‹ Les Problèmes d'Aristote; (volume 2)Chapitre 23 sur 82 · TT · texte numérisé non relu

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le corps, ou un excès, où un défaut, et que c’est là précisément ce qui constitue la maladie ?

Pourquoi les médecins guérissent-ils souvent leurs malades en leur imposant un énorme excès, qui les fait sortir de leur régime habituel ? N'est-ce même pas là pour quelques médecins le seul art qu'ils sachent pratiquer ? Toute leur cure consiste à ordonner un excès de vin, ou un excès d’eau, de salaison, d’alimentation, ou de jeûne.

N'est-ce pas parce que les contraires, qui déter-

vation. — Un excès ou un dé- donnée dans ce premier para-

faut. Quelques commentateurs ont pu croire que cette définition de la maladie était empruntée à Hippocrate; il n'en est rien ; et nulle part le père de la médecine n'a donné une définition précise de la maladie, entendue dans son sens général.

Dans le Traité des Vents (Littré, tome VI, p. 97), la cause de toutes les maladies est attribuée à l'air, selon qu'il entre dans le corps, soit en excès, soil en défaut, selon qu'il est en quantité excessive, ou souillé de miasmes morbifiques. Dans le Traité des Maladies, (ibid., p. 143), toutes les maladies proviennent, à l'intérieur, de la bile et de la pituile; et pour le dehors, des fatigues, des blessures, de la chaleur, du froid, du sec et de l'humide en quantité démesurée.

Ainsi la définition de la maladie

graphe ne vient pas de l'école Hippocratique. D'ailleurs, le Traité des Vents et le Traité des Maladies ne sont pas d'Hippocrate lui-même. Voir aussi le Traité des affections (ibid., p. 209).

ὃ. 2. En leur imposant un énorme excès. Ceci rappelle la règle d'hygiène qu'on attribue à Hippocrate et qui prescrit un excès par mois; mais on ne trouve rien de pareil dans les œuvres d'Hippocrate. — Pour quelques médecins le seul art qu'ils pratiquent. 11 ÿ a dans le texte cette nuance d'ironie, que ma traduction accentue peut-être un peu davantage. — J'oute leur cure. Les vrais élèves de l’école Hippocratique devaient être, dès le temps d'Aristote, des médeeins fort sérieux ; mais il devait y avoir aussi bien des charla-

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minent la maladie, se ramènent l’un l’autre réciproquement à un état moyen ?

Pourquoi les changements des saisons et des vents exaspèrent-ils la maladie, ou lapaisent-ils, de même qu'ils en déterminent le caractère et qu'ils en sont les causes ?

- N'est-ce pas parce que ces variations sont des changements de chaleur et de froid, d'humidité et de sécheresse ? Or les maladies ne sont que des excès de ces influences diverses, tandis que la santé résulte de leur équilibre. Si la maladie vient d'humidité et de refroidissement, c’est la saison contraire qui la guérit. Mais quand ce n’est pas la saison contraire qui survient, la température pareille se joignant à la maladie, les souffrances du malade deviennent plus intenses et l’'emportent. C'est là aussi ce qui fait que ces changements altèrent la santé des gens bien por-

tans. — À un état moyen qui constitue la santé et auquel les contraires, en se combattant, peuvent ramener le malade.

Mais il est peu probable qu'en général l'excès puisse guérir.

ὃ 3. Les changements des saisons et des vents. Tous les commentateurs ont remarqué que cette question semble avoir été inspirée par le fameux traité d'Hippocrate : « Des airs, des eaux et des lieux, » où l'influence des saisons est également étudiée. L'admirable traité

d'Hippocrate est surtout destiné à éclairer le médecin; et dans le Problème d’'Aristote, la discussion est purement scientifique.

— Ils en déterminent le caractère. Le texte dit précisément :

« Ils jugent la maladie. » Juger peut signifier à la fois, dans la doctrine Hippocratique, terminer et guérir le mal, ou bien en fixer la nature véritable. J'ai préféré cette dernière nuance, qui me semble mieux d'accord avec le reste du contexte. — Que des excès de ces influences

n LES PROBLÈMES

tants, parce qu'ils altèrent les tempéraments individuels; mais, en même temps, le tempérament se fortifie par les saisons convenables, comme il se fortifie avec l’âge et par l’influence des lieux. Aussi est-ce surtout pendant ces changements qu'il faut redoubler de soins pour bien conduire son régime. Ce qu'on vient de dire d’une manière générale de l’action des saisons se vérifie également pour chacune des autres influences en particulier. La variation des vents, des âges, et des lieux, n’est au fond qu'une variation de saison, dans un sens ou dans l’autre. Aussi, cette variation accroit-elle ou guérit-elle le mal, le juget-elle ou le cause-t-elle, absolument comme le font les saisons et les levers des différents astres, Orion, Arcture, Pléiades, Chien, qui agissent à la manière des vents, des eaux, des beaux temps, des mauvais temps et des chaleurs.

diverses. Voir plus haut ὃ 1. — elle. Voir la remarque faite un Avec l’âge et par l'influence des peu plus haut sur cette expres-

lieux. Hippocrate n’a pas insisté sur les changements que l’âge produit dans le corps humain ; etici Aristote ne fait non plus qu'indiquer d'un mot l’action des années ; elle est considérable ; et il la signale encore quelques lignes plus bas non moins brièvement. — L'action des saisons. Dans la pensée de l’auteur, cette action des saisons paraît la plus puissante de toutes. Ce n’est peut-être pas très exact. Le régime et le tempérament individuel sont plus importants. — Une variation de saison. C’est exagéré. — Le juge-t-

sion de Juger. — Les levers des différents astres. Les astres ne paraissent pas avoir la moindre influence. La cause qui agit réellement, c'est la saison dans laquelle les astres se montrent, selon les diverses latitudes. — Orion, Arcture, Pléiades. Sous le climat de la Grèce, le coucher de ces astres avait lieu en novembre, vers le commencement de l'hiver ;: les levers devaient avoir lieu beaucoup plus tôt. — Chien. C'est la canicule, qui agit surtout en juillet et août.

— Qui agissent à la manière des vents... C'est inexact.

RL D dd dns —

Pourquoi faut-il éviter l'emploi des vomitifs pendant les changements de saisons ?

N'est-ce pas afin d'éviter un redoublement de trouble, parce que les excrétions du corps changent aussi quand un de ces changements de saison vient à se produire ?

| De

Pourquoi les gens appälis par une mauvaise nourrilure et ceux qui souffrent de la faim, ont-ils les pieds enflés ?

N'est-ce pas chez les uns et les autres une même défaillance ? Les uns défaillent par le besoin de la faim qui les tourmente, et parce qu'ils ne prennent

absolument aucun aliment; les autres qui sont appàlis défaillent, parce qu'ils ne profitent pas du tout de

la nourriture qu’ils prennent.

