‹ Les printempsChapitre 4 sur 40 · SILENCE DES ÉTOILES · texte numérisé non relu

SILENCE DES ÉTOILES

A Paul Thaob

Sous la sul)]ime horreur des étoiles livides J'ai peur de l'ombre et peur de la livide nuit. Je me suis égaré dans les espaces vides. Loin du jour, loin de moi le pâle monde fuit.

Dans quel gouffre a sombré la terre vacillante? Où s'enfoncent, là-bas, ces astres consumés? Tout s'éteint. Ma raison tremble en moi, défaillante, Gomme un feu de berger dans les champs embrumés.

Où sont mes yeux ? Mes yeux ! . . . Un tourbillon d'atomes M'aveugle. Un tourbillon m'emporte. Où est mon corps? Où sont les cieux ? Je ne vois rien. Où sont les hommes? Où est ma vie? Où sont les vivants et les morts?

Un moment. Un répit dans cette course folle. La fièvre de mes yeux brûle dans un air froid. Le Temps me balbutie une vague parole, Mais l'Espace sans cœur domine mon effroi.

Et mornes, renaissant au bord de ma mémoire. Pâles, les yeux glacés, sans rêves, sans amours. Je vous vis remonter, osant à peine y croire. Etoiles que j'aimais, du vieux gouffre des jours.

Pardonnez-moi. J'eus tort, amantes désolées. De troubler le sommeil de vos cieux mensongers. Aous dormiez, de désirs, d'illusions peuplées. Je viens de contempler vos grands champs ravagés.

Même en vous, hors de nous, rien de nous ne subsiste. Et lorsque nous mourons, nous mourons tout entier. Nous cherchons à savoir. La certitude est triste. Entro le ciel et nous il n'est pas d'amitié.

Vous ne résoudrez pas les éternels problèmes Dont ma raison avide a fatigué mes jours. Brûlez, silencieux, astres froids, frères blêmes. Et fermez-moi le ciel. Que j'ignore toujours !

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