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Pourquoi l’homme, qui a le don de la parole, a:t-1l la voix formée plus tard que le reste des animaux ?
guère essayé d'étudier les animaux. — Le seul qui jouit de la parole. La réponse est évidente.
Dans l'Histoire des animaux, Aristote a exalté ce privilège de la race humaine.
ὃ 56. Plus aigu en hiver... à jeun. Voir plus haut, ὃ 17, la première partie de cette question, déja résolue comme elle l'est ici. Voir aussi $ 61.— Dans l'été et quand on est ivre. Ces observations paraissent exactes, et l’on peut toujours les vérifier. Mais, comme le remarque Septali, l'auteur se contredit
lui-même, puisque,dansieS 17,1] a dit que la voix est plus grave en hiver, et quil répète cette assertion dans le $ 61. Il est possible que ce soit un simple oubli ; mais il se peut encore que ce soit un autre auteur qui ait écrit ces deux $$, 56 et 61. Voir la Dissertation préliminaire sur la composition des Problèmes.
— D'une forte tension des organes. Le texte est moins précis. — Les sueurs. Même remarque.
ἃ 57. La voix formée plus tard. La question est intéres-
N'est-ce pas parce que sa voix peut avoir une foule de nuances et de formes ? Les autres animaux, ou n'articulent pas une seule lettre, ou n’en articulent que très peu. Mais il est nécessaire que la voix, qui a le plus de variétés et de différences, demande plus de temps pour se former.
Pourquoi la vue ne traverse-t-elle pas les corps solides, tandis que le son de la voix les traverse ?
N'est-ce pas parce que la vue va toujours en ligne
Le
droite, δὲ π᾿ ἃ qu'une seule marche ? La preuve, ce sont, d'une part, les rayons du soleil, et d’autre part la nécessité où nous sommes de ne voir qu’en sens contraire, tandis que la voix a des mouvements nombreux
sante ; et la réponse est très solide. — Une foule de nuances et de formes. Le fait est exact de tous points. — Pas une seule lettre. I] serait en effet fort difficile de distinguer l'émission claire d'aucune lettre dans la voix des animaux, quelque attention qu'on y apporte. — Que très peu. On peut affirmer qu'ils n'en prononcent aucune.— Plus de temps pour se former. C'est évident. Voir sur le langage, privilège de l'homme, l'Histoire des animaux, livre IV, ch. 9:
les Parties des animaux, livre II, ch. 10 ; et la Génération des animaux, livre V, ch. 6.
8 58. La vue. J'ai conservé la formule du texte ; mais au lieu de la vue, c'est la lumière qu'il faudrait dire, comme au 8 49 ci-
dessus, où la même question est posée et résolue d'une manière plus concise et plus nette.
— Ne traverse-t-elle pas les corps solides. ΤΠ] faudrait ajouter:
«et transparents »; car la lumière s’arrêle aussi devant bien des corps qu'elle ne peut pas traverser. — Va toujours en ligne droite. C'est exact; mais ce n'est pas là ce qui fait que la lumière traverse certains corps, et qu'elle est arrêlée par certains autres. — D'une part.
d'autre part. L'opposition est moins marquée dans l'original.
Les rayons de la lumière solaire, ei les rayons visuels chez l'homme sont toujours en ligne droite; niles uns, ni les autres ne s’infléchissent. — Qu'en sens contraire. J'ai conservé la formule
noté. à À
SECTION ΧΙ, LA VOIX, ὃ 58 369 et que nous l’entendons en effet de tous les côtés. Quand donc la lumière est arrêtée dans sa direction droite, parce que les canaux ne concordent pas entre eux, on ne peut voir à travers les corps. Mais l'air et la voix ayant un mouvement en tous sens, ils se répandent partout, et l’on entend de partout. Au contraire, dans les liquides, la lumière traverse ; mais les sons ne peuvent pas y être entendus, ou n'y sont entendus qu'à peine, le liquide étant plus léger que la terre, parce que ses pores sont petits, et que les uns correspondent aux autres. La vue peut donc s'y mouvoir en ligne droite, sans rencontrer d’obstacle. C’est là ce qui fait aussi qu'on voit à travers le verre, Lout épais qu'il est, et qu'on ne voit pas à travers une planchette, quelque mince qu'elle soit. C’est que les pores du verre sont correspondants, et que les pores de la planchette sont divergents. Il n'importe pas que les pores soient grands, du moment qu'ils ne sont pas en ligne droite. La voix ne s'entend pas, parce que les vides qui sont dans l’eau sont plus petits que ceux de l'air. Ils ne sauraient donc recevoir la voix, qui ne peut pas y rester, et c’est à peine s'ils reçoivent l'air qui accompagne la voix; car la voix n’est que de
grecque; mais on pourrait y substituer le simple mot de Directement.— De tous les côtés.
