‹ Les prisonniers du Caucase de Xavier de MaistreChapitre 6 sur 10 · LES PRISONNIERS DU CAUCASE 2J · texte numérisé non relu

LES PRISONNIERS DU CAUCASE 2J

pouvait faire le moindre mouvement sans éprouver des douleurs insupportables.

Il fallut cependant partir.

Appuyé sur son domestique, il s'achemina tristement, persuadé qu'il n'arriverait point jusqu'au terme désiré. 5

Le mouvement et la chaleur de la marche apaisèrent peu à peu les douleurs qu'il ressentait.

Il marcha toute la nuit, s'arrêtant souvent et reprenant aussitôt sa route.

Quelquefois aussi, se laissant aller au découragement, il se 10 jetait sur la terre et pressait Ivan de l'abandonner à son mauvais sort.

Son intrépide compagnon non seulement l'encourageait par ses discours et son exemple, mais employait presque la violence pour le relever et l'entraîner avec lui. 15

Ils trouvèrent dans leur route un passage difficile et dangereux, qu'ils ne pouvaient éviter; attendre le jour leur eût causé une perte de temps irréparable : ils se décidèrent à franchir ce passage au risque d'être précipités ; mais, avant d'y engager son maître, Ivan voulut le reconnaître et le par- 20 courir seul.

Pendant qu'il descendait, Kascambo resta sur le bord du rocher dans un état d'anxiété difficile à décrire.

La nuit était sombre : il entendait sous ses pieds le murmure sourd d'une rivière rapide qui coulait dans la vallée ; le 25 bruit des pierres qui se détachaient de la montagne sous les pas de son compagnon, et qui tombaient dans l'eau, lui faisait connaître l'immense profondeur du précipice sur lequel il était arrêté.

Dans ce moment d'angoisse, qui pouvait être le dernier de 30 sa vie, le souvenir de sa mère lui revint à l'esprit ; elle l'avait béni tendrement à son départ de la Ligne : cette pensée lui rendit le courage.

Un secret pressentiment lui donnait Pespérance de la revoir encore.

— Mon Dieu ! s*écria-t-il, faites que sa bénédiction ne soit pas inutile ! S Comme il finissait cette courte mais fervente prière, Ivan reparut.

Le passage reconnu n'était pas aussi difficile qu'ils Pavaient cru d*abord.

Après être descendus quelques toises entre les rochers, il

lo fallait, pour gagner la côte praticable, longer un banc de

rocher étroit et incliné, recouvert d'une neige glissante, sous

lequel la montagne était taillée à pic. Ivan ouvrit dans la

neige avec sa hache des trouées qui facilitaient le passage, ils

. firent le signe de la croix.

1$ — Allons, disait Kascambo, si je péris, que ce ne soit pas du moins faute de courage ; la maladie seule a pu me l'ôter. J'irai maintenant tant que Dieu me donnera des forces.

Ils sortirent heureusement de ce pas dangereux, et continuèrent leur route.

20 Les sentiers commençaient à être plus suivis et bien battus ; ils ne trouvaient plus de neige que dans les endroits situés au nord et dans les basfonds où elle s'était accumulée.

Ils eurent le bonheur de ne rencontrer personne jusqu'à la pointe du jour, où la vue de deux hommes qui parurent de 25 loin les obligea de se coucher à terre pour n'en être pas aperçus.

Au sortir des montagnes, dans ces provinces, on ne rencontre plus de bois ; le terrain y est absolument nu, et l'on y chercherait vainement un seul arbre, excepté sur le bord des 30 grandes rivières, où ils sont encore très rares, ce qui est fort extraordinaire, vu la fertilité du terroir.

Ils suivaient depuis quelque temps le cours de la Sonja, qu'ils devaient traverser pour se rendre à Mosdok, cherchant

un endroit où l'eau, moins rapide, pût leur offrir un passage moins dangereux, lorsqu'ils découvrirent im homme à cheval qui venait droit à eux.

Le pays, totalement découvert, ne présentait ni arbres ni buissons pour se cacher. 5

Ils se blottirent sous le rivage de la Sonja, au bord de Teau.

