Mélancoliques. 1] semble que les raisons données ici ne
hâter inopportunément pourrait s'appliquer à bien d’autres
sont pas très solides. Les bègues sont mélancoliques par suite de leur infirmité, qui les isole de leurs semblables, presque autant que Ja surdité. Quant au rapport moral que l’auteur essaie d'établir entre la mélancolie et le bégaiement, il peut paraître assez bizarre. Il est possible que le mélancolique se laisse aller à ses impressions sans y réfléchir plus que le bègue impatient de parler; mais celte disposition à se
choses. — Trop lents à obéir.
La lecon vulgaire dit plutôt :
« courts ». La variante que j'adopte, d'après la traduction de Firmin-Didot, ne diffère que par une seule lettre. D'ailleurs, à un certain point de vue, les deux mots peuvent être interprétés de la même facon.
8 39. Les poireaux... C'était sans doute les chanteurs qui avaient fait cette observation.
Quant à l’action du poireau sur les perdrix, il est bien difficile
N'est-ce pas parce que l'ail bien cuit lisse l'organe du goût et que les poireaux ont un certain gluant, qui nettoye le pharynx ἢ. ἡ
Pourquoi les autres animaux ont-ils une voix d’autant plus aiguë qu’ils sont plus forts, tandis que l’homme n'a la voix aiguë que quand 1] est malade et faible ?
N'est-ce pas parce que l'homme meut une moindre quantité d'air, que l'air alors va vite, et que ce qui va vite produit le son aigu ?
Pourquoi entend-on mieux quand on retient sa respiration, que quand on la rejette par l'expiration ἢ C’est ainsi qu'à la chasse on se recommande à soi-
même de ne pas respirer trop fort.
de savoir ce qu'ilen est. Septali n'a rien dit dans son commentaire sur ce qui regarde les perdrix. —- L’ail bien cuit lisse l'organe. Ce n'est pas impossible. — Un certain gluant.
Ceci parait assez exact.
8 40. La voix d'autant plus aiguë. Le fait n'est peut-être pas tout à fait exact; et c'est surtout sur les animaux domestiques qu'on peut le constater.
— Quand il est malade. Noir plus haut, $S 21, la même assertion. — Meut une moindre quantité d'air. C'est la même solution qui a été donnée plus
haut, ὃ 21. Septali remarque que les organes de la voix chez l'homme sont très forts, et mieux constitués que chez les autres animaux.
ὃ 41. Entend-on mieux... Voir plus loin, ὃ 48, la même question résolue d’une manière plus concise, mais dans le même sens.
Le fait d’ailleurs est exact; mais pour le bien expliquer, il fallait
savoir plus de physiologie qu'on n’en savait au temps d'Aristote. — À la chasse.
C'est là une remarque que les chasseurs font de nos jours, comme ils pouvaient la faire
SECTION XI, LA VOIX, ὃ 42 901
N'est-ce pas parce que l’organe de la sensation remonte en haut par le relèvement des veines? Quand on dort, cet organe est abaissé ; et aussi, pendant le sommeil, l'expiration est-elle plus forte que laspiration ; et l’on n'entend pas. N'est-ce pas encore que le sang s'élève pendant l'expiration, et qu'ainsi les parties supérieures se vident ? Or, c'est par le vide que l’on entend. N'est-ce pas aussi parce que le souffle est une sorte de bruit ; et comme il s’exhale dans l'expiration, il empêche de bien entendre ?
Pourquoi le sel jeté sur le feu crépite-t-il, et sautet-1l plus vite quand le morceau est petit, et pourquoi les gros morceaux font-ils plus de bruit et sautent-ils davantage ?
N'est-ce pas parce que les uns se divisent sur-lechamp, à cause de leur petitesse, et que les autres ne sedivisent que lentement? Ils onteffectivement en plus
dans l'Antiquité ; ils retiennent leur souffle afin de mieux entendre les mouvements du gibier. — Par le relèvement des veines. En effet, les veines semblent en quelque sorte
S'emplissent, au lieu de Se vident, bien qu'il garde la lecon vulgaire dans son texte.
— Le souffle. Sous-entendu : « de l'expiration. »
ὃ 42. Plus vite... davantage.
remonter pendant le mouvement de l'aspiration. — L'expiration est-elle plus forte. On respire plus fortement pendant le sommeil, et surtout quand on ronfle ; l'expiration est alors beaucoup plus marquée que l'inspiration.