8 4. Pourquoi faut-il éviter

les vomitifs ? Quelques commentateurs ont voulu supprimer la négation qui est dans le texte ; elle me semble indispensable ; et avec elle, le sens est très clair. Il ne faut pas par le vomitif accroître le trouble que cause déjà la saison. C’est ce que prouve nettement la réponse à la question ici posée.

$ 5. Appälis par une mauvaise nourrilure. Le mot grec n'a pas un sens très précis; j'ai dû l'interpréter, en m'appuyant sur le

contexte. — Ont-ils les pieds enflés. Le fait n’est peut-être pas aussi certain que l’auteur paraît le croire. Hippocrate a très peu parlé de l’enflure des pieds, et il l’attribue à de tout autres causes. Voir Littré, Hippocrate, tom. V, 373 et suiv. ; Septième livre des Epidémies. — Une méme défaillance. Ou affaissement, abattement. Le sens du mot grec n’est pas très précis.

— Ne profitent pas du tout de la nourriture. Ce qui nécessairement les affaiblit et les pâlit.

Pourquoi, tandis que les maladies qui viennent de la bile se produisent surtout en été, saison où la fièvre est le plus répandue, les maladies aiguës qui viennent aussi de la bile, sont-elles plus fréquentes en hiver ?

N'est-ce pas parce que les maladies accompagnées de la fièvre sont aiguës à cause de leur violence, et que tout ce qui est violent est contre nature ? Certaines parties du corps devenant humides, il se produit une inflammation chaude; et cette inflammation, qui est un excès de chaleur, amène les fièvres. Aussi, dans l'été, les maladies sont sèches et chaudes, tandis qu'en hiver elles sont humides et chaudes, C’est là ce qui les rend aiguës. Alors, elles enlèvent le malade très vite, parce que la coction ne peut se faire, à cause de l'abondance des excrétions.

Pourquoi la peste est-elle la seule maladie qui at-

S 6. Les maladies qui viennent de la bile. 1] n’est pas facile de voir quelles sont les maladies que l’auteur entend désigner ; mais il est clair qu'outre les maladies causées par la bile, il distingue celles qui sont aiguës et celles qui ne le sont pas.

Selon lui, les maladies aiguës de la bile se produiraient surtout en hiver. — Sont aiguës à cause de leur violence. C'est presque une tautologie. — Devenant humides. Il faut sous-entendre :

« Pendant l'hiver », pour qu'il n’y ait pas de contradiction avec ce qui suit. — Sont sèches et chaudes. Le fait n’est pas prouvé. — Humides et chaudes. — Ce second fait n'est pas prouvé davantage. — Ce qui les rend aiguës. I] ne semble pas que ce soit là la cause de l'acuité du mal. Les influences du dedans y contribuent plus que celles du dehors. — La coction. C'est peut-être aussi l'absorption.

ἃ 7. La peste est-elle la seule.

en es CU à

teigne plus particulièrement les gens qui touchent les

malades qu'ils soignent ?

N'est-ce pas parce que c'est la seule maladie qui s'attaque à tout le monde sans exception, de telle sorte que ceux qui antérieurement sont déja mal disposés la contractent sur-le-champ ? Le surcroît de chaleur fébrile qu'apporte le contact des pestiférés fait que la contagion est rapide.

Pourquoi, après que les vents du nord ont régné

Le sens est assez équivoque, et les commentateurs l'ont discuté en diverses facons. Aristote ne dit pas que la peste soit la seule maladie contagieuse ; ce qui ne serait pas exact ; mais il dit que, parmi les épidémies contagieuses, c'est la peste qui plus que toute autre se communique par le contact. Ainsi interprétée, sa pensée peut être juste. Il est probable que, sous le nom de Peste, l'auteur confond beaucoup d’affections, quisont aujourd'hui très nettement distinguées les unes des autres. — La seule maladie qui s'attaque à tout le monde. Cette assertion inexacte peut nous étonner après les grands travaux de l'école Hippocratique sur les Epidémies ; voir Littré, tomes IV et V. — Ceux qui antérieurement sont déjà mal disposés. 1] paraît bien que ceci est exact ; etil est évident qu'on est d'autant plus susceptible de prendre le mal

qu'on est d'une santé moins forte. — Le surcroît de chaleur fébrile... 1 y a bien d'autres effets résultant de la peste; et dans les théories nouvelles, ce seraient des animalcules qui la transmettraient.

8 8. Après que les vents du nord. Septali remarque, dans son commentaire sur les Problèmes d’Aristote, que cette même question a été étudiée par Hippocrate. On la trouve en effet dans les Aphorismes, 3e section, p. 490, et dans le Traité des Airs, des eaux et des lieux. Voir Littré, tome II, p.

42, et tome IV, pp. 490 et suiv.

Le texte de ce problème reproduit presque mot pour mot le texte d'Hippocrate. Les observations médicales et météorologiques qui sont consignées ici, se rapportent surtout au climat de la Grèce ; elles peuvent aussi être exactes pour le nôtre. La théorie physiologique est plus

en hiver, si le printemps a été pluvieux avec un vent du sud, l'été produit-il une foule de fièvres morbides et d’ophthalmies ?

N'est-ce pas parce que l'été surprend nos corps à un moment où ils sont pleins d’une humidité qui leur est étrangère, et parce que la terre et la localité qu'on habite deviennent humides, absolument comme les endroits qui sont réputés pour être toujours malsains ? Ce sont les ophthalmies qui paraissent les premières, parce que la sécrétion de la tête se dessèche ; les fièvres viennent ensuite. En effet, il faut bien se rappeler qu'une seule et même substance peut devenir ou très chaude, ou très froide; par exemple l’eau et la pierre, l’une qui bout, l’autre qui est encore plus brülante. L'air devient donc étouffant quand il s’'échauffe à cause de son épaisseur ; et par suite, les corps sont également étouffés et brülés par la chaleur. C’est cette chaleur excessive dans les corps qui est précisément la fièvre ; pour les yeux, c'est elle qui est l’ophthalmie. En général, si le changement est par trop fort, il détruit les corps. C'est, par exemple, ce qui arrive si, l’air étant encore humide, l’été survient tout à coup, avec sa chaleur et sa sécheresse habituelles. Le mal est encore plus redoutable quand l'été ἃ été pluvieux. Alors, le soleil trouve une matière qu'il fait bouillir dans les corps,

douteuse.— Ce sont les ophthal- due dessiccation de latête.— Une mies.. Les ophthalmies ont en seule οἱ méme substance. Cette général bien d'autres causes que observation est vraie ; mais on l'influence de l'air, et la préten- ne voit pas trop ce qu'elle vient

dans la terre et dans l'air. Telle est la cause des fièvres et des ophthalmies.

Pourquoi, lorsque l'hiver a eu des vents du sud et de la pluie, et que le printemps ἃ été sec et a eu des vents du nord, le printemps et l'été produisent-ils beaucoup de maladies ?

