PERFECTION
R. Ils signifient que l'état religieux n'exige point qu'on ait là perfection déjà acquise, mais qu'il impose l'obligation d'y tendre, c'est-à-dire de travailler tous les jours à l'acquérir: de sorte que, pour un religieux, ne vouloir pas avancer, c'est manquer positivement
au DEVOIR DE SON ÉTAT.
D. Quelle est, dans la pratique, cette obligation de tendre à la perfection ?
R. Elle n'est autre que l'obligation d'observer la RÈGLE, qui offre : i" les vœux comme moyens principaux ;e\.2° les règles de détail, comme moyens secondaires de tendre à la perfection.
D. Qu'entendez-vous précisément par celte perfection à laquelle doit tendre un religieux ?
K. C'est d'abord essentiellement la perfection ds LA CHARITÉ, qui consiste à s attacher par la volonté totalement à Dieu, notre dernière fin. Mais elle embrasse aussi la perfection des autres vertus, qui sont les auxiliaires et les compagnes de la charité, et que celle-ci doit lier toutes ensemble comme un faisceau dans une unité parfaite, selon ce que dit l'Apôtre:
— iO —
Par-dessus toutes choses, ayez la charité qui est le lien de la perfection.
Il faut remarquer ici que la charité qui a D!eu seul pour motif, a\ani ajssi noire proc/ci ni pour objel, le devoir du religieux est de tendre à la perfeciion de celte verlu dans ses deux parties, savoir : l'amour de Dieu et l'amour du prochain
D. Comment est-ce que l'on tend à celle perfection dans l'état religieux ?
R. Nous venons de îe dire, par les vœux et par les règles .
D. Expliquez davantage cette vérité.
R. Premièrement, je dis qu'au moyen des trois vœux, Ton tend très efficacement à la perfection.
Car d'abord, par la privation volontaire des objets de la convoitise humaine, ces trois vœux écartent les trois grands obstacles au règne de la charité et des vertus dans nos cœurs: le vœu de pauvreté écarte la cupidité des richesses ; le vœu de chasteté écarte l'amour des plaisirs sensuels ; et le vœu d'obéissance écarte l'amour déréglé de sa volonté propre et de ses propres idées.
De plus, ces mêmes vœux débarrassent le religieux des trois grandes sollicitudes qui ont coutume de distraire les hommes de la tendance vers Dieu: je veux dire la sollicitude que cause la dispensalion des biens temporels, la sollicitude inhérente au gouvernement d'une famille, et la sollicitude qu'on éprouve souvent par rapport à la disposition de ses propres actes.
Enfin cet holocauste des vœux de religion est lui-
même un exercice de ciiai il»' parlaite : car le relij^'ieuxy sacrilieà son Dieu tous les biens que l'iionime peut posséder en ce monde: les biens extérieurs de la fortune parle vœu de pauvreté, les biens personnels du corps par le vœu de chasteté, et les biens intimes de lame par le vœu d'obéissance.
Aussi ces trois vœux sont-ils essentiels à l'état de perfection, et les congréi^ationsoù ils manquent ne sont point des corps religieux.
D. Expliquez également de quel secours sont les règles par rapport à la perfection.
R. On tend de même excellemment à la perfection par l'observation des règles. Quel est en ellet le but de toutes les règles? C'est, d'une part, de bien préciser le sens des trois vœux, de les préserver de toute atteinte, et d'en donner l'esprit et la perfection p()s.itive ; d'autre part, c'est de déterminer l'exercice de la charité et des autres vertus, selon la lin propre à chaque institut. D'où l'on voit que la pratique lidèle des saintes règles est un exercice de perfection plus continuel encore et plus élevé que cette simple observation des vœux qui se bornerait à éviter le pjché.
D. Pourquoi avez-vous ajouté ces mots : qu'ils