‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 95 sur 154 · a 2x. q. ISC · texte numérisé non relu

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Mais celte règle, à raison de sa brièveté, demando des développeuients ultérieurs bclon son esprit : de [k les règles de détail o\i constitutions^ soit celles qui regardent le corps de l'institut, soit celles que doivent observer personnellement ses membres.

Ces règles, comme leur nom l'exprime encore, doivent toujours vérifier l'idée de droiture, et c'est pour cela (ju'il faut aux fondateurs ou aux chefs des instituts l'autorisation de lÉglise pour pouvoir les faire et les imposer. D'ordinaire même, afin d'en garantir davantage la rectitude, elle veut encore les examiner et ajouter eon approbation formelle.

Aujourd'hui le Saint-Siège n'admet point le nom de Règle pour désigner l'ensemble des constitutions d'un pieux institut qu'il approuve. Il réserve ce nom aux anciens ordres sous la règle desquels se sont mises diverses congrégations plus récentes : la U'''gle de saint Basile, la Règle de saint Benoit, de saint Augustin, de saint François, etc.

Y. Parmi les R'^gles ou constitutions qui regardent personnellement les membres d'un institut, il en est de deux sortes qu'il est important de distinguer.

Les unes ont pour objet de former chaque religieux selon l'esprit propre de l'institut : ce sont les Règles de la vie intérieure. Là sont posés les principes d'où chacun devra tirer une foule de conséquences pratiques, pour tendre à la perfection positive de ses vœux et à la perfection des vertus selon sa vocation. Ces règles, il faut bien le remarquer, prescrivent plutôt une tendance, des efforts et un progrès toujours croissant, qu'elles ne commandent ou

défendent des actes particuliers. Ain<i, quoique le devoir de tous soit de s'appliquera suivre leur direction, néanmo'ns elles ne sont pas, pour la plupart, elles ne peuvent même pas être observées par tuus également ; mais il y a des degrés tiès divers pour les individus, et chacun les pratique dans sa propre mesure, selon la grâce qui lui est donnée, selon sa ferveur actuelle, et selon les progrès qu'il a déjà faits dans la perfection.

Les autres règles ont pour objet la discipline ou la vie commune extérieure : c'est pourquoi on les appelle ordinairement règles communes. Elles prescrivent ou défendent des actes qui se produisent au dehors ; et leur fin est d'établir la forme visible de la vie de communauté selon l'institut, et de protéger l'ordre domestique. Aussi leur observation est-elle exigée de chacun en particulier et de tous à la fois : car c'est par elles que tous doivent prendre une commune physionomie et apparaître les membres du même corps; c'est par elles qu'ils se reconnaissent entre eux pour fr-'^res, et qu'un même air de famille les montre tous enfants d'une même mère.

Mais, outre ce fruit général, déjà si capable d'exci ter chacun à la diligente observation des règles communes, elles renferment encore pour lui un fruit de sainteté personnelle, qui mérite assurément tous ses efFurts. « Ma grande mortification, c'est la vie commune », disait un parfait religieux, le bienheureux Jean Berchmans; et il signalait ainsi l'une des sources les plus fécondes de la perfection religieuse, puisqu'elle coule sans cesse par une multitude de ruisseaux, et que l'observation des règles est vérila-

I>lo:iieiit, cûinine dit le Piopliite, « le sacrifice légitime et perpétuel de tous les jours * ».

VI. De re.rercire des vertus selon les Règles. Les vertus chrétiennes et religieuses sont communes à tous les chrétiens et à tous les religieux; mais les actes (le ces vertus doivent souvent différer suivant la diversité des vocations, et il importe grandement, pour le légitime exercice des vertus, de faire attention à cette difterence. même en voulant imiter les saints ; sans quoi l'on irait donner dans des illusions; à tel point que ce qui est louable chez l'un deviendrait répréliensible chez l'autre. Ainsi, par exemple, la mortilication, le zèle, la charité du prochain, le silence, et ainsi des autres vertus, devront se pratiquer différemment selon les instituts et les situations. Et voilà pourquoi saint Antoine insistait sur la vertu de discrétion, comme sur celle dont la fonction est de régler les actes de toutes les autres. Or, combien de fois notre discrétion privée ne se trouveraitelle pas en défaut, si elle était réduite à ses propres lumières? Mais c'est là le grand avantage qu'un religieux tire de ses règles : elles lui fournissent une direction sûre par rapport à l'exercice des vertus, et lui en enseignent la pratique selon la volonté et le bon plaisir de Dieu.

YII. Ce pourrait être ici le lieu d'examiner quelle est Tobligation de tendre à la perfection par la pratique des règles; mais le catéchisme des vœux ex-

1. Sacrificium Domiao legitimum, juge atque psrpetuum. EZECH. iù.

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