FAT
Pourquoi la route, quand on la fait sans savoir quelle longueur elle a, nous parait-elle plus longue que quand on le sait, d’ailleurs toutes les autres conditions restant les mêmes ?
N'est-ce pas parce que savoir la longueur de la route, c'est savoir le nombre qui la représente, et que l'indéfini parait toujours plus grand que le défini?
jambe doit s’appuyer.— Le tronc qui devient le fardeau. Un peu plushaut, ila été dit que c’est le corps qui forme le poids à soulever. — Quant à la cuisse.
Toute cette fin du $ paraît obscure, en ce qu'elle n'explique pas assez le rôle de la cuisse, comparée au rôle de la jambe.
— Elle est fléchie du haut. C'est à dire, à l’emboîtement du fémur dans le bassin. Théophraste, fragment sur la fatigue, p. 399, 8 10, édit. Firmin-Didot, agite la même question ct la résout de même.
S25. Nous parait-elle plus
longue. L'observation est exacte ; et chacun de nous a pu la faire personnellement. La question est d'ailleurs plus psychologique que physiologique; et c'est un effet de l'habitude.
Pour savoir la longueur d’une route, il faut l'avoir déjà parcourue quelques fois. — L’indéfini. le défini. Ceci tient à ce que l'imagination va au delà de la réalité; elle ne s'adresse qu'à l’indéterminé : le défini tombe surtout sous la sensation, qui est évidente et délimitée nécessairement, Il y a dans la fin de ce ἃ une certaine redondance ;
PR om lm., = de
SECTION V, LA FATIGUE, ὃ 26 [80
Si donc on savait précisément la longueur de la route, c'est qu'elle serait définie ; et de même, quand on ne le sait pas, à l'inverse, l'esprit se fait une illusion ; et la route lui produit l'effet d’être infinie. Ajoutez que la quantité est toujours finie ; et que le fini est toujours une quantité. Lors donc que la chose ne paraît pas définie, elle semble comme infinie, parce que, quand une chose qui naturellement doit être définie ne l’est pas, c’est qu'elle est infinie, de telle sorte que, semblant n'être pas définie, il faut nécessairement qu’elle semble infinie.
Pourquoi les cuisses se fatiguent-elles plus que les jambes ?
N'est-ce pas parce qu'elles sont plus près du lieu qui contient l’excrément, de telle sorte que, si ce lieu ἃ une chaleur trop forte, par suite du mouvement, les cuisses en sont plus affectées que les jambes, et reçoivent aussi davantage de cette chaleur ?Oubien,
n'est-ce pas encore parce que les cuisses sont plus continues avec le corps ? Car elles fatiguent davantage
mais la pensée n'en est pas moins claire, malgré la prolixité. Voir la même question plus loin, section XXX, 8 4.
S 26. Se fatiguent-elles plus.
Pris avec cette généralité, le fait n'est peut-être pas exact.
Les cuisses se fatiguent en même temps que les jambes, et pas plus qu’elles dans les conditions ordinaires, -— Plus près du lieu... Cette première rai-
son doit paraître bien singulière, et presque toutes celles qui vont suivre le paraissent également. — Ce lieu a une chaleur trop forte. I aurait fallu indiquer mieux quelle peut être l’occasion de ce redoublement de chaleur.— Æecoivent...davantage de cette chaleur. Le fait n’a pas de fondement physiologique.
— Sont plus continues avec le corps. Elles se rattachent direc-
par la distension du continu. Bien qu’on se fatigue sans avoir d'excrément à rejeter, c’est cependant aux cuisses et au bas ventre qu’on sent la fatigue la plus grande. Mais n'est-ce pas aussi parce que, de même que les aines frappées de quelque coup se gonflent par la réplétion des veines et des nerfs, de même la cuisse se fatigue aussi, parce qu’elle est plus rapprochée du principe ? En outre, n'est-ce pas, parce que la cuisse reste plus que la jambe dans la même position, qu'elle se fatigue aussi davantage ? N'est-ce pas enfin que la cuisse est charnue, et qu'elle à en elle plus de matière, par sa nature même ?
Pourquoi la fatigue cause-t-elle des ulcérations à
quelques personnes ?
