MT: I
fait est surtout exact pour l'urination ; le frisson est moins fréquent après qu'on a éternué.
— Les veines se vident. L'explication ne peut pas êlre admise.
— Laissent entrer l'air froid. Il n’est pas probable que les choses se passent ainsi; mais les deux sensations, dont parle l'auteur, sont obseures:; et la science contemporaine ne s'en rend peut-être pas encore un compte très clair. Voir Béclard, Traité élémentaire de physiologie humaine, 6e édition, pp. 357, 512 et suiv. — Qui cause le frisson. La même question est reproduite plus bas, $ 13, et dans la section XXXIII, 8 16.
assez
Pourquoi, quand il fait froid, a-t-on beaucoup plus d’appétit, et pourquoi a-t-on plus besoin de manger en hiver qu’en été ἢ
N'est-ce pas parce que l'appétit survient par le défaut d'aliments secs, dont on manque, et que, pendant le froid et en hiver, la chaleur intérieure venant à se resserrer dans un espace plus étroit, la nourriture intérieure vient à manquer plus vite? Et quand cet effet se produit, on comprend bien que la faim se produise aussi plus vivement. Le relâchement et la faiblesse que cause la faim, surviennent par l'absorption qui ἃ lieu dans le corps, grâce à l'accumulation de la chaleur ; et en s’infiltrant dans le lieu des aliments, la chaleur y devient la nourriture du corps. Mais si la chaleur arrive jusqu’au principe de la respiration, on perd la voix, et l’on tombe en faiblesse. D'une part, on perd la voix, parce que le canal de la
8.9. Pourquoi, quand il fait froid... L'observation est vraie dans nos climats aussi bien que dans celui de la Grèce. — 4-ἐ- ON. plus d'appétit. Ou « a-ton plus faim.» — Par le défaut d'aliments secs. La pensée est insuffisamment exprimée; οἱ les aliments secs ne manquent pas plus en hiver qu'en été. Mais il est possible que l'auteur veuille parler de l'alimentation, en quelque sorte intérieure, qui entretient l'organisme ; le contexte prouve qu'il faut entendre en ce sens cette première partie
de l'explication. — La chaleur y devient la nourriture du corps.
Ces théories physiologiques doivent nous paraitre bien singulières; mais on ne doit jamais oublier que ce sont les premières lentatives d'observations scientifiques. — On perd la voix... Cette explication ne vaut pas mieux que les précédentes. — Et méme avec peu de choses. C'est-à-dire, avec des aliments en très petite quantité, comme la suite le prouve ; une simple bouchée de pain suffit pour apaiser la vivacité du
Peru
respiration est bouché ; et la faiblesse, qui ôte toutes les forces, provient de ce que le corps n’est pas nourri et qu'il s'affaisse. On peut très aisément combattre le malaise mêmeavec peu de choses, parce que le principe de cette affection est tout extérieur. Le froid intérieur, concentrant notre chaleur, nous donne faim. De même que, dans un accès de peur, on tremble et
l’on pälit, et que le danger passé on revient au même état qu'auparavant, de même, quand on ἃ faim, 1] suffit d’une bouchée de pain pour qu'après avoir été vivement éprouvé et jeté hors de soi, sans que d’ailleurs on soit allé jusqu'à être désorganisé, on se remette bien vite de ce malaise. C’est une même cause qui, après avoir contrarié le cours naturel des choses, le rétablit de nouveau. Il n’y ἃ qu’à laisser faire la nature ; c’est comme des enfants qui tirent en sens contraire sur une corde, et, qui, s'ils viennent à la lâcher, tombent tous deux à la renverse.
Pourquoi, quand on vient de faire des exercices,
besoin. — On se remette bien assez souvent. — Comme des
vite de ce malaise. Aujourd’hui, on peut aisément vérifier le fait en mangeant quelque aliment sucré ; l'action en est immédiate, et le malaise de la faim passe sur-le-champ, sans que d'ailleurs le besoin soit réellement satisfait. — Zln'y a qu'à laisser faire la nature.
C'est un conseil très pratique, que l'on ne sait pas appliquer
enfants. Le fait attribué aux enfants qui se livrent à ce jeu, est exact; mais la comparaison ne semble pas très juste; et ce qui précède ne la justifie pas assez clairement.
