LA SANTÉ
LA NOUVELLE PRISON. — DO PROGRES MORAL DANS LA CELLULE. — LA VIE EN CELLULE. — COMPARAISON DU SYSTÈME CELLU- LAIRE ET DU RÉGIME EN COMMUN. — L'INPIRMERIE CENTRALE.
Comparée aux vieilles prisons, la Santé est un palais ; comparée à la prison moderne, à Mazas par exemple, elle est mieux construite, étant plus récente.
La grande porte, rue de la Santé, s'ouvre sur une cour, comme celle de Mazas. La même distribution a été adoptée : au rez-de-chaussée le greffe ; au pre-
LA NOUVELLE PRWON ^' 243
mier étage, la direction ; derrière, le quartier cellulaire d'abord, et puis le quartier commun.
Tout est pareil, ce dernier quartier excepté ; mais, à la Santé, tout est peut-être mieux fait.
La cour est tranquille, moins souvent traversée par les voitures cellulaires accompagnées de gardes municipaux à cheval, plus raremeot visitée par les agents, par des hommes vêtus de noir ayant un portefeuille sous le bras, par des parents au visage attristé, par des femmes en deuil, comme à la suite d'un malheur récent.
Les avenues, jusqu'au rond-point, sont larges, i Vous ne vous sentez pas ici envahi, à peine entré, par une iiTésistible mélancolie. L'escalier qui va de ce rez-de-chaussée aux sous*-sols où sont les parloirs du quartier commun, est large et bien éclairé.
Au rond-point, deux choses sont nouvelles. La roue d'abord S n'a que quatre rayons correspondant aux quatre divisions du quartier cellulaire, au lieu de six, comme à Mazas. L'espace qui aurait pu être occupé par les deux autres a été utilisé pour l'église. On entr'ouvre les cellules à l'heure du culte à tous les étages des quatre divisions, et les détenus de ce quartier regardent par la porte entrebaillée. Les autres quittent ensemble, au moment de la messe, le quartier commun, et viennent s'asseoir sur les bancs