N'est-ce pas parce que, le corps étant impur, la
tement au corps, tandis que les jambes ne s’y rattachent que par l'intermédiaire des cuisses. — Les aines frappées de quelque coup. On ne voit pas ce qui justifie ce rapprochement entre les aînes et la cuisse. — Parce qu'elle est plus rapprochée du principe.Cette raison est encore plus faible que les autres. — Reste plus que la jambe dans la méme position. Cette cause de lassitude est plus réelle. — δὲ qu'elle a en elle plus de matière.
Le fait est certain, et la cuisse est plus charnue que la jambe ; mais ce serait peut-être une cause pour qu'elle se fatiguût moins. Théophraste, loc. cit.,
p: 399, $ 10, traite cette même question et la résout à peu près de même, en y donnant d'ailleurs plus de développement qu’il n’y en a ici.
8. 27. Des ulcérations. Le mot grec a cette nuance ; peut-être s'agit-il simplement de boutons et d'échauffements à la peau. — Le corps étant impur. L'expression est bien générale et bien vague; mais le fait n'est pas faux; et la fatigue, aussi bien que l'exercice, causent souvent de ces phénomènes, en portant à la peau une foule d'humeurs qui tendent à sortir avec la sueur. Mais il est possible que, ne pouvant être régulièrement
SECTION V, LA FATIGUE, ὃ 29 191 chaleur, provoquée par le mouvement, vaporise et fait sortir toutes les autres excrétions, avec la sueur ? Les excrétions, étant épaisses, et renfermant des humeurs mauvaises, acides, amères et salées, ne peuvent pas être éliminées à cause deleur épaisseur ; alors elles sont altirées dans la chair, et la vicient, en l’altérant par l'âcreté de l'humeur.
Pourquoi les médecins recommandent-ils de ne pas manger aussitôt après qu'on vient de se livrer à des exercices, ou qu'on vient de prendre une médecine ?
N'est-ce pas parce qu'à ce moment le corps continue à se purifier, et qu'il n’a pas eu le temps de se reposer de la fatigue, et parce que les excréments ne se sont pas dégagés ?
PA
Pourquoi est-il plus pénible de courir que de marcher ?
N'est-ce pas parce que, dans la course, on a à porter un fardeau plus lourd? En effet, en s’élevant en l'air,
muspar un qu'il ne faut
expulsées, elles causent des ont causée les efforts excoriations à la peau. — La culaires. C’est encore victent, en l'ulcérant. Il n'y a motif analogue
qu'un seul mot dans le texte.
S 28. Aussitôt après qu'on vient de se livrer à des exercices.
Tous les professeurs de gymnastique font la même recommandation ; il faut, avant de manger, laisser le corps se reposer de l'agitation que lui
pas faire d'exercices trop tôt après le repas. Les Anciens en savaient déjà autant que nous, sur ces précautions hygiéniques.
ὃ 29. De courir que de marcher. Voir plus haut, 8 18, une question qui a de l'analogie avec celle-ci.-— Un fardeau plus
on ἃ le poids tout entier en soi-même, tandis que dans la marche, on a le pied sur un sol qui ne bouge pas, et où l’on se repose, comme on le ferait sur un mur.
Pourquoi n’a-t-on pas faim aussitôt après l'exercice qu’on vient de faire ?
N'est-ce pas parce qu'il reste encore quelque chose de la décomposition, jusqu’à ce qu’elle soit tout à fait absorbée ? Ou bien n’est-ce pas à cause de lessoufflement que la fatigue tire de l'humidité ? C'est peutêtre aussi à cause de la soif qui suit l’échauffement
lourd. La chose est de toute évidence. — Tout entier en sotméme. 11] faut, à chaque saut, élever tout le poids du corps. — Qui ne bouge pas. C'est aussi le même sol immobile qui sert de point d'appui dans le saut ; mais l'effort de la marche est beaucoup moindre, parce que le corps ne s'élève pas si haut.
