DE LA PERFECTION RELIGIEUSE
SECTION I»-». — QUE FAUT-IL EKTENDBE PBÉCISjâilEXT PAR LA PERFECTION.
I. On parle souvent de la perfection, du désir qu'on a d'arriver à la perfection, de la ne'cessite' de devenir parfait; et trop souvent aussi cette idée de perfection reste dans un vague où l'imagination se livre à de pures illusions, pour ne donner que de vains sentiments et des résultats stériles.
Voici les notions fondamentales et précises de la perfection, d'après le Docteur angélique. On appelle parfaite une chose à laquelle il ne manque rien ; Perfectum est id oui 7iihil deest. Or, il faut distinguer trois sortes de perfections. La première consiste en ce que la chose soit constituée dans son être propre, de manière qu'il ne lui manque rien quanta sanature.
Ainsi un homme a cette perfection, quand il possède une âme douée de toutes ses facultés, et un corps doué de tous ses sens et de tous ses membres. — La seconde perfection donne à la chose tout ce qui peut être ajouté à sa substance, pour qu'il ne lui manque rien en bonté de nature. Ainsi un homme a cette perfection quand il possède toutes les qualités du corps et de l'âme qu'il peut naturellement avoir. — La troisième perfection consiste en ce que la chose atteigne sa propre fin pour y trouver tout le bien que peut exi.u'cr sa condition. Ainsi une montre est parfaite lorsqu'elle atteint sa fin, qui est de montrer exactement les heures, et un homme est parfait quand il atteint sa fin dernière qui est Dieu, le souverain bien. C'est de cette troisième perfection que nous avons à nous occuper relativement à 1 homme , parce quelle est sa perfection morale vers laquelle il dnit tendre pour être heureux : ce n'est autre chose que la perfection de sa vertu, et la perfection, de sa béalitude.
Un (lit donc de chaque être qu'il est parfait selon qu'il atteint sa propre fin, parce que la fin d'une chose , quand elle s'y trouve arrivée , est ce (jui lui donne sa dernière perfection. Or, c'est par la cha/TLé que l'homme atteint Dieu , sa fin dt-rnière, suivant ces paroles de saint Jean ^ : « Celui qui demeure dans la charité demeure en Dieu, et Dm'u en lui ». Par conséquent, la perfection de la vie chrétienne est spécialement selon la charité.