CE QU'ILS DEVIENNENT
Les uns n'ont pas l'intelligence, l'imagination qu'il faudrait, pour sorlir des bas-fonds dans lesquels, depuis leur venue au monde, ils n'ont ces de se traîner. Ils sont faibles d'esprit. Les autr sont physiquement malades. Nés de mauvais p:
rents, soufit-ant depuis l'enfance, épilepliques, ali nés par accès, incurables, ils ne sortent de la pi son d'abord, puis de la colonie, que pour entrer l'hospice. Ils vont ainsi, de Mazas ou de Sainte-P lagte à Bicêtre, et de Bicêtre à Mazas ou à Saint Pélagie, embarrassant les juges parce qu'ils n'o qu'une responsabilité limitée, réellement malade c'est-à-dire objet d'indulgence et de pitié quai ;^vient la crise, et réellement coupables dans l'i lervalle de leurs attaques et de leurs accès.
Ainsi le mineur détenu risque, après ave
reçu l'éducation correctionnelle, d'être plutôt i
vagabond, un délinquant ordinaire, qu'un bomr
dangereux et un malfaiteur. Arriver à cette co
clusion, c'est faire en deuK lignes la plus juste c
tique de la loi de 1850. Ce qu'ils ont reçu dans
; colonie, c'est moins une réelle instructioa qu'i
sévère avertissement. Ils n'ont pas eu ce choix enl
des métiers divers, entre des métiers permettant <
[ effet à l'ouvrier de vivre partout, dans les vill
aussi bien qu'au village, que la maison de réforr
ou l'école industrielle pourraient donner.
Un exemple, pour conclure.
^' 62 DÉTENTION PRÉVENTIVE — I. petite-eoqubttb
Un garçon de treize à quatorze ans fut conduit en
■' 1875, dans une colonie privée. Il ne pouvait s' habi-
'.' tuer aux travaux de la campagne. Il fut domestique
• jusqu'à sa libération et se Mta do revenir à Paris.
n fallait vivre.
Villon, le poète enclin à la rapine, qui faisait des vers dans la prison où la Muse le visitait à loisir, a laissé une nombreuse postérité. Comment faire pour trouver à vivre en écrivant quand on a dû sortir de Fécole primaire avant même d*être en état d'obtenir le certificat d'études, et quand on n'a, ni moralité tout à fait sérieuse ni notions élémentaires de Tart, ni professeur, ni orthographe ? Notre libéré, qui croit à sa vocation, qui a décidé qu'il serait poète et auteur dramatique, ne voudrait à aucun prix être, en attendant, domestique, balayeur ou journalier. |
Il consent bien à travailler, mais il lui faut les cou- i lisses, un théâtre, le théâtre de la foire, à la rigueur. Précisément, on a besoin d'un phénoràène, dans une entreprise de spectacles populaires. U se 1 présente, il est accepté. Bientôt même, il obtient quelques bouts de rôles dans les comédies.
Lorsqu'il ne peut pas jouer, dans l'intervalle de ses petits engagements, comment faire ? C'est aîorsj qu'il retombe dans son ancien défaut. Il commet! quelque escroquerie, quelque vol de peu d'importance qui le fait condamner à des peines ne dépassant