‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 4 sur 154 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DE l'excellence DES VŒUX DE RELIGION ET DE

l'État de perfection.

D. Y a-t-il plusieurs espèces de vœux, et quels sont les plus méritoires ?

U. Il va ditrrrentes esin^'oes de vœux qu'il serait trop long et superflu d'exposer ici ; disons plutôt (|u\Mitro tous les vœux qu'on peut faire à Dieu pour lui plaire, les plus méritoires sans contredit sont les TROIS vœux DE RELIGION, qui renferment ren<,'agement :i la pratique des conseils évangéliques, c'est-à-dire les voeux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance que l'on fait dans I'état religieux.

Telle est cette excellence des vœux de religion, que les saints Docteurs comparent la profession religieuse au baplème ou au martyre, et que, comme l'a déclaré le Pape Alexandre III, elle renferme la vertu d'éteindre toutes les obligations qu'on aurait contractées auparavant par tout jiutre vœu, La grande raison est celle que nous venons de (lire, savoir que par la profession religieuse on donne tout à Dieu, tandis que, par les autres vœux, on ne lui promet (|ue quelque bonnes œuvres particulières. Une autre raison est que, ordinairement, les pratiques individuelles ne conviennent plus à la vie de communauté, ou même seraient au détriment de la Disciplrie reliiiieuse.

Il faut remarquer toutefois que l'émission des vœux simples de religion ne fait que suspendre les autres vœux antérieuremenls faits : de sorte que cette obligation reprendrait sa première force, si l'on venait à sortir de l'ordre ou de la congrégation.

D. Faites-nous mieux sentir encore pourquoi les vœux de religion sont si excellents.

R. Leur prééminence sur tous les autres vient proprement de ce qu'ils constituent Iétat religieux ou

I'ÉTAT de perfection.

D. Qu'est-ce que I'état rf.mgieux ?

R. C'est un état ou l'on fait profession détendre A LA perfection, OU, pour développer un peu cette d.'linition et la faire mieux saisir, c'est une forme de

VIE, ArrROUVÉE PAR L ÉGLISE, OU DES FIDÈLES, UNIS F.N SOCltTÉ RELIGIEUSE, SE FIXENT, POUR TENDRE A LA PER- FECTION, PAR LES TROIS VOEUX DE PAUVRETÉ, DE CHAS- TETÉ ET d'obéissance, Qu'iLS FONT SELON LA RÈGLE.

D. Pourquoi dites-vous un état, une forme de vi : où l'on se fixe avec permanence ?

R. Parce que l'excellence de la vie religieuse consiste précisément dans cet état fixe où une âme se place, et dans cette heureuse nécessité qu'elle s'impose au service de Dieu. Or, cette stabilité est produite par l'obligation des vœux, comme celle dn Tétat du mariage est l'effet du contrat nuptial : d'où vient que l'on appelle justement la profession reli gieuse une union de l'âme avec Jésus-Christ, dont elle devient l'épouse.

De là un religieux peut voir combien il fait plus pour Dieu et poursa propre sanclificalion, en se fixant ainsi dans létat reli-ieux, que s'il restait dans l'état séculier, mômeavec la voonlé d'y pratiquer les vertus chrétiennes. Aussi saint Thomas enseigne qu'en soi il est meil.eur, quoiquo plus facile, d'embras-er leiat religieux, que de ï^e livrer dan» le siècle aux plus rigoureuses pénitences durant d-j longues années.

Cepenrlant les religieux rkivent se souvenir que ce n'est pas précisément l'étaï qui fait la sainteté, et que le mécic deranl Dieu et devant les hommes consiste bien moins a faire des vœux qu'à les garder.

D. Pourquoi faut-il que cette forme et cet état de vie soient approuvés par l'église ?

R. Parce qu'en eiLd c'est à l'Eglise qu'il appar tient déjuger si une forme de vie est bien réellemenl selon la sainteté évangélique ; et c'est encore à elle de constituer le corps religieux, d'y établir les pouvoirs et d'en sanctionner toutes les obligations.

Pour un ordre religieux proprement dit, il faut l'approbation el l'autorité du cli«*f do l't!i:li8e.

Pour une sim^de con(jr»'ijntion religieuse, il faut au rr.oins celle de l'Evêque. L'approbation du Saint-Siè;:e lui-mémo esi sans doute d'un plus grand poids; mais on ne doit pas igno er que les Souverains Pontifes, en ap|)rou\ant lescongré alions religieuses, ne les placent point, par cela seul au rang désordres religieux proprement dits.

D. Que veulent dire ces mots : pour tendre a la

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