Le voyageur passait à quelques toises de leur gîte.

Leur intention n'était que de se défendre s'ils étaient attaqués.

Ivan tira son poignard et remit le pistolet au major. 10

S'apercevant alors que le cavalier n'était qu'un enfant de douze à treize ans, il s'élança brusquement sur lui, le saisit au collet et le renversa sur le gazon.

Le jeune homme voulait résister; mais voyant le major paraître sur le bord de la rivière, le pistolet à la main, il 15 s'enfuit à toutes jambes.

Le cheval était sans selle avec un licou passé dans la bouche en guise de bride.

Les deux fugitifs se servirent aussitôt de leur capture pour passer la rivière. 20

Cette rencontre fut un grand bonheur pour eux, car ils virent bientôt qu'il leur eût été impossible de traverser à pied, comme ils l'avaient projeté.

Leur monture, quoique chargée du poids de deux hommes, faillit être entraînée par la rapidité de l'eau. 25

Ils arrivèrent cependant sains et saufs à l'autre rivage, qui se trouva malheureusement trop escarpé pour que le cheval pût prendre terre.

Ils descendirent pour le soulager.

Comme Ivan le tirait de toute sa force pour le faire monter 30 sur le bord, le licou se détacha et lui resta entre les mains.

L'animal, entraîné par le courant, après de nombreux efforts pour aborder, fut englouti dans la rivière et se noya.

Privés de cette ressource, mais plus tranquilles désormais sur le danger d*être poursuivis, ils se dirigèrent sur un monticule couvert de roches détachées qu'ils virent de loin, dans Pintention de s'y cacher et de se reposer jusqu'à la nuit.

5 Par le calcul du chemin qu'ils avaient déjà fait, ils jugèrent

que les habitations des Tchetchenges pacifiques ne devaient pas

être très éloignées ; mais rien n'était moins sûr que de se livrer

à ces hommes, dont la trahison probable pouvait les perdre.

Cependant, vu l'état de faiblesse dans lequel se trouvait

lo Kascambo, il était bien difficile qu'il pût gagner le Tereck sans secours.

Leurs provisions étaient épuisées : ils passèrent le reste de la journée dans un morne silence, n'osant se communiquer mutuellement leurs inquiétudes.

15 Vers le soir, le major vit son denchik se frapper le front de la main en poussant un profond soupir.

Étonné de ce désespoir subit, que son intrépide compagnon n'avait point encore montré jusqu'alors, il lui en demanda la cause.

20 — Maître, dit Ivan, j'ai fait une grande faute !

— Dieu veuille nous la pardonner ! répondit Kascambo en se signant.

— Oui, reprit Ivan ; j'ai oublié d'emporter cette belle carabine qui était dans la chambre de l'enfant. Que voulez- vous?

25 Cela ne m'est point venu dans la pensée : vous avez tant gémi là-haut, tant fait de bruit, que je l'ai oubliée. Vous riez? c'était la plus belle carabine qu'il y eût dans tout le village. J'en aurais fait présent au premier homme que nous rencontrerons, pour le mettre dans nos intérêts ; car je ne sais trop

30 comment, dans Tétat où je vous vois, nous pourrons achever notre marche.

Le temps, qui les avait favorisés jusqu'alors, changea dans la journée.

Le vent froid de la Russie soufflait avec violence, et leur jetait du grésil au visage.

Ils partirent à la tombée de la nuit, incertains s'ils devaient chercher à atteindre quelques villages ou les éviter.

Mais la longue traite qui restait à faire, dans cette dernière 5 supposition, leur devint absolument impossible par un nouveau malheur qui leur arriva vers la fin de la nuit.

Comme ils traversaient un petit ravin, sur un reste de neige qui en couvrait le fond, la glace se rompit sous leurs pieds, et ils entrèrent dans Teau jusqu'aux genoux. 10

Les efforts que fit Kascambo pour se dégager achevèrent de mouiller ses habits. *

Depuis le moment de leur départ, le froid n'avait jamais été si perçant ; toute la campagne était blanche de grésil.

