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VIEILLE TAPISSERIE

Quand le printemps couronne de ses nimbes Les vieilles croix des carrefours déserts, Les Innocents tressaillent dans les limbes, Le Christ redescend aux enfers.

Les pieds troués, sous une robe verte Qui traîne un peu des parfums de là-haut. Il vient, exsangue, et de sa droite ouverte Coulent les grâces du Très-Haut.

Il ne dit rien, mais pensif il regarde Les malheureux qui n'espèrent qu'en lui. Devant ses yeux la fournaise hagarde, Triste, s'apaise, et juste, luit.

i56 PRINTEMPS FUNÈBRE

Tour un moment, quelque part, sous la terre, L'enfer entend l'eau pure murmurer, Et sur son front, clans le pâle mystère, La verte terre respirer.

Un long frisson émeut le Purgatoire, Dans un éclair les punis peuvent voir La Vierge bleue à son prie-dieu d'ivoire Tendant les mains vers leur Espoir.

Alors Jésus, plein de pardon, s'élance.

Mais quelqu'un vient, sinistre, le front bas. Et sur le Flanc percé du coup de lance Se crispe la main de Judas.

Partout, là-haut, dans les claires chapelles Le mois de mai prodigue ses encens, Et l'air doré joue avec les dentelles Des beaux angélus rougissants.

Mais nul rêveur, dans la lueur divine Tombant du ciel sur les monts agrandis. Dans un élan de sa foi ne devine Christ qui remonte au paradis.

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