Plus froid au petit jour
Voir la même question plus loin, section XXV, $ 5 et 15. Le phénomène est vrai; et l'explication est juste également, du moins dans sa première partie.
— De la disparilion du soleil.
Le soleil a disparu la veille ; et le moment le plus éloigné de son action sur l'atmosphère est celui où il fait le plus froid, parce que la chaleur qu’il a répandue s’est dissipée entièrement. En effet, la terre se refroidit alors davantage, comme l'auteur le dit. — La rosée vient à tomber.
SECTION VIII, FROID ET FRISSON, ὃ 18 239 sorte de givre ; or tous ces produits sont froids. Et ne tombent-ils pas précisément parce que la chaleur, qui s'élève en haut, est dominée, et que 51 elle l’est, c'est que le soleil est éloigné et ne se montre pas ? Quand il'est plus éloigné, ces produits ne tombent pas; mais quand il est plus proche, ils tombent et se condensent, parce que le lieu se refroidit d'autant plus que le soleil est absent depuis plus longtemps. N'est-ce pas aussi qu'à l’approche du jour les vents de la nuit amènent plus de froid ? Ou bien encore n'est-ce pas que nous sommes plus sensibles au froid, parce que la digestion des aliments est achevée? L’estomac étant vide, nous sommes plus accessibles au froid. La preuve, c'est qu'on a très froid après qu'on a vomi.
Pourquoi les gens frappés par le froid souffrent-ils
Ce phénomène aussi est certain.
Les matinées sont en général plus fraiches que le reste du jour. — Est dominée. C'est la traduction fidèle du mot grec.
Par Dominée, on doit entendre que le froid l'emporte sur la chaleur, qui remonte loin de la terre. — Est éloigné et ne se montre pas. I n'y a qu'un seul mot dans le grec.— Et se condensent. Voir la théorie de la rosée dans la Météorologie, livre I, ch.
10,$ Letsuiv. La science aujourdhui se rend complètement compte du phénomène; maisles Anciens le connaissaient déja as- 562 exactement.— Æst absent de-
puis plus longtemps.C'esten partie la répétition de ce qui vient d’être dit.— Les vents de la nuit.
I n'y a pas toujours du vent pendant la nuit.— Nous sommes plus sensibles au froid. Le dernier argument nesl pas sans valeur ; et une expérience personnelle a pu prouver à chacun de nous que, quand on est à jeun, on sent bien davantage la fraîcheur du matin. — δα preuve... Cette preuve n'est peutêtre pas aussi forte que l'auteur le suppose, parce que le vomissement est encore autre chose qu'un simple refroidissement.
S 18. Les gens frappés par le
quand on les approche trop brusquement du feu, tandis que, si on les échaulffe peu à peu, ils ne souffrent pas ?
N'est-ce pas parce qu'un changement complet d’un contraire à l’autre contraire, cause une sensation plus violente ? C’est comme pour les arbres qu'on veut plier ; en y allant petit à petit on les amène sans accident au point qu'on veut, tandis que, si l’on y va trop fort et non peu à peu, on les brise. Si donc le semblable n’est pas affecté par le semblable, et si la chaleur, quand on a froid, se condense et se concentre en dedans, il ne reste que Phumide et le froid. Or le contraire détruit le contraire. Par conséquent, en réchauffant petit à petit, on fait sortir doucement la chaleur, et l’on souffre moins. Si l’on ne réchauffe pas le patient avec cette modération, on lui cause plus de souffrance.
Pourquoi, quand on a bien froid, un même degré de chaleur vous brüle-t-1l, et vous fait-il souffrir davantage ?
froid. Le fait est exact, et ila sont pas développées assez été vérifié des milliers de fois clairement. — Plus de souf-
depuis ces premières observations. — Un changement complet. L’explication esttrès bonne, et c'est certainement une modification trop soudaine qui cause une souffrance parfois mortelle.
— Comme pour les arbres. La comparaison est très juste. — δὲ donc le semblable... que l'humide et le froid. Ces idées ne
france. Sans compter les accidents très graves qui peuvent se produire. Septali trouve que ce ὃ est trés obscur. On ne peut pas être de cet avis ; et maigré quelques restrictions, qu'il est possible de faire, ce $ est facile à comprendre.
8 19. Un méme degré de chaleur... Voir la même question
N'est-ce pas parce que la chair, à cause de son épaisseur, arrête la chaleur qui survient ? Et c’est ce qui fait que le plomb est plus chaud que la laine. Ou bien n'est-ce pas que la circulation de la chaleur n’a lieu que par force, attendu que les canaux sont bouchés par le froid ?
Pourquoi ne sent-on pas le froid quand on est en colère ?
N'est-ce pas parce que la colère est le contraire de la crainte, ainsi que le courage, et que la colère est un produit du feu ? Comme on ressent un grand feu à l’intérieur, on est tout échauffé. C’est un fait que l’on peut observer surtout chez les enfants. Les hommes sont bouleversés par la colère ; mais les enfants retiennent tout d’abord leur respiration longtemps ; puis ils deviennent tout rouges ; car la chaleur qu'ils
plus loin, section XXX VII, $ &, où elle est résolue de même. — Un même degré de chaleur. I y a des éditions qui retranchent Même. Ce mot semble indispensable à quelques autres éditeurs. Je crois qu’on pourrait le supprimer ; et cette suppression rendrait l'observation plus exacte, — À cause de son épaisseur. Quelques manuscrits portent Froideur au lieu d'Epaisseur. La chair est contractée par le froid ; et la chaleur y pénètre plus difficilement ; mais elle y reste aussi davantage,
quand une fois elle y a pénétré.