8. 30. N'a-t-on pas faim. Ceci est la vraie lecon ; celle qu'ont préférée plusieurs commentateurs, entre autres Septali, n'est pas acceptable : elle se rapporte à la boisson au lieu de la faim ; il suffit d'un changement de prononciation pour causer cette méprise. La lecon qu'on doit adopter avec Gaza, dans sa traduction, est tout à fait d'accord avec la théorie exposée plus
haut, 8 28. — De la décomposition. Le mot du texte est assez vague ; et je ne lui ai pas trouvé d'équivalent complet dans notre langue. — L’essoufflement. Le texte dit précisément: l'esprit, le vent. J'ai cru devoir préciser davantage l'expression. — Que la fatigue tire de l'humidité.
C'est une des théories habituelles de la physiologie de cette époque de faire sortir l'air de la vaporisation du liquide.
— A cause de la soif. Dans ce cas, le sentiment de la soif serait si violent qu’on n'éprouverait pas le sentiment de la faim. Les trois causes assignées dans ce $ ne sont pas absolument fausses ; mais c’est l’extrême agitation produite par l'exercice qui ôte l'appétit pour
SECTION V, LA FATIGUE, ὃ 31 193 de la fatigue. Tous ces phénomènes sont également réels.
Pourquoi lorsqu'on est fatigué, ou malade de consomption, perd-on sa semence dans des rêves ἢ
N'est-ce pas parce qu'en général les tempéraments chauds et humides sont sujets à ces rêves ? En effet le sperme par sa nature est humide et chaud ; ei étant ainsi composé, c'est surtout dans ces tempéraments que se produit laccident. Quand la chaleur que cause le sommeil vient à s'ajouter, les corps n’ont besoin que de la plus faible influence; et c'est celle du dedans qui agit plus que celle du dehors. Les phthisiques et les gens qui sont fatigués sont également dans cette disposition. En effet, ceux quisont fatigués sont pleins de décomposition chaude, à cause de la fatigue et du mouvement, tandis que les phthisiques le sont par la fluidité et par la chaleur venue de l’inflammation.
bien vagues.— Humide, Ou bien:
« liquide ». — La plus faible influence. Dans les tempéraments déjà maladifs, il suffit de la moindre circonstance pour
quelque temps. — Tous ces phénomènes sont également réels.
C'est surtout le dernier qui semble être le mieux observé.
ὃ 31. Sa semence dans des
rêves. Le fait est exact. L'école Hippocratique s'était occupée de cette grave maladie; voir Hippocrate, Littré, tome VII, pp: 79, 273 et 471. — Les tempéraments chauds et humides.
Ces indications sont toujours
amener un incident fàcheux. — La fluidité. l'inflammation. La pathologie contemporaine n'approuverait pas ces théories, bien que l'école Hippocratique ait parfaitement connu et décrit la consomption dorsale.
CR
Pourquoi est-il plus difficile de se frictionner longtemps soi-même sur la jambe gauche que sur la jambe droite ?
N'est-ce pas parce que, pour tous nos travaux, nous avons surtout de la force à droite, mais que, comme pour tout ce qui n’est pas naturel, la friction avec la jambe gauche se fait à l'inverse ? Or tout ce qui est contre nature est pénible. Mais si nous frottons la partie droite avec la main gauche, on ne s’en aperçcoit guère, parce qu'il n’y a là de force en aucun des deux sens.
Pourquoi est-il très profitable à la santé de réduire
son alimentation et de se fatiguer davantage ?
S 32. De se frictionner soiméme... Cette question est fort obscure, soit en elle-même, soit dans le texte qui l'exprime. Septali reconnaît que l'explication est fort embarrassante. Le texte se prête à plusieurs interprétations ;et l'on pourrait croire qu'il s’agit de la friction d'une jambe par l'autre jambe elle-même ; ce qui serait presque impossible.
Il semble plutôt que l’auteur veut parler de la friction de la main droite sur la jambe gauche ; ce qui lui paraîtrait plus facile que la friction de la main gauche sur la jambe droite. Mais ceci ne ressort pas clairement du texte grec. Seulement, le fait ainsi présenté est beaucoup plus exact; et d'une manière générale, 1]
est beaucoup plus naturel de se frictionner de la main droite que de la gauche. — À droite. Le texte ne précise pas davantage ; el 1] ne spécifie pas que ce soit la main droite exclusivement.— Avec la jambe gauche. C'est la traduction fidèle de l'expression grecque, qui signifie la jambe et non Ja main. Mais ici l'obscurité redouble, et il n'y a pas de variante qui puisse la dissiper. Le texte des manuscrits est partout le même. I] faut donc se résigner à ne pas savoir exactement ce que l'auteur a voulu dire. — En aucun des deux sens. S'agit-il des deux sens dans lesquels la friction se fait presque nécessairement ?