8 10. Quand on vient de faire. Le texte n'est pas aussi précis; mais il est certain que l’on est plus sensible au froid quand on vient de cesser les
a-t-on moins de résistance au froid que quand on ne s'exerce pas ἢ
N'est-ce pas parce que la fatigue des exercices fait disparaitre la graisse ? Or c’est la graisse qui échauffe ; car tout ce qui est onctueux est chaud. N'est-ce pas aussi parce que le corps respire plus aisément et qu’il maigrit, attendu que, par les exercices, la graisse et tous les résidus se trouvent absorbés, de telle sorte qu'il ne reste plus de défense et de protection contre le froid? N'est-ce pas encore parce que, les pores étant débouchés, il y a beaucoup de portes qui s’ouvrent, en quelque facon, pour les sueurs ? Il est évident d’ailleurs que ce n’est pas la même disposition qui contribue à la santé et à la force ; car 1| semble
bien que l’une est grasse, et que l’autre est sèche.
exercices et qu'on est encore tout en nage. — fait disparaitre la graisse. C'est bien là en effet un des résultats de ἰὰ fatigue. — C'est la graisse qui échauffe. 11 y a encore d'autres causes à la chaleur naturelle :
et par exemple, l'ardeur de la circulation du sang, que l'exercice un peu violent provoque toujours. — Tout ce qui est onctueux est chaud. C'est exagéré; mais en général les substances grasses sont moins froides que les autres. — Æespire plus aisément. Ou « devient plus perméable à l'air ». — Qu'il ne reste plus de défense.
C'est la conséquence de la théorie qui vient d'être exposée.
— Etant débouchés. C'est bien
l'effet de l'exercice ; et de là, le bien-être qu'il communique à toute l'organisation. En somme, les explications données dans ce $ sont justes ; et les Anciens avaient plus de compétence que nous pour bien juger des effets de la gymnastique. — Ce n'est pas la même disposition... C'est exact, et l'on peut se porter très bien sans avoir beaucoup de force musculaire : et réciproquement.
Mais en général la force et la santé vont de pair. — L'une est grasse. l'autre est sèche. C'est la suite logique de la théorie précédente. Voir plus haut section I, 8 53, et dans cette section VIII, ὃ 4, des questions analogues, qui ne sont pas moins intéressantes.
SECTION VIII, FROID ET FRISSON, ὶ 12 A
Pourquoi frissonne-t-on également, soit qu'on se verse sur soi de l’eau chaude, soit qu'on se verse de l’eau froide ? IT semble cependant bien étrange que les contraires produisent le mème effet.
N'est-ce pas parce que, si l’on s’arrose avec de l'eau froide, la chaleur du dedans s'éteint, et qu'alors elle produit le frisson, et que, si c’est de l'eau chaude, le froid du dehors est refoulé sur un seul point et s’accumule en dedans, où il doit se retirer et fuir? Ainsi, les deux phénomènes sont bien produits par la même cause, La seule différence, c'est que tantôt c'est du dedans, et tantôt du dehors.
Pourquoi les poils qu'on ἃ sur la peau sont-ils pris de frisson ?
N'est-ce pas parce qu'après avoir contracté la peau, ils se soulèvent aussi tout naturellement ? Or ils con-
δ 11. Soct qu'on se verse sur sot de l’eau chaude. I ne s'agit que d'aspersion d'eau chaude ou d’eau froide. Quelques commentateurs ont compris qu'il s'agissait de boissons chaudes et de boissons froides. — δὲ l'on s'arrose avec de l’eau froide.
Le texte n’est pas tout à fait aussi précis. — Με que st c'est de l’eau chaude. Même remarque. — Sur un seul point. La nuance du texte est peut-être moins forte. — La seule diffé-
rence... L'auteur aurait peutêtre pu marquer la différence plus nettement.
δ 12. Sont-ils pris de frisson.
Voir plus bas, & 15 et 21, la même question ; voir aussi plus haut, ὃ 5. — Après avoir contracté la peau. L'expression ne semble pas très correcte, puisque ce ne sont pas les poils qui contractent réellement la peau ; ils subissent plutôt la même action qu'elle; ils se dressent, pendant qu'elle se resserre.
tractent la peau par l'action du froid, et aussi par d’autres influences.
Pourquoi éprouve-t-on un frissonnement en achevant d’uriner ἢ » . . ΄ “ s* N'est-ce pas parce que, le liquide étant à lPintérieur, la vessie est pleine de chaleur, ainsi que les canaux voisins ? L’'urine étant sortie, la vessie se remplit d'air froid ; car il ne peut pas y avoir rien de vide ; et il faut que ce soit de l’air, ou un corps quelconque, qui la remplisse. Du moment donc que 3 τὰ. = . . 5 ὃ , c'est de l'air froid qui entre, il est tout simple qu’on ait le frisson.