Voir plus haut, $ 8 — Les canaux. Ou «les pores ». — Le verre. L'invention du verre parait fort ancienne, puisqu'on trouve de la verroterie dans les tombeaux égyptiens les plus ἜΣ:
antiques. La fabrication du verre s'était fixée à Sidon, et plus tard à Alexandrie : la Grèce la connut de fort bonne heure. — Une planchette. Sous-entendu : « De bois ».— Sont correspondants...
sont divergents. Le texte n'est pas plus précis.— Les vides qui sont dans l'eau. L'explication
l’air en une certaine condition. Tout corps n’est pas perméable, par cela seul qu'il est rare et poreux ; il faut en outre que ses pores soient proportionnés au corps qui les traverse. Par suite, ce corps ne saurait retenir la matière, si ses pores ne sont pas faits pour recevoir cette matière spéciale. Néanmoins, un corps qui est rare est mou et il peut rentrer sur lui-même. Mais il y a des corps qui ne le peuvent pas, à cause de la petitesse de leurs pores, comme le verre, dont les pores ne se contractent pas et ne s’abouchent pas, non plus que ceux de la planchette, qui, cependant, est un corps plus rare, et c’est par la raison qu'on vient de dire. Il en est de même de l’eau, ou de tout autre corps analogue. Par là, on doit concevoir très clairement comment il se fait qu'un corps qui est rare et mou, étant identique ou de nature fort approchante, ne se contracte pas cependant davantage, quoique plus rare ; car tous ces faits s'expliquent de même et ont la même cause.
Pourquoi la voix s’affaiblit-elle quand on l'élève, bien qu’elle conserve cependant le même timbre ?
n'est guère satisfaisante. — De l'air dans une certaine condition.
Voir plus haut, 8 51. — Æare et poreux. 1] n'y a qu'un seul mot dans le grec. — Cette matière spéciale. Le texte n'est pas aussi précis. — S'expliquent de méme. C'est-à-dire, par la divergence, ou la convergence, des pores des matières par lesquelles doit passer la lamière,
ou le son. Quelque jugement que l’on porte sur la vérité de ces théories, on ne peut que louer l'effort que fait l'auteur pour s'expliquer ces phénomènes divers. Voir plus loin, section XXV, $ 9, la même question exposée plus concisément.
$ 59. Quand on l’élève.Ce sens
n'est pas {rès sûr; mais l'ex-
N'est-ce pas parce que la voix se mêlait aux personnes mêmes ? Mais ce qui se mêle à une autre chose, ne peut y être ici ou là ; c'est partout. Si donc on élève la chose également de partout, elle se contracte également. Il y a donc nécessité qu'elle soit plus faible, tout en restant pareille.
Pourquoi bégaye-t-on ?
N'est-ce pas parce qu'on se presse, sous l’action d'une chaleur qu'on ressent, et qu'en se pressant si fort, on s’essouffle soi-même par trop de hâte, comme s’essoufflent les gens qui sont trop en colère ? En cet état d’excitation, on est également plein de suffocation; et par suite, la respiration s’accumule. N'est-ce pas aussi parce qu'on suffoque, à cause du bouillonnement
pression du texte est insuffhsante, et il n'y a pas de variante pour le corriger. Septali trouve que ce passage est très difhcile
concert de plusieurs voix à l'unisson ; on retranche quelques chanteurs ; la voix totale est plus faible ; mais le ton peut
à comprendre, et nous sommes de son avis ; mais nous ne nous flattons pas de l'éclaircir mieux
que lui. — Ze méme timbre. Le texte dit : « Pareille par le caractère ». — Se mélait aux per-
sonnes. Cette phrase est la plus obscure de tout ce$; et l’on peut même trouver qu’elle est tout à fait incompréhensible, les mots d'ailleurs ayant un sens qui n'est pas douteux. Septali, qui ne s'explique pas non plus luimême très nettement, semble supposer qu'il s'agirait ici d’un
cependant rester le même. Cette interprétation est hasardeuse ; mais on peut l'admettre aussi bien que toute autre.