Après un quart d'heure de marche, saisi par le froid, il tomba 15 de lassitude et de douleur et refusa décidément d'aller plus loin.

Voyant l'impossibilité d'arriver au terme de son voyage, il regardait comme une barbarie inutile de retenir son compagnon, qui pouvait aisément s'évader seul.

— Écoute, Ivan, lui dit-il. Dieu m'est témoin que j'ai fait tout 20 ce que j'ai pu jusqu'à ce moment pour profiter des secours que tu m'as donnés, mais tu vois à présent qu'ils ne peuvent plus me sauver, et que mon sort est décidé. Va-t'en à la Ligne, mon cher Ivan, retourne à notre régiment; je te l'ordonne. Dis à mes anciens amis et à mes supérieurs que tu m'as laissé 25 ici en pâture aux corbeaux, et que je leur souhaite un meilleur sort. Mais, avant de partir, ressouviens-toi du serment que tu as fait là-haut dans le sang de nos gardiens. Tu as juré que les Tchetchenges ne me reprendraient pas vivant : tiens parole.

En disant ces mots, il s'étendit par terre, et se couvrit tout 30 entier avec sa bourka.

— Il reste encore une ressource, lui répondit Ivan ; c'est de chercher une habitation de Tchetchenges, et d'en gagner

le maître avec des promesses. S'il nous trahît, nous n'aurons du moins rien à nous reprocher. Tâchez encore de vous traîner jusque-là ; ou bien, ajouta-t-il en voyant que son maître gardait le silence, j'irai seul, je tâcherai de gagner un Tche- 5 tchenge ; et si Faffaire tourne bien, je reviendrai avec lui pour vous prendre ; si elle tourne mal, si je péris et que je ne revienne plus, prenez, voilà le pistolet.

Kascambo sortit la main de dessous la bourka et prit le pistolet.

10 Ivan le recouvrit avec des herbes et des broussailles desséchées de peur qu'il ne fût découvert par quelqu'un pendant la course qu'il allait faire.

Comme il se disposait à partir, son maître le rappela.

— Ivan, lui dit-il, écoute encore ma dernière demande. Si 15 tu repasses le Tereck, et si tu revois ma mère sans moi. • • .

— Maître, interrompit Ivan, au revoir dans la journée. Si vous périssez, ni votre mère ni la mienne ne me reverront jamais.

Après une heure de marche, il aperçut, d'une petite éléva-

20 tion, deux villages à trois ou quatre verstes de distance ; ce

n'était pas ce qu'il cherchait ; il voulait trouver une maison

isolée, dans laquelle il pût s'introduire sans être vu, pour en

gagner secrètement le maître.

La fumée lointaine d'une cheminée lui en fit découvrir une 25 telle qu'il la désirait.

Il s'y rendit aussitôt, et y entra sans hésiter.

Le maître de la maison était assis à terre, occupé à rapiécer une de ses bottines.

— Je viens, lui dit Ivan, te proposer deux cents roubles à 30 gagner et te demander un service. Tu as sans doute ouï parler du major Kascambo, prisonnier chez les montagnards. Eh bien, je l'ai enlevé ; il est ici, à deux pas, malade, et en ton pouvoir. Si tu veux le livrer de nouveau à ses ennemis, ils te

loueront sans doute ; mais, tu le sais, ils ne te récompenseront pas. Si tu consens, au contraire, à le sauver, en le gardant chez toi seulement pendant trois jours, j4rai à Mosdok, et je t'apporterai deux cents roubles en argent sonnant pour sa rançon. Que si tu oses bouger de ta place, ajouta-t-il en s tirant son poignard, et donner Talarme pour me faire arrêter, je t'égorge sur Theure. Ta parole à Tinstant, ou tu es mort

Le ton assuré d'Ivan persuada le Tchetchenge sans Tintimider.

