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Oftaviensi^
PRINTEMPS païen
Les chars avec lenteur sont sortis des étables,
Dans les champs moissonnés déjà courent les chiens.
On a fleuri le front des Priapes gardiens
Qui tiennent loin des ceps les grands vents redoutables.
Et les Yieillards, assis autour des blanches tables,
Causent en regardant atteler les chevaux.
Toute la plaine chante, un encens monte ; augustes
Les dieux partout mêlés au cœur des hommes justes
Des moissonneurs joyeux bénissent les travaux.
Dans le ciment des mots, de ma truelle d'or,
Moi, je bâtis le temple.
L'heure est grande. Midi triomphe. La mer dort.
Mais la terre contemple.
Tout l'Olympe, les dieux et les Muses sont là.
Je les vois, je les touche.
Minerve m'a baisé sur le front, et voilà
Qu'Apollon parle par ma bouche.