- N'est-ce pas parce que, en hiver, par suite de la moiteur et de l'humidité, les corps se mettent tout à fait en harmonie avec la saison ? Nécessairement ils deviennent humides et perdent leur consistance. Le printemps froid, qui les surprend en cet état, les consèle et les durcit par sa sécheresse. Aussi les femmes enceintes qui doivent accoucher au printemps, courent-elles grand risque d’avorter par suite de l’inflammation et de la gangrène produites par le froid sec, qui empêche l'humidité de se sécréter. Les enfants qui naissent dans ces conditions sont faibles et in-

faire ici. — Telle est la cause d’ailleurs égalementempruntées

des fièvres et des ophthalmies.

L'auteur semble satisfait de cette explication ; elle pouvait suffire au début de la science, dans l'Antiquité ; mais la physiologie et la pathologie de nos jours ne sauraient l'accepter.

8. 9. Lorsque l'hiver a eu des vents du sud... On peut faire sur ce problème les mêmes observations à peu près que sur le précédent. Ces nouvelles théories ne valent pas mieux ; mais elles sont excusables par les mêmes raisons. Elles sont

à Hippocrate ; voir Littré, Hippocrate, tome II, p. 44. — Les femmes enceintes. Hippocrate signale les accidents particuliers aux femmes enceintes ; et il ajoute aussi quelques considérations sur les enfants qui naissent dans ces circonstances.

— Et la gangrène. Le sens du mot grec est incertain ; et cette traduction n'est peut-être pas très exacte. — Les enfants qui naissent. Les détails sur les enfants sont ici beaucoup plus développés que dans le Traite

firmes, à cause de ce froid excessif; car, s’il y a des enfants qui, naissant à ce moment, ont pu être bien constitués et nourris dans le sein de leur mère, d’autres ne réussissent pas aussi bien, parce que, au printemps, le phlegme ne se purge pas, à cause de son abondance, aussi régulièrement que quand il fait chaud. Il est arrêté par le froid, qui le coagule. Quand l'été arrive avec la chaleur qui force toutes choses à produire, les enfants qui sont bilieux et secs, parce que leurs corps ne sont pas humectés et que leur nature est épuisée, contractent des fraîcheurs, du reste assez légères, et sont pris d’ophthalmies sèches. Ceux qui sont phlegmatiques ont des bronchites et des catarrhes de poumon. Quant aux femmes, elles sont sujettes à des maux d’entrailles, à cause de l'humidité et de la froideur de leur nature. Les personnes plus vieilles ont des apoplexies, lorsque l’humidité dissoute les accable de sa masse et qu'elle se condense, parce que leur chaleur naturelle est trop faible pour résister.

Pourquoi, si l'été a été sec avec un vent du nord, et que l’automne ait été au contraire pluvieux avec un vent du sud, y a-t-il en hiver des maux de tête, des bronchites, des toux, qui finissent par la consomp-

ion ?

des airs, des eaux et des lieux; pothèse ; ibid p. 48. Seulement,

loc. cit. p. 44. il n'entre pas dans autant de δ 10. δὲ l’élé a été sec. Hippo- détails que notre auteur ; mais

crate étudie également cette hy- 1] admet aussi que cette consti-

N'est-ce pas parce que l'hiver reçoit trop de matériaux, et qu'il a grand’peine à condenser l'humidité et à en faire du phlegme ? Lorsque l'humidité arrive à la tête, elle y produit des pesanteurs ; et si elle est abondante et froide, elle y produit des caries. Mais si elle est trop abondante pour se condenser, elle s’écoule dans le lieu qui vient après la tête ; et alors elle cause des toux, des bronchites et des amaigrissements.

Pourquoi, lorsque, dans l'été, le vent du nord a régné et qu'il a desséché tout, l'automne est-il pourtant une bonne saison pour les pituiteux et pour les femmes ?

N'est-ce pas parce que, chez les uns et les autres, leur nature est dans l’un ou l’autre sens, et que la saison, les ramenant à un état contraire, les remet en un juste équilibre ? Ils guérissent presque aussitôt, à moins qu'ils ne commettent eux-mêmes quelque faute de régime ; et ils ne souffrent pas de l'humidité en hiver, parce qu'ils ont de la chaleur intérieure qui résiste contre le froid.

tution atmosphérique provoque des céphalalgies, des enrouements, des coryzas, etc. Il n’est pas nécessaire d'insister sur l'insuffisance de toutes les explications physiologiques qui sont données ici. — Des caries... Ou la gangrène. — Dans le lieu qui vient après la téle. Sans doute,

la gorge et le larynx avec les bronches.

δ 11. Pour les pituiteux et pour les femmes. Dans Hippocrate, on trouve encore toutes ces théories, exposées plus concisément. Il est évident que l'auteur des Problèmes s'en est inspiré.

Pourquoi les bilieux souffrent-ils du vent du nord et de la sécheresse de l'été et de l’automne ἢ

N'est-ce pas parce que leur corps et la saison présentent la même tendance, et que c’est alors comme du feu mis sur du feu ? En effet, les corps se desséchant et s’échauffant outre mesure, parce que la plus douce partie de l'humeur a été rejetée, il faut nécessairement que l’amaigrissement amène des ophthalmies sèches, et que l’état bilieux laisse stagner les humeurs. Elles aussi s’échauffent outre mesure; et il en résulte des fièvres aiguës, comme en cause toujours la bile quand elle est sans mélange. Parfois même la folie se déclare quand le malade a naturellement de la bile noire ; car alors elle vient à la surface et y surnage, dès que les humeurs contraires ont été désséchées.

Pourquoi dit-on que changer d'eau peut rendre

δ 12. Les bilieux. Ici l’auteur rate; mais cette observation développe de nouveau les con- était fausse, comme le remarque sidérations d’Hippocrate surles Littré dans son Dictionnaire de

effets que les tempéraments bilieux éprouvent du changement des saisons. Hippocrale n'en dit qu'un seul mot. — De la bile notre. La bile n’est pas noire; elle est jaunâtre; mais toute l'Antiquité a cru à la bile noire ou mélancolie. Le siège de cette bile était, croyait-on, dans la

la langue francaise, article Bile.

δ. 13. Changer d'eau. L'auteur semble toujours suivre Hippocrate, qui, après avoir parlé de l'air, parle de l’eau ; voir Littré, Hippocrate, tome II, p. 26 et suiv. Hippocrate d'ailleurs traite de l'influence générale de l’eau sur la santé, et ne s'occupe pas

DA mo 9 Le OT ΘΝ

malade, tandis que le changement d'air ne produit pas le même effet ?

N'est-ce pas parce que l’eau est de la nourriture et que nous devons en avoir et nous en nourrir, tandis que l'air n’est rien de pareil ? Puis, l'eau a de nombreuses espèces qui différent essentiellement, tandis que l'air n’en a pas. C’est là ce qui est cause de l'influence de l’eau et de l'air. Même quand on change de pays, on reste toujours à peu près dans le même air, tandis que ce sont des eaux tout autres qu'on boit. On ἃ donc bien raison de croire que le

changement d’eau peut rendre malade.

Pourquoi le changement de boisson cause-t-il plus de maladies que le changement de nourriture solide ?