— Se vident. Septali dit au contraire dans sa traduction
Le contraste est entre la rapidité d’un côté, et la force de l'autre. La question d'ailleurs est bien mesquine et presque puérile; mais elle atteste, comme tant d’autres, une vive curiosité de se rendre compte des moindres choses. — N'est-ce pas...
sur-le-champ... lentement. La
grande quantité la matière qui se dissout par le feu. Il faut plus de force pour diviser ce qui est plus grand que ce qui est petit. Le pelit morceau fait peu de bruit, parce que son coup est également petit, tandis qu'un morceau plus gros fait aussi plus de bruit, parce que son coup est plus fort; or, le bruit n’est qu'un coup. Ce qui est plus gros saute davantage quand il est frappé, parce qu'il cède moins.
Pourquoi, si l’on jette une même quantité de sel dans un grand feu, le sel fait-il moins de bruit, ou
A ᾽ ; Φ . ΄ même n'en fait-il pas du tout ἢ
N'est-ce pas parce qu'alors le sel est immédiatement consumé avant d'éclater ? Car il est brülé, parce que l’humide qu'il contient est absorbé, et il ne fait du bruit que quand il éclate en se divisant.
Pourquoi, quand on bülle, entend-on moins bien ἢ
solution est toute simple. — Za Percussion. Voir plus haut, matière qui 86 dissout, en fai- $ 26, la même question. sant une petite explosion. -— Le ὃ 43. Une méme quantité, que
bruit n’est qu'un coup. C'est le fait le plus général, et le bruit
celle qu'on a jetée dans un feu moins grand. Même remarque
suppose toujours un coup frappé par un corps sur un autre corps. — Parce qu'il cède moins.
L'expression est insuffisante ; il aurait fallu la développer davantage. Au lieu de Coup, on pourrait traduire aussi: la
qu'au ὃ précédent sur la nature de cette question. — Qu'il contient. J'ai ajouté ceci pour plus de clarté.
δ 44. Entend-on moins bien.
Voir plus haut, $ 29, la même question, résolue un peu diffé-
N'est-ce pas parce qu'on retire intérieurement sa respiration, et que l'air absorbé, se réunissant vers les oreilles, empêche qu'on entende ? La preuve, c'est que, quand on bâille, il se produit un bruit dans les oreilles. Puis, le bâillement provoque une sorte de voix, et il n'en faut pas plus pour empêcher d’entendre; la bouche, en se dilatant, presse nécessaire-
ment sur l'organe de l’ouïe.
Pourquoi, la voix qui, étant une sorte d’écoulement, se porte naturellement en haut, se fait-elle mieux entendre de haut en bas que de bas en haut ?
N'est-ce pas parce que la voix est de l’air mêlé d'humidité, que cet air, alourdi par l’humide, est naturellement porté en bas et non en haut ? Car la direction naturelle de l’humide, c’est en bas. Voilà comment, quand on est en bas, on entend mieux.
remment. — On retire intérieu- expliquer ces pressions intérement sa respiration. C’est un rieures, qui,de procheen proche, des effets du bäillement, — Se parviennent jusqu'au tympan.
réunissant vers les oreilles. C'est bien vague ; mais la physiologie était trop peu avancée, au temps de l'auteur, pour pouvoir donner une explication plus satisfaisante. — Un bruit. C’est plutôt un bourdonnement qu'un bruit proprement dit, — Une sorle de voix. Un bruit plutôt qu'une voix. — Presse nécessairement sur l'organe de l’ouie. Voilà la vraie cause; mais il faut une anatomie bien délicate pour
ὃ 45. Une sorte d'écoulement.
C'est la traduction exacte : on pourrait dire aussi : «une sorte de fluide ». — De haut en bas que de bas en haut. Le fait n'est peut-être pas absolument certain ; mais il peut se produire dans quelques cas. — Alourdipar l'humide. En réalité, l'humidité est plus légère que l'air; mais c'est le baromètre qui nous l’a appris. — C'est en bas. Ceci est une erreur; et
Mais ce phénomène se produit-il uniquement pour la voix de l'animal, qui est en effet imprégnée d'humidité ? Ne se produit-il pas également pour tout autre son ? En ceci, il en est comme pour la vision ; si la lumière tombe de haut en bas, la réflexion se fait en haut, tandis que si elle va de bas en haut, la réflexion se fait en bas. Il en est absolument de même pour la voix; par sa nature, elle doit se porter en haut; mais, en se heurtant à l'air qui vient en sens contraire, elle ne peut l'emporter en force sur lui, parce qu'il est plus abondant et plus lourd qu'elle. L'air, en se brisant dans son mouvement en sens contraire, se porte en bas; et alors, en se répandant, il fait qu'on entend mieux en bas. C’est aussi ce qui se produit pour l'écho, qui n’est qu'une réflexion de la voix en sens contraire.