— Jeune homme, lui dit-il en remettant tranquillement sa 10 botte, j'ai aussi un poignard à ma ceinture, et le tien ne m'épouvante pas. Si tu étais entré chez moi en ami, je n'aurais jamais trahi un homme qui a passé le seuil de ma porte ; maintenant je ne promets rien. Assieds-toi là et dis ce que tu veux. 15

Ivan, voyant à qui il avait affaire, rengaina son poignard, s'assit et répéta sa proposition.

— Quelle assurance me donneras-tu, demanda le Tchetchenge, de l'exécution de ta promesse ?

— Je te laisserai le major lui-même, répondit Ivaii ; crois- tu 20 que j'aurais souffert pendant quinze mois, et que j'aurais amené mon maître chez toi pour l'y abandonner?.

— C'est bon, je te crois, mais deux cents roubles, c'est trop peu : j'en veux quatre cents.

— Pourquoi n'en pas demander quatre mille? Cela ne 25 coûte rien ; mais moi, qui veux tenir parole, je t'en offre deux cents parce que je sais où les prendre, et pas un kopeck de plus. Veux-tu me mettre dans le cas de te tromper?

— Eh bien, soit ; va pour deux cents roubles ; et tu revien- 30 dras seul et dans trois jours?

— Oui, seul et dans trois jours, je t'en donne ma parole ; mais toi, m'as- tu donné la tienne? le major est-il ton hôte?

— Il est mon hôte, ainsi que toi dès ce moment, et tu en as ma parole.

Ils se donnèrent la main et coururent chercher le major, qu'ils rapportèrent à moitié mort de froid et de faim. 5 Au lieu d'aller à Mosdok, Ivan, apprenant qu'il était plus près de Tchervelianskaya-Staniza, où se trouvait un poste considérable de Cosaques, s'y rendit aussitôt.

Il n*eut pas de peine à rassembler la somme qui lui était nécessaire.

10 Les braves Cosaques, dont quelques-uns s'étaient trouvés à la malheureuse affaire qui avait coûté la liberté à Kascambo, se cotisèrent avec empressement pour compléter la rançon.

Au jour fixé, Ivan partit pour aller enfin délivrer son maître ; mais le colonel qui commandait le poste, craignant quelque 15 nouvelle trahison, ne lui permit pas de retourner seul ; et, malgré la convention faite avec le Tchetchenge, il le fit accompagner par quelques Cosaques.

Cette précaution faillit encore devenir funeste à Kascambo.

Du plus loin que son hôte aperçut les lances des Cosaques,

2o il se crut trahi ; et, déployant aussitôt la courageuse férocité

de sa nation, il conduisit le major encore malade sur le toit de

la maison, l'attachai à un poteau, se plaça vis-à-vis de lui, sa

carabine à la main :

— Si vous avancez, s'écria-t-il, lorsque Ivan fut à portée de 25 l'entendre, et couchant en joue son prisonnier, si vous faites

un pas de plus, je brûle la cervelle au major,. et j'ai cinquante cartouches pour mes ennemis et pour le traître qui les amène.

— Tu n'es point trahi, lui cria le denchik tremblant pour la vie de son maître ; on m'a forcé de revenir accompagné ; mais

30 j'apporte les deux cents roubles, et je tiens ma parole.

— Que les Cosaques s'éloignent, ajouta le Tchetchenge, ou je fais feu.

Kascambo pria lui-même l'officier de se retirer.

Ivan suivit quelque temps le détachement et revint seul : mais le soupçonneux brigand ne lui permit pas de s'approcher.

Il lui fit compter les roubles à cent pas de la maison sur le sentier, et lui ordonna de s'éloigner.

Dès qu'il s'en fut emparé, il retourna sur le toit et se jeta 5 aux genoux du major, lui demandant pardon et le priant d'oublier les mauvais traitements qu'il avait été, disait-il, contraint de lui faire éprouver pour sa sûreté.

— Je me souviendrai seulement, répondit Kascambo, que j'ai été ton hôte et que tu m'as tenu parole ; mais avant de 10 me demander pardon, commence donc par m'ôter mes liens.

Au lieu de lui répondre, le Tchetchenge, voyant Ivan revenir, s'élança du toit et disparut comme l'éclair.