— Le plomb est plus chaud que la laine. C'est-à-dire que la densité du plomb fait qu'il garde la chaleur beaucoup mieux que la laine, qui est rare.
δ. 20. Ne sent-on pas le froid.
Dans l'exaspération de la colère, on ne sent pas le froid, parce que de fait on ne sent rien, le froid pas plus que le reste.— De la crainte. Le sens du mot grec est ici assez équivoque. — Surtout chez les enfants. C’est une observation qu'on peut faire très souvent, et qui est très bien
ont à l’intérieur, s’accumulant et les humectant, les fait rougir ; si on leur jette une assez forte quantité d’eau froide, leur colère s’apaise aussitôt, parce que leur chaleur s'éteint immédiatement. Or, quand on est crainlif et qu'on ἃ peur, c’est tout le contraire. On tremble, on ἃ froid et l'on pâlit, parce que, dans ce cas, la chaleur abandonne les parties superficielles du corps.
Pourquoi, quand on a le frisson, les poils et les cheveux se dressent-ils tout droits ?
N'est-ce pas parce qu'ils sont naturellement renfermés dans l’humidité ? Car le fond du poil domine l'humide. Or le frisson vient du froid; et le froid congèle naturellement la chaleur. Quand donc l’humide, d'où sortent naturellement les poils, vient à changer, il est tout simple que les poils changent aussi. Ils changeront donc en sens contraire ; ou ils demeureront dans le même état, si le poil peut à son tour dominer sur l'humidité. Or il n’est pas probable
expliquée ici. — Les humectant.
L'expression est assez étrange ; mais le mot grec ne peut avoir un autre sens. — Une assez forte quantité d'eau froide. C'est encore ce qu'on fait parmi nous. — Quand on est craintif et qu'on a peur. Les deux mots du texte signifient à peu près la même chose. — Les parties superfictelles. La chaleur se retire au dedans, et surtout vers le diaphragme.
δ. 21. Se dressent-ilstout droits.
Voir plus haut, 8 12 et surtout ὃ 15, la même question résolue plus concisément; voir aussi section XXXV, $ 5. C'est dans le présent ὃ 21 que l'explication est plus complète, si ce-n’est plus satisfaisante. — L’humide, d'où sortent naturellement les poils.
La physiologie contemporaine ne saurait accepter cette théorie, qui, selon toute apparence, vient de l'école Hippocratique. —
pu
SECTION VIII, FROID ET FRISSON, ὃ 22 231
que, quand l'humide s’est congelé et qu'il s'est épaissi, le poil l'emporte encore en poids. Mais si le poil ne peut se plier, ni dans un sens, ni dans l’autre, parce que l’humide est congelé, 1l n'a plus qu’à rester tout droit. Ou bien n'est-ce pas aussi que la chaleur, repoussée par le froid, s’aceumule à l’intérieur ? Et alors la chaleur se retirant de la chair, où elle manque, la chair devient plus compacte et se rétré- ‘cit. La chair, en se rétrécissant, fait que les poils sont plus droits, de même que, si l’on ἃ un pieu ou tel autre objet à fixer en terre, on tasse et l’on accumule la terre tout autour, afin que le pieu soit plus droit que si on laissait la terre sans tassement.
Pourquoi, lorsqu'on a très froid, ne peut-on pas dormir ?
N'est-ce pas parce que, quand on a froid, on retient son haleine, plutôt qu’on ne l’exhale ? Et n'est-ce pas
— L'emporte encore en poids. 1] est difhicile de comprendre quel poids peut avoir un poil. — Ilr’'a plus qu'à rester tout droit. Quoi que l'on puisse penser de la valeur de ces explications, on voit toujours que l’auteur observe très attentivement les choses.
L'érection des poils est un phénomène très délicat; et peut-êtrene l'explique-t-on pas aujourd'hui mieux qu'au temps d'Aristote.
— Ou bien n'est-ce pas aussi.
Cette seconde solution n'est guère meilleure que la première, — Devient plus compacte
et se rétrécit. Τὶ n'y a qu’un seul mot dans le grec. — Un pieu.….
à fixer en Lerre. Cette comparaison est assez ingénieuse ; mais elle n'est pas très juste, puisqu'il ya toujoursune main d'ouvrier qui plante le pieu; pour les poils, il n'y a rien de pareil.
δ 22. Ne peut-on pas dormir.
Voirplusbaut, $2,la même question résolue de même, quoique en termes un peu différents.
Septali remarque qu'un froid léger aide plutôt à dormir, mais qu'ici l’auteur parle spécialement d'un très grand froid.
que, quand on dort, on expire plus qu'on n’aspire ? Et voila comment le froid que nous ressentons, nous met dans un état contraire à celui où nous met le
sommeil.