‹ Les prix: du commencement du XIIIe siècle a la fin du XIIIeChapitre 30 sur 36 · XIV® SIÈCLE · texte numérisé non relu

XIV® SIÈCLE

1304. — Grande disette. Edit de février, 1304 : « On enverra par toutes les villes et par les villages de la vicomte de Paris, et Ton saura partout combien il y aura de grains, froment, méteil, seigle, orge et avoine, et toute autre manière de grains, et combien en chacune ville et es territoires et combien il en faudra pour leur vivre jusques aux nouveaux, et pour semer; et fce qui sera par dessus, on fera porter au marché dedans cette virfîomté, non pas tout ensemble, mais petit à petit... »

Ordonnance de maximum. Défense de vendre le setier de meilleur froment, mesure de Paris, plus de 40 sous parisis, défense de faire des approvisionnements sous peine de confiscation. Le roi rapporta bientôt cette ordonnance. « Nous, pour que le plus hâtivement il puisse être secouru à la nécessité de notre peuple, nous avons rappelé et rappelons les prix que nous avions mis ès-dits grains, et avons ordonné et estably que quiconque de notre royaume aura du grain susdit, il puisse le vendre au marché et le donner pour tel prix comme il en pourra avoir. »

1306. — a Parisius et circa caristia tanta fuit quod frumenti sextariumcentum solidos, et tandem sex libras monetaî currentis Parisius vendebatur. » {Cent, chron. (iIrard de Fracheto.)

1310. — Disette par suite de pluies qui avaient empêché les semailles de 1309. (Ce renseignement ne concorde pas avec la courbe du vicomte d'Avenel.) « Fuerunt pluvia^ multa> et inundationes magnœ... et secuta

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est magna sterilitas bladi et vini; tantâque fuit in ipso anno subsecuta Tictualium caristia... ac fere in toto regno Francise et multis aliis regionibus, ita quod carto frumenti vendebatur Tholosœ Xlin libris turonensibus. » (Bernard. Guidon. Chron,)

1315. — « Celle année commencèrent grans pluyes en France et fu faulte de sel et de biens en terre, et si grant famine et mortalité de gens, que ce fut grant merveille qui dura deux ans. » {Chronique anonyme finissant en 1328, D. BouQ., t. XXI.)

« Si fut grant famine et grant fain. Et. chierté de vin et de pain. » {Chronique rimée attribuée à Geoffroy de Paris.)

Le setier qui avait valu 10 sous à Paris en i344, en valait 50 en 1315. — Froids et pluies qui empêchent la récolte; l'exportation des grains est interdite en Normandie. (Delisle, p. 639.) Rude famine qui pesa deux ans et demi sur la France.

1330-1334. — Cherté de grains. (Delisle, p. 640.)

1344. — Le prix du blé monte à 50 sous et au delà en juillet dans rile- de-France ; mais après la moisson il tombe à 10 sous, puis à 6 sous.

1349. — A la suite de la peste noire, les terres étant restées incultes, la famine sévit. A ce propos il y eut sédition et de violents excès à Provins.

135 1-. — « En cettui an 1351 fut la plus très grande cherté de tous biens qu'homme qui les vecquit eut oncques veu au royaume de France par especial de grains ; car un setier de froment valoit par aucun tems en ladite année, 8 livres. » (Ms. des Chroniques de France,)

1360. ^— Le setier de blé valut un mouton d'or qui couroit pour 25 sous. « En l'an mil III LX, le roy d'Angleterre, le, prince de Galles et le duc de Lancastre Chevauchèrent jusques devant Paris. Et adonc fut la grande famine. » (Siméon Luce, Chroniques du Mont Saint-Michel.)

1390. — Grande cherté du blé en Normandie. (Delisle, p. 640.)

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