δ 99. Pourquoi est-iltrès profi-
+ "he
Lu Du
SECTION V, LA FATIGUE, ὃ 34 195
N'est-ce pas parce que la cause de la maladie n’est qu'une accumulation de sécrétions, et que cette accumulation peut avoir lieu, soit par excès de nourriture, soit par défaut d'exercice et de fatigue ?
He
Pourquoi ne faut-il pas, dans l'intérêt de la santé, épaissir la chair, mais plutôt l’amaigrir ?
En effet, de même qu'une ville est saine et qu'un lieu est salubre, par la même raison que la mer l’est aussi, de même le corps dans lequel l'air circule aisément est plus sain. Ou il faut que le corps n'ait quoi que ce soit de superflu, ou il faut éliminer ce superflu le plus tôt possible. IT faut aussi que les corps soient dans cette disposition que, s'ils prennent quelque chose de trop, ils le rejettent sur-le-champ; ils dotvent être en mouvement et non en un continuel repos. Une substance qui reste sans mouvement se corrompt, comme on le voit pour l’eau. Or, se cor-
table. Cette question est identiquementreproduite dela 1re section, $ 46. C’est d’ailleurs un précepte d'hygiène excellent ; mais on ne le suit guère, bien que la pratique en pût être fort utile.
δ 34. Æpaissir la chair. Peutêtre pourrait-on traduire: Engraisser la chair; j'ai voulurester plus près de l'expression grecque. — Amaigrir. Le texte dit positivement: Raréfier. La même question a été déjà traitée plus haut, section I, ὃ 53, et le sera
encore section XXX VII, $ 3. Ces diverses rédactions sont presque identiques les unes aux autres. — Une ville... un lieu...
la mer. Ces comparaisons ne sont pas fausses tout à fait ; mais elles sont au moins peu naturelles. Le corps humain ἃ son organisation propre, qui est absolument à part. — Dans lequel l'air circule... C’est là le sens de l'expression grecque, qui est un peu moins développée. — ls doivent étre en mou-
rompre et ne pas remuer devient une cause de maladie ; au contraire, ce qui est éliminé l’est avant de se corrompre. Cette élimination ne se produit pas quand la chair s’épaissit; les pores sont en quelque sorte bouchés; mais l'élimination se produit quand la chair est raréfiée. Voilà aussi pourquoi il ne faut pas marcher tout nu au soleil; car alors la chair se resserre ; elle se décharne peu à peu, et le corps devient plus humide. Le dedans ne bouge pas ; la surface se modifie, comme les viandes rôties sont plus humides que les viandes bouillies. Il ne faut pas non plus marcher avec la poitrine découverte, parce que le soleil absorbe les parties les mieux organisées, qui ont le moins besoin qu'on leur retranche quelque chose; car ce serait plutôt sur les viscères intérieurs qu'il faudrait agir. Il ne faut donc en faire sortir la sueur que par la fatigue, parce qu'elle sort ainsi de plus loin; mais il est tout simple que la sueur sorte de la poitrine, parce que la poitrine est plus en avant.
vement. C'est une des conditions essentielles de la santé. — Devient une cause de maladie.
L'observation est très juste; et chacun de nous peut la vérifier, bien qu'on ne sache pas toujours pratiquer ces sages conseils. — 7 ne faut pas marcher tout nu au soleil. C'est la traduction fidèle du texte ; mais peut-être la recommandation ne concerne qu’une partie du corps, le visage par exemple, ou la
poitrine, et non le corps entier.