N'est-ce pas parce que COUP plus d’eau ? Car il y

spécialement du changement de l’eau qu'on boit. — L'air n'en a pas. Ceci est inexact, et il semble qu'une observation même superficielle aurait dû prévenir cette erreur. Il est vrai qu'il n'est pas aussi facile de distinguer les diverses espèces d'air que celles de l’eau; mais l'air est plus ou moins salubre, avec une foule de nuances, selon qu'il est plus ou moins pur. — Dans le méme air. L'air de la montagne est beaucoup plus vif que celui de la plaine. Ilest très vrai du reste que le changement de l'eau qu’on boit peut rendre

nous consommons beaua aussi de l’eau dans nos

malade ; à cet égard, le doute n’est pas possible.

8 14. Le changement de boisson. La question est curieuse, et la solution qui en est donnée ici pourrait bien être exacte. Il est certain que l'usage de boissons spiritueuses peut amener de grands troubles dans la santé. L’'Antiquité ne connaissait pas toutes les boissons que nous consommons ; mais elle en avait quelques-unes qui étaient suffisamment excitantes, ne serait-ce que le vin. — l ya aussi de l’eau dans nos aliments. L'observation est juste ;

aliments et dans les mets que nous mangeons, bien que la plus grande partie se trouve dans ce que nous buvons.

Pourquoi le changement est-il un cas de maladie ?

N'est-ce pas parce que tout changement, soit de saison, soit d'âge, est fort instable ? Or ce qui est essentiellement mobile, ce sont les extrêmes ; et les extrêmes sont, ou l’origine, ou la fin des choses. Ilen résulte que les aliments étant autres se nuisent mutuellement ; les uns viennent d'être absorbés ; les autres ne le sont pas encore. Ajoutez que, si la nourriture trop variée est nuisible, parce que la coction est troublée et n’est plus une, de même quand on change d'eau, c’est une nourriture de breuvage variée que l’on prend; et cette espèce de nourriture est plus forte que les aliments secs, parce qu'elle est en quan-

et la chimie de notre temps l'a prouvé de toutes les manières, en analysant les aliments divers.

8 15. Est-il un cas de maladie ? C’est trop dire ; le changement peut souvent servir à la santé, de même quil peut être un cas de maladie. — Soit de saison, soit d'âge. Les changements de saison agissent plus brusquement que les changements d'âge; et ces derniers sont souvent insensibles ; mais il est vrai que l’âge agit à peu près comme les saisons, à considérer les choses d'une manière générale. Seulement, à un mo-

ment la de vie, l’âge, loin d’apporter de l'amélioration, dégrade successivement le corps, jusqu'a ce qu'il le détruise.

L'action des saisons est tout autre, puisqu'elles changent chaque année du froid au chaud et du chaud au froid. — /nstable… mobile. Le mot grec est le même dans les deux cas; j'ai cru devoir faire quelque modification de nuance dans ma traduction.

— Se nuisent mutuellement. 115 peuvent aussi s’aider mutuellement. — La coction, ou Digestion. — Quand on change d’eau.

Voir leS$ précédent.

πὸ plus grande, et que c’est des aliments eux-mêmes que vient une partie de l’eau qui nourrit.

Pourquoi le changement d’eau fait-il que ceux qui ont des poux en ont encore davantage 9

N'est-ce pas parce que la crudité de lhumide qui n'est pas recuit, amène de l'humidité, à cause du trouble qui vient de la diversité des eaux qu'on change souvent, et parce qu'elle l'amène surtout dans le lieu qui lui convient ? Or le cerveau est humide; et c'est pour cela que la tête l’est toujours plus que toute autre partie du corps. C’est l'humidité de cette région qui produit les poux ; et l’on peut s'assurer du fait en observant les enfants. Comme ils ont la tête fort humide, ils ont souvent des coryzas ou des saignements de nez; et c'est surtout dans l'enfance qu'on ἃ ordinairement des poux.

16. Ceux qui ont des poux. causes. — En observant les en- : Ρ

Ajoutez : À la tête, d'après ce qui suit. Je ne sais si cette observation est bien exacte, et si le changement d'eau suffit pour augmenter le nombre des parasites. — Le cerveau est humide. C'est là une doctrine qui a été généralement admise dans l'Antiquité, et Aristote l’a bien souvent exprimée dans tous ses ouvrages de zoologie. — L'humidité..…. qui produit les poux. Rien n'est moins prouvé ; et la phthiriasis a bien d'autres

fants. L'auteur a bien raison de recommander l'observation ; mais peut-être se trompe-t-il dans les conséquences qu'il en tire. — Des coryzas. Les grandes personnes n’y sont guère moins sujettes que les enfants.

— C'est surtout dans l'enfance.

La vraie cause, c'est peut-être que l'enfance ne sait pas se soigner elle-même, comme le peut l'âge mur. La malpropreté est pour beaucoup dans la production de ces parasites.

LG LES PROBLÈMES

Pourquoi est-ce surtout à partir du coucher des Pléiades jusqu'aux vents de Zéphyre que meurent les gens atteints de maladies chroniques, et les vieillards plutôt que les jeunes gens ?

N'est-ce pas parce que les deux influences les plus redoutables sont l’excès de la chaleur et l'excès du froid ? Vivre, c’est de la chaleur ; or la saison alors ἃ les deux conditions qu'il faut craindre. Elle est d'abord froide ; et l'hiver est dans toute sa rigueur ; le reste, c'est le printemps. Mais n'est-ce pas aussi que les malades qui souffrent depuis longtemps ressemblent tout à fait à des vieillards ? car une maladie prolongée est une sorte de vieillesse anticipée. De part et d'autre, le corps se dessèche et se refroidi, ici par l'effet des années, là par l'effet du mal. 1 1|ver et la gelée sont un froid et une sécheresse exces-

8 17. Du coucher des Pléiades.

Le texte est moins précis, et il dit simplement : ἃ partir des Pléiades. On peut entendre également, ou quil s’agit du lever, ou qu'il s'agit du coucher de cette constellation. Sous le ciel de la Grèce, le lever des Pléiades a lieu vers la fin de mai, et le coucher au début de novembre. Comme 1] est parlé quelques lignes plus bas d’une chaleur excessive, on ἃ pu croire qu'il est question du lever plutôt que du coucher. — Aux vents de Zéphyre, qui venaient au printemps, c'est-à-dire après l'hiver.

— Les gens atteints de maladies

chroniques, et qui sont affaiblis depuis longtemps. — Vivre c’est de la chaleur. On ne dirait pas mieux aujourd'hui ; mais l'observation n'en est pas moins exacte.

— Elle est d'abord froide. Ceci

semble indiquer qu'il s’agit du

coucher des Pléiades plutôt que de leur lever. — Ressemblent tout à fait à des vieillards. Ceci revient à dire que l'âge est une sorte de maladie ; ce qui n’est vrai que jusqu'à un certain point. — Une sécheresse. 11 y a des manuscrits qui disent au contraire : « Une humidité ». Les deux influences peuvent se produire dans l'hiver selon qu'il est

sive. Pour peu qu'il y ait tendance à changer encore quelque chose, l'hiver leur produit l'effet d'un feu sur du feu ; et les deux causes sont destructives.

