LE TOMBEAU
Je contemple à mes pieds l'océan des images, Le monde sous mes yeux est comme un livre ouvert. De l'immense missel les vents tournent les pages, Sur les feuillets les bois mettent un signet vert, Un parfum d'au-delà sort du livre entr'ouvert. Dans le matin glacé qui baigne au loin les cimes. Le cœur gonflé d'amour, le front battu de rimes, Sur le dernier feuillet mes rêves se sont tus. Autour de ma maison le monde va revivre. Les mots dorment, de nuit et de clarté vêtus. Et je vais essayer, ô père, dans ce livre De tailler un tombeau digne de tes vertus.