même : il donne premièrement l'honneur, par cela seul qu'il a daigné accepter, et il ajoute ensuite ces retours de munificence royale qu'il mesure à sa dignité. Lorsque c'est à Dieu que l'on d(»nne, on reçoit aussitôt en échange son amour, selon ce qu'enseigne l'Apôtre : que « Dieu aime celui qui donne gaîment * t ; et l'amour de Dieu, outre son propre prix qui surpasse tout autre trésor, devient la source de tous les biens, puisque l'Être infiniment riche ne peut aimer quelqu'un sans vouloir l'enrichir. La libéralité de notre Dieu n'attend que la nôtre à son égard, pour salis-