— Comme les viandes rôties. La comparaison peut paraître assez étrange. L'explication physiologique est ce qu’elle pouvait être dans ces temps reculés. — La sueur que par la fatigue. La transpiration venue de l'intérieur, à la suite de l'exercice, est en effet beaucoup plus salutaire que celle qui vient de moyens extérieurs, lesquels restent nécessairement plus superficiels.
Pourquoi les petits pas sont-ils fatigants ?
N'est-ce pas parce qu'ils se répètent souvent, et qu'ils ne donnent pas aux flexions un mouvement uniforme ? Or c’est là ce qui fatigue.
Pourquoi a-t-on plus chaud au soleil quand on reste en place, que quand on est en mouvement, bien que le mouvement soit une cause de chaleur ?
N'est-ce pas parce que tout mouvement n’échauffe pas, et qu'il y a des mouvements qui refroidissent ? Par exemple, quand on souffle sur les liquides bouillants et qu'on les agite. Si donc on garde la chaleur qu'on a déjà en restant en place, elle échauffe plus que si elle était en mouvement. Notre corps en effet exhale toujours une vapeur tiède, qui échauffe l'air ambiant, comme un tison qu'on approche ; et quand nous restons sans mouvement, l'air chauffe par les causes que nous venons de dire. Au
ambiant s’é-
plus haut, 8. 12, la même queslion, plus développée, mais résolue de même. Il semble que ce
Les petits pas... Voir née ici semble assez acceptable. — Soit une cause de chaleur.C'est vrai d’une manière générale ; mais l’auteur lui-
δ 25 ne soit qu'un résumé de l'autre.
δ 36. Pius chaud... quand on reste en place. Seplali remarque avec raison que chacun peut conslalter par son expérience personnelle l'exactitude de ce fait. L’explication qui est don-
même reconnait quil y a des exceptions. — /l y a des mouvements qui refroidissent. C’est bien le cas des mouvements que cite l'auteur. — Exhale toujours une vapeur tiède. C’est la transpiration insensible. — Our échauffe l'air ambiant. Cet effet
contraire, en nous mellant en mouvement, il se produit un vent qui nous rafraichit ; car le vent est toujours froid.
Pourquoi, lorsqu'on est à cheval, les yeux larmoyent-ils d'autant plus que le cheval court plus vite? Et quand on est à pied, pourquoi larmoyent-ils davantage quand on court plus rapidement ?
N'est-ce pas parce que l'air qui vient frapper les yeux est plus froid ? Le froid en effet provoque les larmes. Contractant et épaisissant la chair, il en fait sortir le liquide. Ou bien n'est-ce pas tout le contraire ? C’est la chaleur qui cause les sueurs ; et les larmes sont aussi de la sueur, en quelque sorte. De là vient encore que la sueur et les larmes sont provoquées par l’échauffement et sont toutes les deux salées. Or c'est le mouvement qui cause la chaleur. Ou bien n'est-ce pas l'effet du coup que les yeux reçoivent de l'air ? Eneffet, de même que les vents, soufflanten
réel ne peut se produire qu'à une faible distance. — 7 se produit un vent. Ce n'est pas précisément un vent, mais une cerlaine agitation de l'air. Voir plus loin, section XXXVIII, δ 6.
8 37. Les yeux larmotent-ils d'autant plus. Voir plus haut la même question, $ 13. Les deux rédactions présentent quelques
différences légères; mais au fond les solutions sont les mêmes. — 71 en fait sortir le
liquide. La physiologie actuelle n'admettrait pas cette explication. — N'est-ce pas tout le contraire ? 1 semble que l'auteur aurait dû choisir entre les deux hypothèses, et se prononcer pour l’une d'elles exclusivement.
— De la sueur, en quelque sorte.
La restriction est nécessaire :
car les larmes et la sueur ont des principes tout différents. — Ou bien n'est-ce pas... C'est une troisième solution après celles du froid et de la chaleur. —
SECTION V, LA FATIGUE, ὃ 38 199 sens contraire, troublent la vue, il en est de même de l'air qui tombe sur les yeux ; plus il se déplace, ou plus on court vite, plus il augmente le petit coup que l'œil reçoit et qui fait pleurer, parce que les canaux de l’œil sont raréfiés par ce coup. En effet, un coup est toujours, ou coupant, ou contondant.
