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LE BOULANGER

La terre est de nos dieux la nourrice féconde. O père, dans ma chair circule un sang pieux. Le travail dans nos cœurs porte le sang du monde, Un travail continu nous jette au sein des dieux.

La maison aux passants ouvrait sa large porte,

Les sacs pesants de blé s'entassaient sur le seuil.

Tu riais au froment, sur ta poitrine forte

Croisant tes bras de maître en un tranquille orgueil.

Lorsque de pain bien cuit les tables étaient pleines Tu caressais le pain fumant avec amour. Comme vers un autel les récoltes des plaines Pour nourrir le pays aflluaient vers ton four.

Lumière, chair des dieux qui deviens pain de l'homme. Gonfle aussi de ta vie éternelle mes chants. C'est mon aïeul encor qui dans mes vers te nomme... Fasse que soient mes vers féconds comme ses champs.

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