Dans la même journée, le brave Ivan eut le plaisir et la gloire de ramener son maître au sein de ses amis, qui avaient 15 désespéré de la revoir.

La personne qui a recueilli cette anecdote, passant, quelques mois après, à legorievski, pendant la nuit, devant une petite maison de bonne apparence et fort éclairée, descendit de son kibick, et s'approcha d'une fenêtre pour jouir du 20 spectacle d'un bal très animé qui se donnait au rez-dechaussée.

Un jeune sous-officier regardait aussi très attentivement ce qui se passait dans l'intérieur de l'appartement.

— Qui donne le bal ? lui demanda le voyageur. 25

— C'est monsieur le major qui se marie.

— Et comment s'appelle monsieur le major?

— Il s'appelle Kascambo.

Le voyageur, qui connaissait l'histoire singulière de cet officier, se félicita d'avoir cédé à sa curiosité, et se fit montrer 30 le nouveau marié, qui, rayonnant de plaisir, oubliait dans ce moment les Tchetchenges et leur cruauté.

— Montrez-moi, de grâce, ajouta-t-il encore, le brave denchik qui Ta délivré.

Le sous-officier, après avoir hésité quelque temps, lui répondit : 5 — C'est moi.

Doublement surpris de la rencontre, et plus encore de le trouver si jeune, le voyageur lui demanda son âge.

Il n'avait pas encore achevé sa vingtième année, et venait de recevoir une gratification avec le grade de sous-officier, en 10 récompense de son courage et de sa fidélité.

Ce brave jeune homme, après avoir partagé volontairement les infortunes de son maître, et lui avoir rendu la vie et la liberté, jouissait maintenant de son bonheur en regardant sa noce à travers les vitres.

15 Mais comme l'étranger lui témoignait son étonnement de ce qu'il n'était pas de la fête, en taxant à ce sujet son ancien maître d'ingratitude, Ivan lui lança un regard de travers et rentra dans la maison en sifflant l'air : Hai luit, hai lulù

Il parut bientôt après dans la salle du bal et le curieux 20 remonta dans son kibick, enchanté de n'avoir pas reçu un coup de hache sur la tête.

About 1770 the Russians began to enter the région of the Caucasus. By the end of the eighteenth century Russia had acquired practically ail of Northern Caucasia, and in 1801 Georgia, the largest province of Transcaucasia, was annexed. This gave Russia a foothold in Transcaucasia ;' but the courageous mountaineers maintained their independence for many years and still, at times, give the Russian government trouble. The events of this narrative occurred in 18 15.

1 I sont: use of the présent with expression of duration of time. The English requires the perfect. — 3 séparés: nowhere else in the world, according to Ripley (Races of Europe^ 1899), is there such a heterogeneous confusion of peoples, languages, and religious gatherings in one area. *' The Eastem mountaineers dwelling in Daghestan [in Transcaucasia] and part of the Terek province [in Ciscaucasia] are an extraordinary medley of several dozen différent branches, mostly autochthonous, but many of them undetermined, and speaking numbers of différent languages, whose connections with each other are not always established. The Chechens (280,000) are warlike highlanders living in the mountains south and east of Vladikavkaz. Then come the Lezghins, Andians, and Avars, the Dargo, the Kyurins, the Udins, and many others. There is one mountain in Daghestan on the slopes of which are seven villages each speaking a différent language ; to communicate with each other they use the Avar tongue, which is a sort of lingrua franca of the district. Besides the native dialects Turkish and Arabie are also spoken. The Eastem highlanders are nearly ail Sunni Mohammedans. . . . They are still warlike and brave, but hâve remained quiet during the last thirty years." From p. 24 of Villari's Pire and Sword in the Caucasus. London, 1906. Villari summarizes the Moslem population of Caucasia as follows : 1,500,000 Sunnis (Turks, Kurds, mountaineers) and 1,300,000 Shiahs (Tartars, Tates), of whom the former are not at présent turbulent. — 9 Tchetchenges : in writing with ths Roman alphabet names taken from a language which does not use this alphabet, the Roman letters must be so used as to express the