Pourquoi dans les ulcérations, les plaies de tête guérissent-elles très vite, tandis que les plaies de jambes ne guérissent qu'avec beaucoup de peine ?

- N'est-ce pas parce que l'humidité est lourde, en tant qu’elle est terreuse. et que tout corps pesant

Ι ἢ Ι tend à descendre ? Tout ce qui va en haut est pur et léger, parce que le pesant s’est séparé pour aller en 4} Ι bas, et que ce qui esten bas est plein de superfluités, facilement corruptibles.

Pourquoi, quand le vent du nord a régné en hiver

plus ou moins rigoureux. Voir Littré, Hippocrate, tome Il, page 52, Traité des Airs, des eaux et des lieux, ὃ 11.

ὃ 18. Dans les ulcérations. Cette variante est préférable au texte ordinaire : « Dans les contrées marécageuses ». La différence ne tient qu'à une seule lettre ; mais le contexte prouve qu'il s’agit uniquement du corps humain, et non pas des contrées qui peuvent influer sur la santé des habitants. C'est cependant ce dernier sens que beaucoup de commentateurs ont accepté.

L'explication, donnée en réponse à la question, impose le

Ts

sens adopté dans ma traduction.

— En tant qu'elle est terreuse.

Cette singulière théorie est la suite de la doctrine des quatre éléments, admise par toute l'Antiquité ; elle a subsisté jusqu'aux temps modernes et vers le milieu du xvur siècle. C'est ia chimie qui la fait disparaitre complètement dans le siècle suivant.

819. Quand le vent du nord a régné en hiver. Voir plus haut les $ 8 à 12, où ont été traitées des questions analogues. Les explications données ici ne sont peut-être pas plus exactes que les précédentes ; mais les erreurs

et que le vent du sud a régné au printemps, avec un peu de pluie, l'été est-il trop sec ἢ Et pourquoi l’automne est-il redoutable à tout le monde, et particulièrement fatal aux enfants? Pourquoi le reste de la population est-il atteint alors de maux d’entrailles et de fièvres quartes chroniques ?

N'est-ce pas que la pluie d'été tombant en quanπὸ médiocre, l’humide qui bouillonne en nous est refroidi, et diminue d’autant l'humidité qui s’était accumulée durant le printemps ἢ Si cet effet n’a pas lieu, les enfants, qui sont naturellement chauds et humides, éprouvent une ardeur excessive, parce qu'ils n’ont pas été refroidis. Ceux des enfants qui n’ont pas été atteints durant l'été le sont d'autant plus vivement par la chaleur durant l'automne. Les sécrétions, 515 ne les absorbent pas sur-le-champ, se jettent sur le poumon et la trachée-artère. Les premières se portent et se tiennent en haut, parce que c’est l'air qui nous échauffe ; et c’est là aussi la cause des ophthalmies qui se manifestent avant la fièvre, dans un été rempli de maladies. Si donc les sécrétions ne sont pas aussitôt resorbées, comme je viens de le dire, les matières imparfaitement cuites tombent dans le

qu'elles peuvent contenir sont excusables au même titre. — Particulièrement fatal aux en-

nécessairement peu précises ;

et c'est là ce qui excuse l'insuffisance des théories, —

fants. Le cas spécial des enfants est traité aussi au 89, plus haut.

— L'humide qui bouillonne en nous. Ces expressions sont bien vagues. Mais, au début de la science, les observations sont

Eprouvent une ardeur excessive.

Ceci est très vrai de l'enfance ; la vitalité est extrême à cette période de la vie. — La cause des ophthalmies.Voir plus haut,

ventre et y causent les maux d’entrailles, parce que l'humide qui est en trop grande quantité n’est pas expurgé. Si l’on peut faire cesser cette affection, ce sont des fièvres quartes qui surviennent aux Convalescents ; car le dépôt des matières qui n’ont pas reçu de coction est ce qu'il y a de plus solide, et ce qui donne de la consistance au corps, commele fait la bile noire.

Pourquoi, si l’été a été assez pluvieux avec des vents du sud, et que l’automne le soit aussi, l'hiver provoque-t-il beaucoup de maladies ?

N'est-ce pas parce que l'hiver surprend les corps tout humides, et que le changement est d'autant plus grand que la chaleur a été plus forte, et que le froid n'est pas venu petit à petit, après un automne qui ἃ été aussi très chaud ?

Par suite, les corps n'étant pas séchés, les maladies aiguës sont inévitables. Disposés comme le sont les corps, les excrétions liquides s’amassent davantage en haut, parce que ces régions-là offrent plus d'espace, et que celles d'en bas sont toutes différentes. Les gens qui ont la chair épaisse ne recoivent pas beaucoup d’excrétions. Dans les parties hautes

820. δὲ l’été a ἐξέ α 5565 pluvieux avec des vents du sud. La même

exactes pour le climat de la Grèce ; elles ne le sont peut-être

hypothèse ἃ été examinée plus baut $ 8, pour le printemps au lieu de l'été. — L'hiver provoque-t-il beaucoup de maladies ?

Ces considérations peuvent être

pas autant pour d’autres climats. On peut supposer toujours qu’elles ont été inspirées par le traité d'Hippocrate sur les Airs, les eaux et les lieux.

du corps, la sécrétion qui s’y trouve se refroidit, et il survient des maladies, comme celles dont on vient de parler, et comme celles qui frappent les gens ivres quand ils ont froid. Au contraire, chez ceux qui ont la chair plus maigre, les fièvres qui se manifestent deviennent bientôt des fièvres ardentes, provenant de la trop grande quantité d’excrétions imparfaitement cuites. Cette disposition tient à ce que les liquides se répandent bien plus aisément, dans le corps entier, chez les gens ainsi constitués, que chez ceux qui ont la chair épaisse. Leur chair se resserrant par l’action de l'hiver, les liquides qui s’échauffent déterminent les fièvres. Quand la chaleur est excessive dans tout le corps, c’est la fièvre ; et quand cette chaleur s’accroit encore par suite de l’abondance d'humidité qui s'y trouve, elle devient une fièvre brülante.

Pourquoi, quand le soleil a fait lever de la terre une forte évaporation, l'été est-il pestilentiel ἢ

N'est-ce pas parce que nécessairement c’est là le signe d’un été pluvieux et humide, et que la terre doit être alors humide non moins nécessairement ? On

Voir Littré, Hippocrate, tome IT, pp. 43 et suiv. — Les gens ivres quand ils ont froid. En effet, le froid redouble l’action de l'ivresse. Les deux $ 19 et 20 auraient dû être placés après le $ 12. Il y aura peut-être eu quelque transposition.