8. 60. Bégaye-t-on. Voir plus haut, $ 54, la même question posée en termes plus concis et plus clairs. — En se pressant si fort... Le texte n’est pas aussi développé. — En cet élat d'excitalion. Ici encore le texte est plus concis. — N'est-ce pas aussi... Il semble que l’auteur veut donner une seconde solution différente de la première ;
de la chaleur, qui est en grande quantité, et qui ne peut sortir à temps, au moment où l'on aspire l'air ἢ Ou bien, n'est-ce pas, au contraire, un refroidissement plutôt qu'une chaleur de l'organe qui sert à parler, et une sorte d'apoplexie de cet organe ἢ C’est là aussi ce qui fait qu'on parle plus confusément quand on est
échauffé par le vin, ou par une longue conversation.
Pourquoi la voix est-elle plus grave en hiver ?
N'est-ce pas qu'alors l'air est plus épais ? Et l'air étant plus épais, le mouvement y est plus lent; et par suite, la voix est plus grave. N'est-ce pas aussi parce que l'air traverse plus lentement les poitrines ? Alors, le pharynx se trouve bouché par le froid et par le phlegme qui s’y écoule.
Pourquoi les enfants, les femmes, les eunuques et les vieillards ont-ils la voix aiguë ?
mais au fond, c'est la même. — Ou bien n'est-ce pas... Cette solution est tout autre, puisqu'elle est le contraire des précédentes. — On parle plus confusément. C'est aussi ce qui est dit, quoique en d'autres termes, dans ie ὃ 54; mais cette réflexion semble être assez bien placée ici, puisqu’en effet l’action du vin fait balbutier, et qu'on balbutie également quand on s’est trop fatigué à parler sans reprendre haleine.
8 61. Plus grave en hiver. Plus haut, $ 17, la même question a été posée, et résolue d'une manière presque pareille; mais dans le $ 56, il est dit tout au contraire qu'en hiver la voix est plus aiguë. Ilest difficile de concilier ces contradictions.
8. 62. Les enfants... ont-ils la voix aiguë. Voir plus haut la même question présentée presque sous les mêmes formes, $$ 16 et 34, où il y a seulement un détail de plus. La solution
SECTION XI, LA VOIX, ὃ 62 313
N'est-ce pas parce que le mouvement, quand il est plus rapide, est aussi plus aigu ? Mais, quand la même chose devient plus grosse, elle est plus difficile à mouvoir ; et les êtres qui sont dans toute leur force, attirent plus d'air en eux-mêmes. L'air, en arrivant plus lentement, rend aussi la voix plus lente. Chez les enfants et les eunuques, comme la quantité d’air est moindre, c’est le contraire qui se produit. Les vieillards n’ont pas plus la force de résister que les malades et les enfants, qui tremblent quand ils prennent un long morceau de bois par un bout, et que l’autre bout est tout oscillant. Le tremblement qu'ils éprouvent vient de ce que la force leur manque. Il faut supposer que, dans l'inquiétude, dans la peur, ou par le froid, c’est la même cause qui fait que la voix vient à trembler. Quand on ἃ la voix en cet état, la grande partie de ces sensations se concentre à l’intérieur, el le peu de force qui reste ne peut plus suffire à gouverner la voix. C’est ce qui fait qu’elle est agitée et qu'elle tremble. Aussi, les artistes qui se rendent compte de cette agitation, causée en eux par l'inquiétude, commencent-ils par parler à voix basse, jusqu'à ce qu'ils se sentent remis. La voix étant plus faible, ils sont maitres de la diriger plus aisément.
est de part et d'autre un peu différente. La physiologie moderne n'accepterait pas ces explications ; mais elles pouvaient passer pour fort sagaces, au temps où elles étaient données pour la première fois.— Comme la quantité d'air est moindre. Τὶ
semble bien que c’est là une simple supposition, tout au moins pour les eunuques.— Les artistes. C’est la traduction exacte du mot grec, Ceci s’adresse peut-être plus particulièrement aux comédiens et aux orateurs.