native sound of the name to readers of the particular language into which it is being introduced. In English the rule now accepted is to give the vowels their Italian sounds and the consonants their English sounds ; the fashion formerly gênerai, of using in English the French or German f orm of a name which one has seen oftenest in French or German works, is not now permissible where correctness is aimed at. The French, not having in their own language the sound of the English ch^ are unable to represent it except by tch^ as hère. If one had nothing but the French form Tchetchenges for a guide, one would hâve to infer that the name in English should be spelled Ckechenzh or Chechenj or the like. But such second-hand translitérations should never be trusted if direct testimony can be had. The Standard Dictionary gives the actual English form of this name as Chechentsi. — 9 Kabarda: Greater and Lesser Kabarda are two provinces of Western and Central Ciscaucasia. — 14 la Ligne : a séries of Russian military posts extending f rom the mouth of the river Terek on the Caspian Sea to the mouth of the Kuban on the Black Sea. The object was to keep in subjection the wild mountaineers. — 23 Cosaques : the Cossacks, wandering tribes whoUy or partly of the Tartar race, are divided into two main bodies : Cossacks of the Black Sea, north of the Western Caucasus, and the Don Cossacks, through whose région the river Don flows. They hâve the réputation of being excellent cavalrymen. (See map of Russia.) — 25 débouché : it is now the terminus of the railroad.

2 I Wladi-Caucase : the English form is Vladikafkaz according to some authorities, and Vladikavkas according to the Standard Dictionary and most other dictionaries. Wîadi or Vîadi comes from a Russian verb meaning * to overtop,* * to dominate,' hence the word may be translated • Ruler of the Caucasus.* Cf. Vladivostok^ * Ruler of the East.* It is strange that de Maistre should use the spelling Wladi instead of Vladi^ since the latter harmonizes with the accepted spellings of other French names, such as Vladimir ^ Vladislausy etc. It has been suggested it is because the Polish language, which is closely related to the Russian, uses a w for this sound. — 15 Mosdok : Mozdoky a town on the Terek, a river flowing into the Caspian Sea, north of the Caucasus.

4 2 Ivan : the author gives, in the footnote of an old édition, the servantes full name, Ivan Smimo, which he says is équivalent to Jean le Doux in French. This latter name is hardly a fitting one for this servant, as will be seen from what follows in the narrative. — 4-5 le Dieu des Russes est grand : a proverb often quoted by Russian soldiers in a moment of danger. — 33 pût : pour que requires the subjunctive.

6 7 retardât : when que takes the place of si^ the subjunctive must be used. — 14 pût : afin que requires the subjunctive.

73011: *of doing so.* — içkislitchi: "boisson russe: c'est une espèce de bière faite avec de la farine." — Note d'auteur.

8 I en lapproché : * akin to it ' {la langue tariaré). This statement of the author would seem to be erroneous, since the Encyclopaedia Britannica says that the Chechentsi language is distinct from ail others.

— 26-27 de voir . . . Mamet : ' to see little Mamet unmercifuUy beaten.'

— 27 nèfles : * medlar ' is the name of a small spreading European tree of the rose family, or its fruit. The latter, resembling a very small apple, with the calyx-lobes on the summit well developed and permanent, is hard and bitter when ripe, but becomes agreeably acid on beginning to decay. — Standard Dictionary. " You '11 be rotten ère you be half ripe, and that 's the right virtue of the medlar." — Shakespeare's As You Like It

9 22 servait . . . maison : * served as the roof of the houfe.'

10 4 ]>é8e8pérant . . . l'accusé : ' in despair of making the accused listen to reason.' — 12. en : * with it,' Le. le bonjour, — 13, 14 rendes, donne : why subjunctive ?