8 21. À fait lever de la terre une forte évaporation. L'époque du phénomène n’est pas indiquée ; il semble que cette époque est le printemps, puisqu'il précède l'été, et qu'il en détermine la constitution météorologique. — Alors. J'ai ajouté ce

SECTION 1, QUESTIONS MÉDICALES, δ 22 21

habite, à ce moment, dans une sorte de marécage ; et cette condition est une cause de maladies pour tous les habitants de la contrée. Les corps ont alors forcément des sécrétions abondantes ; et par suite, ils ont en été beaucoup de matières qui provoquent les maladies.

Pourquoi les années sont-elles malsaines quand les petites grenouilles se montrent, en grand nombre, sous forme de têtards ?

N'est-ce pas parce que tous les êtres de la nature se trouvent bien, quand ils sont dans le lieu qui leur est propre? Ces animaux sont naturellement humides, et ils indiquent que l'année sera pluvieuse et humide aussi. Or ces années-là amènent toujours bien des maladies. Les corps, étant humides alors, ont beaucoup de sécrétions ; el c’est là ce qui le plus ordinairement cause les maladies.

mot, qui me parait indispensable.— Une sorte de marécage.

La métaphore est exacte.

$ 22. Les petites grenouilles se montrent en grand nombre.

Cette observation peut être vraie sous le climat de la Grèce; on ne sait si elle l’est autant sous le nôtre. Il est certain que les têtards ne s’y montrent pas toujours en égale quantité ; ils sont tantôt fort nombreux, tantôt ils le sont moins. Est-ce un

signe du temps? C'est assez douteux.— 75 indiquent... L’auteur ne paraît pas hésiter. — Les corps étant humides. C'est une répétition presque identique de la fin du ἃ précédent.

8 23. Septali remarque, dans son commentaire, que ce problème est en partie répété dans la section XX VI, ὃ 53. On ne le retrouve pas tout à fait à cette place, parce que la division des sections et des paragraphes est

[ae] +2

Pourquoi les vents du sud, quand ils sont secs, au lieu d’être aqueux, provoquent-ils les fièvres ?

N'est-ce pas parce qu'ils causent une humidité et une chaleur qui viennent du dehors ? Car ces vents sont naturellement humides et chauds. Or c’est là ce qui détermine la fièvre, puisque la fièvre ne vient au fond que d’un excès de ces deux agents. Lors donc que ces vents soufflent sans apporter d’eau, ils nous mettent dans cette disposition; mais quand ils amènent de l’eau, l’eau nous rafraichit. Les vents du sud, venant de la mer, font du bien même aux plantes ; ils ne les touchent qu'après avoir été refroidis par la mer. La rouille ne vient aux végétaux que par une humidité et une chaleur qui leur sont étrangères.

Pourquoi, par les vents du sud, est-on plus lourd et plus faible ?

N'est-ce pas parce que l'humidité, d’abord petite, augmente beaucoup, liquéfiée par la chaleur, et que

différente dans l'édition vulgaire

d'aujourd'hui. — Provoquent-ils des fièvres. Le fait peut sembler très exact. — Naturellement.

C'est-à-dire dans le cours ordinaire des choses. On peut trouver, d'ailleurs, que le texte n'est pas assez clair et qu'il contient des détails qui semblent se contredire. La rédaction pourrait être plus nette. — Font du

bien méme aux plantes. À cause de l'humidité qu'ils leur apportent. Voir plus loin, section XXVI, $ 52, où cette fin duS ne se retrouve pas.

8 24. Est-on plus lourd et plus faible. C'est un effet que chacun de nous peut sentir pendant les grandes chaleurs de l'été.— Augmente beaucoup, liquéfiée par la chaleur. X] serait

SECTION I, QUESTIONS MÉDICALES, δ 25 29

d'un vent léger vient une humidité lourde? Notre force en outre est dans nos articulations ; et les vents du sud les relàchent. On peut s'en convaincre par les craquements des pièces du corps soudées ensemble. La viscosité qui est dans les articulations, venant à se coaguler, nous empêche de nous mouvoir ; mais quand elle est trop liquide, nous ne pouvons les raidir.

DA Pourquoi est-on plus malade en été, et pourquoi les malades meurent-ils davantage en hiver ?

N'est-ce pas parce que la chaleur quiest répercutée

dans nos corps, s'y accumule; et que, les malades souffrant davantage parce qu'ils ne peuvent faire la

bien. difficile de vérifier cette explication et de savoir au juste ce qui se passe dans les corps exposés à cette influence. — Est dans nos articulations. Ceci est très contestable. La force est dans tout le corps, et pour les articulations dans la même mesure que dans le reste de nos membres. Seulement; quand on veut agir, on sentsa faiblesse dans les membres employés à l'action. L'esprit s'en ressent lui-même, aussi bien que le corps. — Les craquements. 1] s'agit sans doute des crépitations que nous sentons quelquéfois, dans les genoux et dans les phalanges des doigts. Mais il semble que ces légers craquements tiennent plutôt à la disposition intérieure qu'à des

agents extérieurs. — Vous ne pouvons les raidir. La physiologie actuelle ne se contenterait pas de ces explications. Voir plus loin, section XXVI, ὃ 44, la même question résolue de même.

ὃ 25. Pourquoi est-on plus malade. Ceci est la traduction exacte du texte; mais ceci veut dire qu'il y a plus de malades en été et plus de morts en hiver.

La statistique n'est peut-être pas sur ce point d'accord avec ce qui est dit ici. Il est vrai qu il faudrait aussi tenir compte de la différence des climats; et ce qui est exact pour la Grèce ne l'est peut-être pas autant pour notre latitude. — Za chaleur qui est répercutée dans nos corps. Il faut ajouter :

coction, il y a nécessité que la cause de Ja maladie devienne plus puissante ἢ Et une fois qu’elle est plus forte, il est probable que cette cause sera fatale. Dans l'été, tout le corps étant raréfié et rafraichi, et étant inapte à toute fatigue, il y a, par une conséquence nécessaire, plus de causes de maladies, qui viennent de lassitude et aussi de la crudité des aliments mal digérés ; car c’est l’époque des fruits nouveaux. Mais si ces causes de maladies sont plus nombreuses, elles ne sont pas très fortes ; et les malades peuvent aisément guérir.

Pourquoi, après les deux tropiques, meurt-on davantage dans les cent jours qui suivent ?

N'est-ce pas parce que l'influence des deux excès

« pendant l'hiver »; la pensée

serait alors plus claire. — Sera fatale. Et de là, la mortalité plus grande en hiver. — Dans

l’été. Par opposition à ce qui vient d’être dit de l'hiver implicitement. — Tout le corps étant raréfié et rafraichi. On ne comprend pas bien que le corps soit rafraichi en été; il semble que c'est évidemment tout le contraire. L'auteur aura voulu dire sans doute que la sueur excessive que la chaleur provoque, enlève au corps une partie de sa chaleur naturelle. — /7napte à toute fatigue. Ceci est exact.

— La crudité des aliments mal digérés. En été et par les grandes chaleurs, on digère moins

bien, et l'on a moins d'appétit.

— L'époque des fruits nouveaux.

