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de réglîse. On ouvre les portes ; et, do toutes parts, les prisoimiers, soit séparés dans leurs galeries, soit réunis dans la chapelle, afjerçoivent le prAtre et l'autel.

L'autre disposition nouvelle, empruntée aux prisons d'Amérique, permet de construire un oratoire protestant, mais un oratoire qu'on pourrait appeler aussi cellulaire. Il est, de même, au rond-point, au premier étage, pris dans l'intervalle qui sépare deux divisions, et il n'est pas apparent comme l'autel catholique. Les détenus doivent y être conduits l'un après l'autre. Là chacun s'enferme dans l'une des étroites cellules qui vont, en demicercle, ouvertes par devant, d'un côté à l'autre de la salle. La chaire est au centre de cette demi-circontérence, dans l'angle du mur. Chaque détenu voit le pasteur et ne peut être aperçu de ses codétenus, dans les cellules voisines.

C'est par la chapelle que s'établit la communication enti*e le quartier cellulaire et le quartier commun. Un couloir étroit de chaque côté de l'église, sert aux communications journalières. On voit au bout, les bains, le vestiaire, et quelques marches condui:^ent, à la hauteur d'un premier étage, aux vastes cours, aux ateliers du quartier commun.

Les cours, les ateliers de papiers peints, menuiserie, boites en carton, boutons, plumeaux, s'y trouvent comme ailleurs, comme à Sainte-Pélagie, plus

neufs et mieux entretenus, voilà tout. Mais il y a ici une application du système d'emprisonnement dit auburriien, travail en silence, lejour, dans les ateliers, et isolement la nuit, dans des cellules.

Sur ce dernier point, « isolement la nuit », on s'écarte de la pratique de Sainte-Pélagie. Il n'y a plus de dortoirs. On remarque avec plaisir cette différence essentielle. Il est certain que la population de la prison commune à la Santé est meilleure, dans son ensem:>le, que celle de Sainte-Pélagie, bien qu'il s'agisse également d'hommes plusieurs fois condamnés.

En tout, la Santé est une prison qui peut servir de modèle.

Le défaut le plus apparent qu'on puisse observer, est dans le plan et la construction. Les cuisines s'ouvrent sur les pren;iières cours, non loin de . la porte d'entrée principale. C'est trop loin de l'autre extrémité de la maison. Avant d'être distribuée à tous les détenus, aux séparés dans leurs cellules, et aux autres, dans les divisions communes, la soupe sera peut-être tiède ou froide, en hiver.

Le travail manque assez rarement. Les prisonniers reçoivent la moitié du prix de leur journée. Mais non pas tout de suite. Un quart leur est remis . dans la cellule ou à l'ateUer, et un quart est mis à la masse qu'ils recevront à leur libération. Ils peuvent gagner ainsi jusqu'à un franc par jour. Mais quand

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le travail manque, ils doivent se reposer, attendre dans les cours. C'est encore un malheur, c'es^à-dire, un défaut.

Cependant — ces observations faites -^ il est certain qu'on est bien ici dans la prison moderne, dans cette prison propre, cirée, remplie d'air.

Installer le dégoût et l'infection à demeure et par système dans la prison, comme on Ta fait longtemps, c'est rendre le relèvement trop difficile et c'est trop aggraver la peine. Un emprisonnement même très dur, très pénible à subir n'exige pas l'emploi de tels moyens.

Ce qu'on trouve à la Santé, c'est presque la recherche et le luxe. Plusieurs fois par semaine l'escouade des auxiliaires parcourt en tous sens l'établissement. On met de l'huile aux serrures. On &it reluire les boutons de porte. Le détenu lui-même frotte avec un cul-de-bouteille le parquet de sa cellule.

Qu'elles soient vieilles ou nouvelles toutes les prisons sont chauffées en hiver. Hais c'est surtout l'éclairage qu'il est impossible de ne point remarquer ici. Ce n'est plus, comme à Mazas, un simple bec de gaz, sans verre, répandant son odeur dans la cellule et l'éclairant de sa flamme blanche, de sa lumière vive et crue. On a placé le gaz, près de la porte de chaque cellule, au milieu d'une petite fenêtre creusée dans le mur, et s'ouvrant d'un côté dans la cellule, de l'autre sur la galerie. A chaque

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