la 2x. q. 26. a
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Ces deux puissances de notre âme ont donc chacune la faculté d'aimer; mais leur amour diff-re comme elles-mêmes : l'une aime nécessairement, et l'autre librement; toutes deux ont le bien pour objet, mais chacune à sa manière : car l'objet de lappétit intérieur est un bien que les sens peuvent saisir, tandis que l'objet de l'appétit raisonnable est un bien saisi ou connu par l'entendement sous l'idée :^ommune de bien.
Or . l'objet de la charité n'est point quelque bien sensible, mais le Bien divin, c'e^t-à-dire Dieu rnrme, qui ne peut être connu au moyen des sens, mais uniquement par l'intelligence de l'homme. D"où il suit nécessairement que le sitjet de la charité, c'est-à-dire le siège de lame où elle peut résider, n'est pas l'appétit inférieur qui éprouve les impressions sensibles, mais seulement la volonté
A'oilà des principes d'une grande importance pour la direction spirituelle des âmes, soit qu'il faille les rassurer au sujet de ces inclinations qu'elles éprouvent sans y consentir vers le plaisir sensible, soit qu'on ait à les éclairer sur la vraie nature de la charité.
Mais, dira-t-on , qu'est-ce donc que ces douces émotions que Ion sent quelquefois en se livrant aux choses de la piélé ? Ces larmes de dévotion et autres impression sensibles, n'est-ce pas le saint amour ?
La réponse à cette question a été donnée en parlant de la dévotion sensible *.