XV"' SIÈCLE
1410. — « Pilloient, roboient, tuoient... especialement ceulx au comte d'Armignac..., dont si grant charte s'ensuivy de pain à Paris que plus d'un moys le sextier de bonne farine valoit LIIII francs (ou LX). »
Journal d^un bourgeois de Paris, publié par Al. Tuetey, 1881. (Ce renseignement ne concorde pas exactement avec la courbe de M. d'Avenel.)
Le froid et la famine forcèrent les Armagnacs à quitter la cam^ pagne de Paris. Cinq semaines après leur retraite, on avait de très bon blé pour 18 ou 20 sous le setier.
« En celuy an, fut la grant cherté. » (Siméon Luce, Chroniques du Mont Saint-MicheL)
1414-1415. — Grandes pluies ; cherté de vivres à Paris à cause des récoltes et à, cause des guerres pendant plusieurs années. (Ce renseignement ne concorde pas exactement avec la courbe du vicomte d'Avenel.)
1418. — 15 mars. — Le blé fut si cher que le setier valut 8 livres, Défense fut faite de le vendre plus de 72 sous; les boulangers entendant cela, cessèrent de cuire.
Septembre. — « En moins de cinq sepmaines trespassa en ville de Paris plus de 50,000 personnes... » La douzaine de pains coûta 6 sous parisis; elle coûtait auparavant 2 sous H deniers tournois.
1419. — « Ils s'en allèrent pillant, tuant, robant... )>{Journald*un bourgeois de Paris,)
Disette extraordinaire. Le setier de blé à Lagny monte à 12 francs d'or ; le peuple mange du pain de noix.-
16 avril. — Un bœuf, qui valait auparavant 10 francs, vaut 50 francs.
Août. — « Les soldats courans firent tout enchérir. » Le blé qui valait 50 sous t., fut vendu 6 à 7 francs.
1420. — « Très grant povreté de pain, car un pain que on avoit au temps devant pour iiii deniers parisis coustoit xl deniers parisis. »
Novembre. — Ordre du parlement aux boulangers.
Décembre. — Le setier de froment à la Halle de Paris vaut XXX francs, la farine xxxn francs. Pas de pain à moins de xxmi deniers et le plus pesant ne pesoit que 20 onces. 1420-1421. — Hiver très froid, un des plus rigoureux qu'on ait vus. Beaucoup d'Anglais assiégeant Meaux meurent de froid.: Beaucoup de loups.
1421. — « Par quoy si grant charte s'ensuivique àPâsques ung bœuf coustoit 2 francs ou plus... et tout jour et toute nuyt avoit parmy Paris, pour la cherté devant dicte, les longs plains, lamentacions, douleurs, criz piteables... ils mengeoient trougnons de choux sans pain ne sans cuire, les herbe tes des champs sans pain et sans seL »
« Car partout où on alluit, on trouvoit des mors aux champs