‹ Les principes de la vie religieuse, ouChapitre 94 sur 154 · l'« part. ch · texte numérisé non relu

l'« part. ch

%. Regulam si flectas, quidquid ex illa mutayeris, injuria est recti.

4. Régula nec addi sibi quidquam, nec demi sustinet; aliaquin hoc ipsam quoi régula est, amiltit ac perdit.

l'ouvrier, elle gâte son ouvrage, elle va même jusqu'à compromettre la solidité de lédiflce. Vuilà pourquoi, lorsqu'il s'agit d'une rAgle de vie religieuse, l'approbation de l'Église est nécessaire pour certifier qu'elle est réellement droite ; et pourquoi encore il importe tant à un institut qu'on ne touche point à sa règle approuvée, mais que chacun en respecte affectueusement la rectitude.

II. La règle dans la main du maçon lui fait connaître si le mur qu'il élève a l'aplomb et l'égalité voulus : afin (jue, s'il voit rentrer une pierre, il la pousse en dehors, et s'il en voitsaillir une autre ilJa ramène au dedans ; c'est la comparaison de saint Grégoire *, et elle est d'une continuelle application au travail de la perfection.

/iègle vient du mot regere, parce qu'elle est destinée k dirige?' et à corriger*; ce sont là ses deux fonctions essentielles : elle dirige, dans l'ordre moral, en montrant ce qu'il faut ou faire ou éviter • elle corrige en rappelant au droit ce qui s'en écarte, en reprenant et en punissant le tort.

III. Par la Règle d'un instilut on entend l'ensemble de toutes les prescriptions qui le concernent ; et il y faut distinguer deux sortes d'éléments, les uns plus essentiels et de premier ordre, et les autres complémentaires et de second ordre. Celui, dit saint Thomas, qui professe la règle, ou pour mieux dire

1. Ut si lapis intus est, foras emittatur ; si autem exteiiua prominet, interius revocetur.

2 Régula a r. gendo, id est, dirigrendo et corrigendo, quia vel rectum dirigit, vcl distortum corrigit.

de vivre sel<^nla r^gle, ne s'engage point par vœu à garder toutes les particularités qui sont dans la règle ; mais il voue la vie régulière, qui consiste essentiellement à garder les tmis vœux. Car, dans une loi certaines choses sont proposées, non par manière de prècep'o nblif^eanl sous peine de péché, mais par manière ^Vorâination ou de direction obHgeant seulement à quelque peine, si Ton y manque. Cependant, puisque le religieux s'est engagé à vivre selon la règle, c'est-à-dire à s'efforcer de former sa vie sur elle comme sur un mod^'le qu'on lui a présenté, il violerait cet engagement et pécherait même gravement, s'ilméprisait la règle dans unpoint quelconque ; et ce mépris existe quand la transgression vient précisément de ce que la volonté refuse de se soumettre à elle. Mais ce n'est point pécher par mépris que d'enfreindre quelque point de la règle par une autre cause particulière, telle que la c 'lè.re, la paresse, etc. ; on doit cependant remarquer que ces infractions engendrent peu à peu le mépris, quand elles deviennent fréquentes *.

IV. Souvent on distingue la Règle au singulier, et les Règles au pluriel.

La Règle, prise selon cette distinction, est seulement l'exposé des pointsle? plus substantiels de l'institut et que l'on présente à l'approbation de TEglise. Ainsi entendue, la règle est ce qui donne l'existence à un corps religieux, quand elle est approuvée et mise à exécution.

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