Et qui peut-être ne sont pas encore assez mûrs, quand on en fait usage. — Peuvent aisément guérir. Tandis qu'en hiver la cure est bien plus rare, et la mort plus fréquente. Voir plus loin le ὃ 28, où la même question est agitée, sous des formes un peu différentes.

δ 26. Après les deux tropiques.

Les deux solstices d'été et d'hiver. — Dans les cent jours qui suivent. I] ne parait pas que dans nos climats on ait fait des observations de ce genre. Les cent jours représentent à peu près les trois mois d'un solstice à l’équinoxe qui le suit, —

SECTION 1, QUESTIONS MÉDICALES, ὃ 28 25

de chaleur et de froï: se fait sentir jusqu’à cette distance ? Tout excès de température peut causer aux malades un redoublement de souffrances, ou la mort.

Die

Pourquoi le printemps et l'automne sont-ils les saisons les plus malsaines ?

N'est-ce pas parce que tous les changements sont redoutables ? Mais l'automne est plus malsain encore que le printemps, parce que la chaleur, qui se refroidit, fait encore plus de mal que le froid qui s’échauffe. Or au printemps, c’est le froid qui s’échauffe, tandis qu'à l’automne c’est le chaud qui se refroidit.

Pourquoi, dans l’hiver, les maladies sont-elles moins nombreuses, et plus funestes qu’en été ?

N'est-ce pas parce qu'en été il suffit de la moindre cause pour amener la maladie, et qu'en hiver il n’en est pas de même? Car, dans cette saison, nous nous

Jusqu'à cetle distance. C'est peu probable, à cause des variations de température, qui sont toujours si fréquentes dans nos climats. — De température. J'ai ajouté ceci, qui m'a paru indispensable, vu le contexte.

ἃ 27. Le printemps et l’automne... Le fait est exact pour nos climats, aussi bien qu'il pouvait l'être sous le ciel de la Grèce. — Tous les changements sont redoutables. C'est là ce qui fait que l’uniformité de régime

est si utile à la santé. — L’automne est plus malsain. La raison qui en est donnée paraît très forte, et l'expression est très positive. Voir Littré, Hippocrate, tome IT, p. 52, traité des Airs, des eaux et des lieux, 8 Il. Selon Hippocrate, c’est aussi le solstice d'automne qui est le plus redoutable.

ὃ 28. Dans l'hiver, les maladies.. Ce $ est la reproduction presque textuelle du $ 25. Il y a cependant quelques légères

La

sentons digérer mieux et nous mieux porter. Il est donc tout simple que les accidents qui viennent d’une cause plus forte, soient aussi plus graves et plus souvent mortels. C’est encore là ce qu’on peut observer sur les athlètes, et en général sur les gens qui jouissent d’une santé vigoureuse. Ou ils ne sont jamais malades ; ou le mal les emporte très vite ; car chez eux, la cause du mal ne peut être que très violente.

Pourquoi, en automne et en hiver, les fièvres ardentes se produisent-elles davantage dans ces saisons froides, tandis qu’en été, par une saison très chaude, c’est Le froid qui incommode davantage ?

N'est-ce pas parce que, dans l’homme, la bile est chaude, et que le phlegme est froid ? En été, le froid disparait, et se résout; et en se répandant, il cause

différences. — Nous nous sentons digérer mieux. Cette observation peut s'appliquer à tous les climats sans exception. — Sur les athlètes. Ceci concerne surtout les athlètes qui ne sont pas sobres; et en effet, la plupart sont fort intempérants, La remarque d'Horace « Abstinuit venere et vino », ne concerne que la discipline de l’apprentissage. L'athlète, une fois formé, est porté à abuser de ses forces.

$ 29. Les fièvres ardentes, ou Brüûlantes. — ...en été... c’est le froid. C’est la traduction exacte du texte ; mais peut-être l’expression grecque n'est-elle pas suff-

samment développée. Le sens général de 66 est de rechercher pourquoi, en hiver, les fièvres sont brülantes, malgréla rigueur de la saison ; et pourquoi en été, malgré la chaleur, les fièvres sont accompagnées de refroidissement et de frisson. Le contexte est d'accord avec cette explication, — La bile est chaude... le phlegme est froid.

C'étaient là dans l’Antiquité des axiomes médicaux généralement recus. La médecine moderne les a dès longtemps repoussés.

— Et en se répandant. L'hypothèse pouvait être soutenue dans le temps d'Aristote ; aujourd'hui,

SECTION I, QUESTIONS MÉDICALES, δ 29 La 0

des frissons et des tremblements. En hiver, au contraire, la chaleur est dominée par la saison qui refroidit tout. Les fièvres ardentes sont plus fâcheuses en hiver et en automne, parce que la chaleur est répercutée en dedans par le froid. Or la fièvre ardente vient de l'intérieur et n’est pas à la surface ; et c’est bien probablement là ce qui fait que les fièvres ardentes surviennent dans cette saison. D'ailleurs, on peut observer encore mieux cet effet sur les gens qui se lavent à l’eau froide en hiver, et sur ceux qui dans cette saison prennent un bain chaud. Ceux qui prennent le bain froid frissonnent quelques instants quand ils se lavent, et ne sentent absolument rien du froid pendant toute la journée, tandis que ceux qui ont fait usage d’eau chaude ne cessent d’avoir froid. C’est que chez ceux qui se lavent à froid, la chair se resserre, et que la chaleur rentre et s’accumule au dedans, tandis que, pour ceux qui employent l’eau chaude, la chair se dilate et que la chaleur se répand jusqu'à l'extérieur.

elle ne pourrait plus l'être. — La chaleur est répercutée. C'est exact; mais cet effet se produit sur les gens en santé et ne leur donne pas la fièvre, qui dès lors ἃ certainement une autre cause. — Vient de l'intérieur.

Ceci semble contredire un peu la théorie précédente. — Les gens qui se lavent à l’eau froide en hiver. Ceci indique que lhydrothérapie n'est pas une invention aussi récente qu'on pourrait le croire. D'ailleurs, les effets

des ablutions froides ou chaudes en hiver sont très bien décrits, et la thérapeutique n'aurait aujourd’hui rien à y changer. On peut s'en convaincre par son expérience personnelle. L'ablu- Uion froide produit une réaction chaude, tandis que l'ablution chaude produit une réaction froide. On a froid dans ce dernier cas, tandis qu'on a chaud dans l’autre.— Se répand jusqu'à l'extérieur. Et s'y perd, dans l'atmosphère ambiante.

Quel est l'effet du cataplasme ἢ N'est-ce pas qu’il fait fondre les matières, et qu'il provoque la sueur et la transpiration ?

A quel signe voit-on qu'il y a du pus ?

N'est-ce pas qu'il y a du pus quand, en versant de l’eau chaude, on provoque un changement, et qu'il ΗΝ ἃ pas de pus quand le changement ne se produit

pas ?

Quand faut-il employer le feu ? Quand faut-il em-

ployer le fer ?

8 30. L'effet du cataplasme.

