Oti; manet in charitate, in JJeo manet et Deus in eo. I
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dans ce qui est surajouté ù sa sul.sfance C es "«in.
sua que la perfection de la vie chr^ienn» / "" idée absolue, se considère se on a c "lé '^ T
le souverain bien, et notre prochain comme nousmêmes pour l'amour de Dieu. La charité a donc un motif unique, qui est Dieu seul, et un double objet, qui est Dieu et leprochain. Par conséquent, lorsqu'il s'agit de la charité et de sa perfection ^ il faut prendre garde ou d'oublier l'un de ces deux objets, ou de perdre de vue son unique but qui ne doit être que Dieu.
Vous entrez en religion d <ns le but d'acquérir la perfection de la vie chrétienne ; là vous vous obligez par état à tendre vers cette perfection, laquelle est principalement la perfection selon la charité. Il faut donc vous bien pénétrer de votre double obligation, qui est de viser sans cesse non-seulement à la perfection de l'amour de Dieu, mais encore à celle de l'amour du prochain. Pour l'un et l'autre, la pratique extérieure et en quelque sortematérielle pourra être diverse, selon la diversité des instituts et de leurs œuvres spéciales ; mais toujours il faut que les religieux tendent vers ce qui est parfait sous ce double rapport. C'est pour bien éclairer la route par où ils doivent n. archer, que nous allons exposer avec une juste étendue toute cette grande matière de la charité, dont la perfection est le terme obligatoire de leurs efforts.
D'-iutre part, la perfection religieuse est encore selon les autres vertus, secondairement il est vrai, mais néces-sairement aussi pour que rien ne lui manque. Il nous faudrait donc entrer de même ici dans la considération de toutes les vertus chrétiennes ; mais comme ce sujet est très-vaste, et qu'il nous feiait trop perdre de vue l'explication du catéchisme
des vœux, nous renvoyons le pieux lecteur aux ëcrivains ascétiques, qui en ont abondamment traité.
section ii. —du premier objet de la charité, ou de l'amour divin.
f I. En quoi consiste ï amour divin ^
10 L'amour en général n'est autre cho?e que la complaisance du ftî>».ou,pour parler plus clairement encore, c'est le mouvement du cœur s'attachant à un objet qui lui paraît bon. Aimer une chose est donc se complaire en elle, c'est-à-dire s'attacher à elle parce qu'on la trouve bonne.
Aimer quelqu'un, c'est aussi lui vouloir du bien, parce que dans l'amour d'amitié il y a non-seulement l'attachement à la personne de l'ami, mais encore et, par une suite nécessaire, la bienveillance à son égard comme à un autre soi-même.
Voilà deux idées très-nettes pour caractériser l'amour divin, qui est un amour d'amitié : aimer Dieu, c'est s'attacher à lui parce qu'on le trouve bon, et c'est lui vouloir du bien.
2'^ Dans l'idée générale de l'amour divin, on peut distinguer quatre nuances diverses : l'amour, la dilcction, la charité et l'amitié.
L'a»?Oî/rest proprement ce que nous venons de dire.
La dilection ajoute l'idée d'élection, diligere, c'està-dire, ex diversis eliijcre, choisir entre diverses choses : par conséquent, la dilection ne se trouve que
1, 2a 2iB. qusst. 20. art, 1 et 3. — 2a 23e. q. 23. a. 1
dan? l'appétit raisonnable oîi est la liberté. Elle exprime aussi l'^/cft' de Tamour de charité plutôt que son habitude.
Saint Denis a dit qu'à l'égard de Dieu le nom d'amour est plus divin (jue celui de dilection, en ce qu'il exprime pour ainsi dire quelque chose de passif: et en effet, dans l'amour divin l'homme se porte vers Dieu plutôt en subissant l'attraction de Dieu même, qu'il ne peut aller à lui par sa raison et sa propre élection : aussi est-ce principalement la prière qui l'obtient.
La charité indique une certaine perfection de l'amour, en ce qu'on estime cher et d'un grand prix l'objet qu'on aime : de là vient que le nom de charité ne se donne qu'à cet amour qui met Dieu au-dessus de toutes choses.
L'amitié exprime l'habitude de la charité, et elle dit aussi le mutuel attachement qui lie deux cœurs l'un à l'autre, avec une réciprocité de bienveillance. Or, la charité est une amitié qui s'établit entre Dieu et l'homme, selon ces mots de saint Jacques : c Abraham a été appelé l'ami de Dieu * » ; et Jésus- Christ Notre-Seigneur déclare aux siens qu'ils sont a ses amis ^ ».
Cette mutuelle liaison de Dieu avec l'homme est fondée sur la communication que Dieu fait à riiomme de sa béatitude, ici-bas par la grâce sanctifiante qui en est le germe, et dans le ciel par la gloire et la pleine jouissance de lui-même. Et