Les principes du droit public de l'église
Cette quatrième édition de notre traduction diffère, sous plusieurs rapports, des précédentes que nous avons publiées il y a plusieurs années déjà avec l'approbation expresse de l'éminent auteur. Elle contient, en effet :
1° Une notice historique sur le R. P. Tarquini, par le P. Angeliui, S. J.
2° La reproduction textuelle de la Préface du savant canoniste.
3° Le texte des premières éditions revu avec soin.
4° La traduction de la célèbre dissertation du R. P. Tarquini sur le Placet royal.
C'est sur les instances de plusieurs jurisconsultes catholiques, que nous publions cette nouvelle édition, les exemplaires des précédentes étant devenus introuvables. Elle aura, nous en avons la confiance, le même succès que ses devancières.
Nous la dédions à la mémoire vénérée du Maître si cher à tous ceux qui l'ont connu et qui ont joui de ses doctes et profonds enseignements.
Aug. ON CL AIR, prêtre.
in 2011 with funding from
University of Toronto
http://www.archive.org/details/lesprincipesdudrOOtarq
CAMILLE TARQUINI
de la Compagnie de Jésus CARDINAL DU TITRE DE SUNT-NICOLAS A LA PRISON TULLIENNE
Il consacra son talent distingué au droit pontifical, et il y devint éminent. Pendant longtemps il enseigna la science canonique au Collège romain et publia ses leçons. Il discuta excellemment l'autorité que les rois se sont attribuée sur les décisions du souverain Pontife, ainsi que les accords conclus entre le saint-siège et le pouvoir civil. Le souverain Pontife Pie IX, qui avait en grande estime le génie du P. Tarquini, lui décerna des éloges mérités, et le fit entrer au collège des cardinaux, à la vive satisfaction des catholiques dévoués. Mais, leur joie ne tarda guère à se changer en deuil. Le P. Tarquini était à peine depuis deux mois revêtu de cette haute dignité qu'il mourut le 15 février 1874 à l'âge de 04 ans.
Il était no à Marta sur les bords du lac Volsinium. Sa famille était riche et considérée. Par sa mère, il touchait au pape Benoît XII. Il passa sa jeunesse au séminaire de Monte- Fiascone où il lit de brillantes études. De là il passa à Rome où il s'adonna à l'étude du droit civil et du droit canon. Il dépassa bientôt tous ses condisciples et se lit remarquer au point que les hommes les plus éminents, parmi lesquels nous nous contenterons de nommer le cardinal Côme Corsi, le désignaient pour les plus hautes dignités. Mais lui, renonçant à toutes les faveurs humaines, se réfugia dans le sein de la Compagnie de Jésus, à laquelle il voua la plus ardente affection, le 27 septembre 1837.
Tarquini était de haute taille, d'une grande force d'esprit
et d'une ténacité de travail incroyable. Il passait des journées entières à écrire et à étudier. Aussi, sa science marchait-elle de pair avec son ardeur à l'étude. Le savant religieux se fit un nom distingué dans les Congrégations romaines qui ont à décider les questions ecclésiastiques. Il trancha avec tant de sagesse et de doctrine de graves controverses, que ses solutions recevaient l'accueil le plus favorable de la part des cardinaux et du souverain Pontife lui-même.
Il cultiva aussi l'ancienne langue étrusque, et il fut d'avis qu'elle doit son origine aux Hébreux et aux Phéniciens. 11 était encore un orateur grave et abondant. Ses commentaires sur les livres historiques de la sainte Écriture qu'il fit dans l'église du Jésus à Rome, excitèrent l'admiration d'une foule compacte d'audileurs.
Par sa pieté, son zèle pour l'oraison, sa fidélité aux règles de la Compagnie de Jésus, son mépris des honneurs, il fut l'exemple de tous. Par son humilité et sa prévenance, il s'attacha tous ceux qui l'ont connu et qui s'affligent du vide que la disparition de tant de mérites a laissé.