Pourquoi, lorsqu'on a froid, la langue balbutiet-elle comme dans l'ivresse ἢ
N'est-ce pas parce que la langue épaissie et durcie par le froid a plus de peine à se mouvoir ? Ainsi gènée, elle ne peut pas articuler nettement les sons.
8 13. En achevant d'uriner.
Voir plus haut, ὃ 8. Ici la cause du frisson est plus clairement expliquée ; mais elle n'est peutêtre pas plus exacte. — Se remplit d'air froid. n'est pas possible que ce soit l'air du dehors qui entre dans la vessie et la refroidisse ; c'est un mouvement spasmodique et nerveux qui se produit à ce moment ; et les contractions de la vessie elle-
même n'y sont pas étrangères.
— D'un corps quelconque. J'ai ajouté l'épithète. Corps signifie Matière.
8 14. Balbutie-t-elle comme dans l'ivresse. Le phénomène n'est peut-être pas tout à fait le méme dans les deux cas ; mais il est assez semblable. — 4 plus de peine à se mouvoir. Cette première raison est la meilleure; la langue est gêénée par le froid,
N'est-ce pas aussi parce que, tout au dehors étant froid, la langue se trouve bien trop humectée par le froid, qui se précipite en dedans? La langue dès lors ne peut plus remplir sa fonction, par le motif qu'on a expliqué à propos des gens ivres. N'est-ce pas encore parce que, le mouvement étant irrégulier par suite du tremblement que cause le froid, la langue ne peut plus bien articuler les mots qu'elle prononce, et qu'alorselle balbutie ?
Pourquoi les poils du corps se hérissent-ils quand on ἃ froid ?
N'est-ce pas parce qu'à la suite du refroidissement, la chaleur s’accumule au dedans ? La chaleur venant à manquer à la chair tout à coup, la chair se condense de plus en plus. En se condensant, elle fait que les poils se dressent davantage. Ou n'est-ce pas... ?
Pourquoi en hiver a-t-on plus froid quand on court que quand on reste en place 9
comme le reste du corps.— Bien trop humectée. 1] ne parait pas que ceci soit exact. La langue n'est pas plus humide en hiver que dans les autres saisons. — Expliqué à propos des gens iwres. Voir plus haut, section II, 891. — Par suite du tremblement.Cette influence du froid est très possible; la langue tremble et grelotte comme tous les membres.
8 15. Les poils du corps...
Voir une question analogue plus haut, $ 12, et plus loin, $21. La solution est partout la même dans ces divers passages. — Ou n'est-ce pas. La fin de la phrase manque dans tous les manuscrits. On peut la suppléer d'après les autres 85 qu'on vient de citer.
816. Plus froid quand on court. Le fait est exact, et l’explication est acceptable. C'est le
N'est-ce pas parce que l'air répandu autour du corps, étant échauffé tout entier comme nous, quand nous restons en place, ne nous incommode pas ? Au contraire, quand nous courons, c'est constamment un autre air qui nous frappe; cet air-là est froid ; et aussi avons-nous plus froid. De plus, l'air agité en devient plus froid; et c’est surtout la course qui l’agite.
Pourquoi fait-il plus froid au petit jour, quoique cependant le soleil soit plus près de se montrer ?
N'est-ce pas parce que c’est le moment le plus éloigné de la disparition du soleil, et parce qu'alors la terre se refroidit davantage? N'est-ce pas aussi qu'avec le jour la rosée vient à tomber, comme une
même phénomène que celui qui se produit quand le vent souffle en hiver; on a beaucoup plus froid que quand il n'ya pas de vent. On a alors la figure coupée par la bise. La course est cause de la même sensation, par l'agitation qu’elle donne à l'air. Il faut d'ailleurs admettre qu'il doit s'agir ici d'une course peu prolongée ; car si elle est un peu longue, elle échauffe loin de refroidir ; et la sueur se manifeste, malgré le froid qui sévit.
Voir plus haut, section V, 8 17, une question qui se rapproche de celle-ci, relativement à l'action de l'air ; et $ 36, une question sur l'influence du soleil, selon qu'on reste en place ou
que l’on se meut. — L'air agité en devient plus froid. C’est là ce qui fait qu'en soufflant sur un liquide chaud on le refroidit.