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SALUTATION ANGÉLIQUE

Puisqu'à ton geste blanc le ciel s'est déchiré Et qu'une aube a monté dans la sainte lumière, J'ai retrouvé la joie et la ferveur première Du monde de candeur d'où je viens, où j'irai.

J'avais, sous le soleil, vu reverdir la plaine. Ayant entendu l'eau des grands fleuves couler. J'avais senti du vent l'âme bénir ma peine. Un jour de vie allait dans les torrents rouler.

Sur les pins du couchant monta ta jeune face, Et le soir qui flottait à tes pieds transparents Reçut le don pieux de ton humaine grâce. Un moment s'apaisa la plainte des torrents.

Vierge qui purifie, Ange aimé qui console, Tu vins sur le rocher le plus calme t'asseoir. Et l'urne dont tes mains exaltèrent le soir Etait l'ardent cristal où brûle la Parole.

<( Je t'apporte la paix intérieure ; vois L'univers à mes pieds s'endormir en silence. Les astres les plus purs s'allument à ma voix. Tu nais en Dieu ; ton âme en son Sou (île s'élance.

<( Je t'envelopperai, comme d'une clarté, Du long manteau d'amour de ma sollicitude. Le rêve de ta vie est une vérité, Car l'esprit a sacré ta belle solitude. »

Un printemps angélique épanouit les cieux,

Le monde au fond de moi s'endormit comme un rêve.

Je ne crois plus au mal et mon âme s'élève

A travers le tumulte aux lieux silencieux.

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