Pourquoi en été doit-on combattre la fatigue par des bains, et en hiver par de simples frictions ?
N'est-ce pas parce qu'il ne faut pas en hiver guérir la fatigue par la chaleur qui cause des frissons et de brusques changements ? Ce qui ferait suer, puisque l'huile des frictions est chaude. Mais dans l'été, 1] faut humidifier. En effet, cette saison est sèche ; et 1] n'ya pas besoin de frictions à cause de la chaleur. Peu de nourriture et de boisson convient en été ; l’une d'une manière générale, et l’autre plus spécialement. On boit en été à cause de la sécheresse. Manger peu est toujours bon, mais surtout en été; car, dans cette saison, les aliments provoquent plus de chaleur.
Soufflant en sens contraire. Le Sens contraire signifie que le vent ἃ un mouvement opposé à la direction que suit la personne qui est en mouvement, — En effet... Ce membre de phrase
section I, ὃ 39 ; il est reproduit ici mot pour mot à peu près.
Les solutions sont les mêmes.
D'ailleurs, ces conseils hygiéniques sont excellents : des bains en été: des frictions ou
peut sembler une glose, ajoutée postérieurement.
S 38. Pourquoi doit-on... Ce
problème ἃ été déja exposé,
de simples lotions en hiver. De plus, la sobriété est, en tout état de cause, une garantie de santé, qu'on ne doit pas négliger.
Pourquoi, lorsque l’on court très fort, a-t-on de violentes réactions, si quelqu'un vient à vous arrêter dans votre course ?
N'est-ce pas parce que les choses sont d'autant plus troublées qu’elles sont tirées en sens contraire, ou qu’elles sont plus violemment poussées et mues ? Lors donc que, dans votre course rapide, quelqu'un vient vous arrêter quand toutes les parties de votre corps se portent vivement en avant, il arrive que vous êtes tiraillé en sens contraire, tandis que le corps est toujours projeté en avant. La révulsion qu'on éprouve est d'autant plus sensible que l’on court plus rapidemenl.
Pourquoi, quand on marche sur les routes, le pas sur un sol irrégulier est-il moins fatigant que de marcher sur un sol bien uni et tout droit ?
8 39. De violentes réactions.
Le sens du mot grec n'est pas très net ; le mot qui, dans notre langue, semble y répondre le mieux est encore celui de Réaction. Le fait du reste est exact:
et plus on court vite, plus la réaction est violente, quand l'arrêtse produit trop brusquement.
— Les choses sont d'autant plus troublées.. C’est l'explication générale du phénomène ; la réaction est en proportion de l’action initiale. — La révulsion, Ou bien : « la réaction ».
δ 40. Quand on marche par les routes. Le même problème ἃ déjà été posé plus haut, S 1, 10 et 23. — Sur un sol irrégulier.
et tout droit. I] semble qu'ici le doute n'est plus permis, comme il l'était plus haut; il s’agit d'une marche sur une route droite et qui n'a pas de détours.
Mais plus bas, les doutes se reproduisent ; et comme il n'est question que de la fatigue des reins, des cuisses et des jambes, dansles montcesetles descentes, c'est d'un sol irrégulier que
N'est-ce pas parce que la direction est alors en ligne droite et qu’elle est naturelle pour le corps entier? Mais la marche dans des lieux unis est plus fatigante que dans des lieux irréguliers; car, dans ces conditions, la marche donne de la fatigue toujours aux mêmes parties, tandis que la marche sur un sol irrégulier répartit davantage la fatigue dans tout le . corps. Les marches par la chaleur font plus maigrir que la marche par un temps froid, parce qu'elles donnent alors plus de mal aux parties extérieures ; et c'est là ce qui fait qu'en provoquant les sueurs, on maigril. Au contraire, quand on marche par le froid, les marches raffermissent les chairs et aiguisent l’appétit. Elles augmentent la chaleur dans les viscères intérieurs ; et ces organes, rendus moins mobiles par le froid, purifient le dedans en y accroissant la chaleur ; ils y solidifient la chair, sans d’ailleurs pouvoir la pénétrer tout entière. C’est là aussi ce qui fait que les montées sont plus pénibles que les descentes, et
l'auteur s’occupe.et non plus d'un chemin qui se prolonge tout droit. Ces contradictions ne se concilient pas; et Septali luimême renonce à les expliquer.
