Mabel Waughan, de misâ Cummings
les misères et les infirmités les plus affreuses; mais (( quand ses ressources sont épuisées, elle va frapper à toutes les portes, et rarement elle est refusée, parce que tout le monde sait avec quel discernement elle fait usage des aumônes qu'elle sollicite. » Ainsi mademoiselle Le jeune ne fait pas seulement l'aumône, elle la produit chez les autres i. Ailleurs, à Etampes, une ouvrière, mademoiselle Barillet, s'est faite la sœur de charité des malades les plus souffrants et les plus pauvres. Quand vient le choléra, sa charité se multiplie avec le malheur; elle soigne les malades abandonnés, elle assiste les mourants, elle ensevelit les morts. « Ne pouvant rien donner que son temps et ses veilles, mademoiselle Barillet va aussi, comme mademoiselle Lejeune, réclamer des secours, des lits, des vêtements pour les malheureux, et sa demande est toujours bien accueillie. » J'aurais bien d'autres belles actions à raconter de mesdemoiselles Lejeune et Barillet 2; mais j'insiste surtout sur cet apostolat de l'aumône qu'elles exercent avec tant d'ascendant. Un de nos confrères del'Académie desinscriptions et belles-lettres disait récemment « qu'une belle pensée, un noble sentiment, un acte de vertu, font bien mieux de l'homme le roi de la création que la faculté de faire parvenir instantanément au bout de l'univers ses commandes et ses désirs^. » Nos récits justifient à chaque instant cette pensée. Voici encore, par exemple, mademoiselle YiAN, à Aix, qui est aussi pauvre que mademoiselle Lejeune, de Bonnétable, et mademoiselle Barillet, d'Etampes, et qui fait autant de bien qu'elles, allant comme elles de porte en porte pour obtenir des secours
1. A mademoiselle Lejeune, de Dannelable (Sarlhe), une médaille do oOO fr.