L'explication donnée ici peut paraître assez insuffisante, bien qu'elle ne soit pas fausse; elle est trop générale. L'usage du cataplasme remonte très haut dans l’ancienne médecine: et Hippocrate en parle assez souvent. — Dans la plupart ces éditions, le problème 31 est confondu avec celui-ci, quil semble compléter. J'ai cru devoir le séparer, comme l'a fait Gaza dans sa traduction. Septali le blâme de ce changement, que les manuscrits ne paraissent pas autoriser.

8 31. À quel signe. Le texte est un peu moins précis. — Æn

versant de l’eau chaude. Ceci prouve qu'il ne s’agit plus de cataplasme; et c’est là ce qui m'a décidé à séparer les deux.

— On provoque un changement.

Il aurait failu spécifier plus précisément quelle espèce de changement on produit alors, sur la peau du malade. Nous ne croyons pas que ce procédé soit encore employé dans la médecine actuelle, pour reconnaître les abcès purulents.

$ 32. l'aut-il couper. faut-il brüler. Voir, $ 34, la même question, reproduite à peu près sous les mêmes formes, mais résolue différemment. Ces perplexités qui arrêtaient les médecins de

N'est-ce pas, quand la plaie a une grande surface, qui empêche le rapprochement de se faire vite, qu'il faut recourir au feu pour que l’eschare puisse mieux tomber ? De cette facon, en effet, 11 n’y aura pas de suppuration cachée.

- D'où vient la vertu du remède appliqué sur une plaie saignante ?

N'est-ce pas parce que ce remède dessèche la plaie, et qu'il arrête l’affluence de la sécrétion, sans provoquer d’eschare et sans pourrir les chairs ? Car, de cette façon, il empêche le phlegme, et il rapproche les lèvres de la plaie. Comme il n’y ἃ pas d’afflux, il n’y a pas de phlegme ; et la plaie étant sèche, elle se ferme, tandis qu’elle ne se ferme pas tant que le liquide continue à couler. De là vient que presque tous

l'Antiquité n'inquiètent pas moins les nôtres. —- Quand la plaie a une grande surface.

L'observation est ingénieuse, et elle est très pratique. Aujourd'hui encore, les médecins procèdent de même; et ils appliquent les caustiques pour redonner aux chairs la vitalité qu'elles ont perdue.— Pour que l’eschare puisse mieux tomber.

Le fait est exact. — 7| n’y aura pas de suppuration cachée.Ceci n'est pas moins exact que ce qui précède. On trouve aussi, dans les œuvres d'Hippocrate,

l'exposé des moyens propres à prévenir les funestes effets d'une suppuration trop forte ; Hippocrate, Littré, tome VI, page 417.

8 33. Du remède. Il parait, d'après ce qui suit, qu'il s'agit d'une matière astringente pour arrêter l'hémorrhagie. Quel était ce remède particulier ? Il eût été bon de le dire. — /l arrête l’afflux de la sécrétion. L'explication peut paraître juste. — 2 empêche le phlegme. Ceci n’est pas moins exacl. L’afflux excessif de toutes les humeurs est diminué; et la cicatrisation se

les remèdes appliqués aux blessures saignantes sont si douloureux ; c’est qu’ils sont très astringents.

Dans quels cas faut-il couper ? Dans quel cas fautil brûler ? Dans quels cas ne faut-il faire ni lun ni l’autre, et faut-il au contraire employer les médicaments ?

N'est-ce pas qu'il faut employer les médicaments pour tous les maux qui affectent les aisselles et les aines ? Si l’on faisait des incisions dans ces parties, on risquerait de causer des douleurs graves ou des dangers. On peut brüler les larges excroissances, qui ont beaucoup de relief. On peut brüler encore les parties veineuses qui ne sont pas bien charnues. Enfin, il faut couper les parties qui se terminent en pointes et celles qui ne sont pas dans des endroits

solides.

fait d'autant plus vite. — C’est qu'ils sont très astringents. De là en effet la douleur que cause l'application du nitrate d'argent sur les plaies. Hippocrate semble avoir employé la compression contre les plaies saignantes plutôt que les astringents ; Littré, tome IV, p. 233.

8 34. Faut-il couper... faut-il brüler. Voir plus haut, 8 32. Ici l’auteur ajoute un troisième cas aux deux autres.— Les aisselles et les aïnes. Ce sont les parties du corps où les chairs sont les plus délicates et les plus molles, et où l’organisation vasculaire

est la plus compliquée. Les incisions ou les caustiques pourraient y causer des désordres plus graves que partout ailleurs.

— Les larges excroissances. Ici encore il faut que l'opérateur fasse la plus grande attention au remède qu'il emploie. — Les parties qui se terminent en pointes. Cette indication peut paraitre bien vague. Il est certain d'ailleurs que plüs la partie morbide a de relief, plus il est facile de l’atteindre. — Dans des endroits solides. Ici encore on peut trouver l'expression trop vague. Il s’agit sans doute des

SECTION I, QUESTIONS MÉDICALES, δ 36 81 35:

Pourquoi une blessure faite par de l’airain guéritelle plus vite qu'une blessure faite par du fer ? N'est-ce pas parce que l’airain est plus uni? Il déchire moins; et la plaie est moins forte. Ou bien n'est-ce pas que, si le fer ἃ un tranchant plus affilé, la section qu'il fait est plus aisément produite et est moins douloureuse ? Cependant l’airain agit en mamère de remède; son principe est puissant; et le remède qui agit aussitôt après la coupure, fait que la cicatrice se ferme plus vite.

Pourquoi les cautérisations faites avec l’airain gué-

rissent-elles plus vite ?

chairs moins solides que les parties osseuses ou fibreuses.

Sur l'emploi comparé du fer et du feu, voir Hippocrate, Littré, tome IV, p. 609.

ὃ 35. Par de l’airain.…. par du fer. Il n'est peut-être pas certain qu'il y ait autant de différence entre les plaies causées par l’airain et les plaies causées par le fer. Il n’en est pas moins remarquable que les observations des Anciens aient porté sur un point aussi délicat. Il est très possible que le métal agisse différemment sur la blessure qu'il fait, à cause de la différence des éléments qu'il laisse dans la plaie. — L'airain est plus uni. C’est incontestable ; et le fait est démontré aujourd'hui par la perfection même de nos instruments d'acier. Mais

l'airain des Anciens n’en approchait pas, quoiqu'il fût réellement plus uni que le fer. — δέ est moins douloureuse. C’est à peine aujourd'hui si l'on sent la section que fait le bistouri. — L'airain agit en manière de remède. Ceci pourrait se dire à plus forte raison de l’action de l'acier, au point de perfection où nos instruments sont portés aujourd'hui. — Aussitôt après la coupure. On ne comprend pas bien que les choses puissent se passer ainsi; mais la métaphore n’est pas injustifiable, puisqu'en effet la cicatrice se fait plus vite, selon l'instrument plus ou moins parfait dont l’opérateur s'est servi. La netteté de la section est une sorte de remède anticipé.

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