Il faut se résigner à ces obscurités, quon ne peut dissiper entièrement. C'est la faute de l'auteur, qui n’a pas su exposer ses idées assez clairement.— En ligne droite. Ceci peut s'entendre également d'une route en ligne droite, ou d'un sol uni. — Plus fatigante... Ceci semble absolument contraire à la plus simple expérience, ainsi que nous
l'avons déjà fait observer. — Toujours aux mémes parties.
L'objection est spécieuse ; mais les mouvements, étant moins violents, doivent fatiguer moins les parties du corps auxquelles ils s'adressent, — Les marches par la chaleur... C'est là un sujet tout différent, et qui est amené sans une transition qui le rattache à ce qui précède.—Purtfient le dedans... Cette explication physiologique est bien insuffisante ; et il se pourrait que tout ce passage ne fût qu'une
‘interpolation. — Les montées...
qu'elles font maigrir davantage. La montée cause surtout de la fatigue aux lombes, et la descente en cause davantage aux cuisses. Tout le poids, retombant en effet sur les cuisses, les fatigue ordinairement beaucoup. La cuisse étant contre nature portée en haut par la force de la chaleur, échauffe vivement le corps. Aussi, ce mouvement provoque la sueur; et en coupant la respiration, fait maigrir et endolorit les lombes. Les jambes soulevées à grand’peine plient les reins et les tiraillent, et il n’y a rien qui cause plus de fatigue. La marche sur un sol résistant cause de la fatigue aux muscles et aux parties de la jambe qui se tendent; car elle produit des extensions dans les muscles et dans les nerfs, parce que leur point d’appui est forcé. Sur un terrain mou, la marche fatigue les articulations, parce qu’elle multiplie les flexions des membres, attendu que la base cède sous le pied. C’est au fond la même question.
Pourquoi marche-t-on avec difficulté sur des terrains en pente ?
les descentes. L'auteur revient à son sujet, après l'avoir quitté un instant.—Aux lombes. Le terme grec est peu précis ; il se rapporte à la région du ventre tout aussi bien qu'aux lombes proprement dits. — Portée en haut par la force de la chaleur. Ou :
« portée en haut et de force par la chaleur » Ici encore, l'explication est trop concise ; et l’on ne voit pas quel est l'effet de la
chaleur sur le mouvement des cuisses. — Sur un sol résistant.
Voici encore un sujet nouveau.
— Dans les muscles et dans les nerfs. Cette distinction formelle entre les muscles et les nerfs n'était pas connue du temps d'Aristote ; c'est dans l’école médicale d'Alexandrie qu'elle a été faite. — C'est au fond la méme question. Cette référence est équivoque. L'identité qu'in-
EE
N'est-ce pas parce que, quand on marche, il faut toujours, soit élever le membre, soit le poser? Or l'élever est contre nature, tandis que le poser est tout naturel ; l’avancer est un milieu entre les deux. Mais quand on marche sur des lieux en pente, le mouvement qui est contre nature l'emporte de beaucoup sur l’autre mouvement.
Pourquoi tombe-t-on moins souvent de cheval que de toute autre monture ?
N'est-ce pas parce qu'ayant peur de tomber, on est
plus attentif ?
dique l’auteur peut concerner
les discussions antérieures des $S 1, 10 et 23, ou bien les divers sujets traités dans ce ὃ 40.
ὃ 41. Sur des terrains en pente.
Voir plus haut, section II, $ 38.
— Soit le poser. I] serait peutmieux de dire: « l’abaisser », puisqu'il s’agit de terrains en pente.— L'avancer, il faut sousentendre : « sans le soulever, ni
l'abaisser ». Cette nuance peut êtreimplicitement comprise dans les deux mots précédents.
S 42. Que de toute autre monture. J'ai ajouté ces mots, sans lesquels l'expression de la pensée serait trop insuffisante ; il ne semble pas que l’auteur ait pu vouloir dire autre chose. — On est plus attentif. Cette raison est très bonne.