11 3 m*est . . . tête: <has occurred to me.' — 2oHoaessein: the names of Hasan and Husein (French spelling Hassan^ Houssein)^ Mohammed's grandsons who were killed by the Sunni or dominant sect of Mohammedans (see Encyclopsedia Britannica under " Hasan"), are often borne by Mohammedans in ail countries, and the commémoration of Husein's death is the chief event of the religions year among the Shiahs in India and Persia. Houessein seems like a mixture of the two names, or may be the Chechentsi form of one of them. The s of thèse names is not doubled either in sound or the original spelling, but is doubled in the French translitération because a single s between vowels has in French the sound of z. The double s often given to thèse names in English is an imitation of the French spelling. — 24 elle : i.e. occasion, — 29 désertât : subjunctive after verbs of fearing.

12 3 D'une . . . part : * on the other hand.' — 15 en : * of their ill will.'

— 28 y : * of it,* Le. ce projet,

13 I aurait . . . naître : ' ought to hâve given birth to.' — 11 laissant croire : * making believe.' — 28 à : * by.* — 32 en désespéré : * desperately.'

14 15 fussent: explain mood and tense. — 18 fût: the conjunction quoique requires the subjunctive. — 22 suivi : ' continued.'

15 9 devait: *was to.* — 30-31 occupé à visiter: *busy examining.*

16 8 en : * of them,* Le. ses projets.

17 I chislik : mutton roasted in bits on a spit or on the pointed end of a stick. — 8 s'endormit : explain mood and tense. — 27 y : refers to déjouer de la guitare.

18 6 que devenir : * what will become of me ? * — 10 il fait : used in speaking of the weather ; as il fait beau, * the \veather is pleasant/

19 14 n . . . pourra : ' I don't care what happens,' or perhaps, *can*t help it/ — 21 A . . . yiyre : * what is the use of living ? * — 24 la cosaque :

* the Cossack dance.'

20 II la : i.e. la hache. — 19 en : * with it ' (the ax).

21 17 d'où . . . brûlée : * where does the smell of bumt feathers corne from ? ' — 33 en finir : * make an end of it/

22 10 arrive: avant que is foUowed by the subjonctive. — 21 je t'en conjure: *I beg of you.* — 23 en (first): refers to clause //. . . V enfant.

— 30 soyons : jusqiCà ce que requires the subjunctive.

23 13 à moi: emphasizes ma. Translate 'my own.' — 14 puisse: subjunctive ^xpressing a wish. — 24 gênât : why subjunctive ?

24 13 chemin battu: 'beaten path.' — 19 en: *of them/ Le. des branches.

25 6 dont : * from which.' — 14 pût : le seul is usually foUowed by the subjunctive in the subordinate clause, but if a fact is stated unreservedly, or if le seul is foUowed by the genitive plural, the indicative must be used.

26 4 y: 'there/ i.e. le refuge. — 13 trahisse: de peur que requires the subjunctive. — 17 en : i.e. ces magasins. — 21 établir la cuisine : ' to begin his cooking.' — 24 faisait rôtir : * was roasting.'

27 17-18 eût causé: why subjunctive? — 19-20 avant . . . maître:

* before taking his master into it.'

28 3 soit : why subjunctive ? — 15-16 que . . . moins : * let it not be at least.' — 20 suivis : * continuons.' — 25 en : * by them,' Le. deux hommes.

— 31 vu: * considering.'

29 I pût : explain the subjunctive. — 22 eût été : the pluperfect sub-* junctive of any verb may be used without que in place of the past conditionaL The former is not used in conversation. — 25 faillit être :

* came near being.*

30 9 vu : * considering.' — 10 pût : explain subjunctive. — 21 Dlen veuille : * may God be willing.* — 24 Que voulez-vous ? * what can you expect ? * — 27 il y eût : why subjunctive ? — 29 pour . . .• intérêts : * to gain his good wilL'

31 9 en : refers to ravin. — 15 saisi : * overcome.' — 26 en pfttora : •as food.' — 33 en: refers to habitation.

32 6-7 reyienne : why subjunctive ? — 11 fût décoayert : de peur que requires the subjunctive. — 22 pût: explain mood. — en: refers to maison. — 24 en : i.e. maisons,

33 2 en le gardant : ' by keeping him.' — 4 en argent sonnant : * in hard cash.' — , 28 cas : * position.* — 30 va : * agreed.' — 32 en : * for it.*

34 6 Tchervelianskaya-Staniza : doubtless the village described in Murray*s Handbookfor Travelers in Russia as Chervlonnaya, " famous for the beauty of the Cossack women/* and set down as Tchervlena on the map in StanforcTs London Atlas of Universal Geography. It is on the north bank of the Terek, some distance below Mozdok. The Russian word stanitza means ' Cossack village,* and skaya is the féminine f orm of a suffix meaning substantially * of / corresponding to the wellknown Polish ski, — 24-25 à portée de l'entendre : ' in hearing distance.* — 25 coQchant en joue: *aiming at,* literally 'laying his gun against his cheek.*

35 5 en : refers to les roubles. — 18 legorievski : presumably Yegorievsk, sixty miles east-southeast of Moscow. — 20 kibick : ' kibitka,* a Russian vehicle with rounded top, covered with felt or leather. It serves as a kind of movable habitation, and is used for traveling in winter. — Century Dictionary. " Formerly the journey from Novogorod to Moscow was most painf uUy accomplished in ninety hours in a kibitka — a cart, or rather a cradle for two, in which the driver . . . sat close to the horses* tails, the hinder part of the cart being shaded by a semicircular hood of laths covered with birch bark. Thèse vehicles hâve no springs, and are fastened together by wooden pegs. The luggage is placed at the bottom, and covered by a mattress, upon which an abundant supply of feather-beds alone renders the jolting endurable.** — A. J. C. Hare, Russia-t V. — 30 se fit montrer : * caused to be pointed out to him.*

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I. Quel est le titre de cet ouvrage ? Qui en est l'auteur? 2. Les habitants du Caucase sont-ils féroces ? 3. Qui habitent la grande et la petite Kabarda ? 4. Les hommes du Caucase sont-ils beaux ? 5. Où la Russie* a-t-elle établi un chemin de communication avec ses possessions d'Asie? 6. Où se trouve la résidence du commandant ?

I. The inhabitants of the Caucasus hâve various interests. 2. Love of independence animâtes them ail. 3. Are not thèse men brave and cruel? 4. Would you dare to travel over this space alone? 5. I would not.

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I. Que devait faire le major Kascambo? 2. Quelle imprudence a-t-il eue ? 3. Pourquoi ces hommes qui sont près des frontières ont-ils un libre accès à Mosdok? 4. Où est situé Mosdok? 5. "Mettre pied à terre," que veut dire cela? 6. Pourquoi la retraite était-elle impossible ? 7. Les Cosaques veulent-ils livrer le major ?

I. The Russian major boasted of his plan. 2. Were the mountaineers informed of his plan ? 3. What made the battle unequal ? 4. If you will deliver the major we will not kill you. 5. The enemy had hardly withdrawn when aid appeared in the distance. 6. A mule had carried the major's baggage.

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I. Que fait le brave domestique? 2. Ètait-il découragé? Pourquoi ne l'était-il pas ? 3. Qu'est-ce que les brigands ont laissé au major ? 4. Que font les chefs des brigands ? De quoi s'agissait-il ?

5. Pourquoi enlève-t-on au major ses bottes ferrées ? 6. Marchezvous pieds nus ?

I . What was the name of the servant ? 2. Ivan took possession of the guitar. 3. The Russian troops would probably pursue them.

4. The major as well as Ivan walked barefooted a part of the moming. 5. They carefully avoided leaving a trace. 6. Theygave back to the major his shoes which they had taken from him. 7. They took the précaution to bandage his eyes.

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I. Quand les brigands changent-ils de conduite à Pégard du major ? 2. Qu'est-ce qu'on a mis au cou du major ? 3. Ivan étaitil traité durement? 4. Pouvait-il rendre quelques services à son maître ? 5. Le major pouvait-il payer la somme fixée ? 6. Sur quoi se couchaient-ils ? Avez-vous vu un coussin de selle de Cosaque ?

I. When they reached the village they suffered ail kinds of ill treatment. 2. The interpréter fumished him with paper. 3. Did they deprive him of food ? 4. They spared themselves the expense.

5. Was the mother of the little child worse than the old man?

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