Pourquoi la voix est-elle chevrotante bien plus
quand on est ivre que quand on est à Jeun ἢ
l'effet est tout opposé. — Pour cend entrainant la voix avec lui.
la voix de l'animal, et non pas seulement pour la voix humaine, non plus que pour une voix, quelle qu'elle soit. Le phénomène est plus général, et 1] s'applique au son également, même quand il n’est pas articulé.
— Il en est absolument de méme pour la voix. L'explication est ingénieuse., — L'air, en se brisant. On suppose évidemment que l'air vient d'en bas οἱ qu'arrêté par le son, il redes-
Cette théorie n'est pas acceptable. — Se porte en bas. Rien ne le prouve; et ce n'est là qu'une hypothèse. — Pour l'écho. La comparaison est tout indiquée.
8 46. Chevrotante. Le mot grec signifie proprement :
« Brisée ». — Quand on est ivre.
Cette expression est peut-être un peu exagérée; il suffit que l'estomac soit rempli d'aliments; et alors, l'opposition est plus
N'est-ce pas parce que la voix se brise aussitôt qu’on a l'estomac plein ? Ce qui le prouve, c’est que les chanteurs ou les comédiens ne se livrent jamais à leurs études après leur repas, mais quand ils sont à jeun. Dans l'ivresse, au contraire, comme les organes sont plus pleins, il est tout simple que la voix soit bien plus brisée.
Pourquoi, lorsqu'on est éloigné, entend-on mieux les voix les plus aiguës ?
N'est-ce pas parce que l’aigu dans la voix est rapide ? Les corps qui ont surtout un mouvement forcé se meuvent plus rapidement; et, animés d’un mouvement plus fort, ils portent plus loin.
Pourquoi entend-on mieux quand on retient sa
respiration 9
nette entre les deux états, l’un où l’on a mangé, l'autre où l'on est à jeun. — Mais quand ils sont à jeun. C'est toujours l'habitude de nos artistes, chanteurs, ou comédiens. — Les organes sont plus pleins.
On pourrait traduire aussi :
« Comme on est plus plein de nourriture, etc. » Voir pius haut, $S 12 et 22, où les explications sur l'effet des aliments dans l'estomac sont beaucoup plus développés qu'ici.
δ. 47. Lorsqu'on est éloigné.
Voir plus haut, $ 6 et 20, la
même question, résolue moins concisément qu'elle ne l'est ici.
L'explication que donne l'auteur dans ce nouveau ὃ n'est peut-être pas très bonne. La voix s'entend de loin non pas uniquement parce qu'elle est plus aiguë, mais aussi parce qu'elle est modulée d’une certaine manière. L'intonation est pour beaucoup dans la portée du son. — L'aigu... est rapide.
Plus les vibrations sont rapides, plus le son est aigu ; c’est là un principe de l’acoustique.
$ 48. Quand on retient sa res-
N'est-ce pas parce que l'aspiration produit un certain bruit ? Il est tout simple que l’on entende d’autant mieux que le bruit est plus faible ; et le bruit est plus faible quand on retient son souffle.
Pourquoi la lumière ne traverse-t-elle pas les corps opaques, bien qu'elle soit plus légère, qu’elle porte loin, et qu'elle marche plus rapidement, tandis que le bruit les traverse ?
N'est-ce pas parce que la lumière marche en ligne droite ? Il en résulte que, quand un obstacle vient à interrompre cette marche toute directe, la lumière s’y renferme complètement. Mais le son est porté, sans l'être exclusivement, en ligne droite, parce que c’est un vent. Aussi, entendons-nous le bruit qui nous arrive en tous les sens, et non pas seulement les sons qui arrivent directement à nos oreilles.
Pourquoi la voix est-elle grave quand on rit et aiguë quand on pleure ?
piration. Voir plus haut la ligne droite. Le fait est exact en
mais la lumière est
même question, 8 41.— Produit un certain bruit. Cette explication, qui ici est toute seule, est accompagnée dans le $ 41 de plusieurs autres.
8 49. La lumière... le bruit.
La même question est reproduite plus loin, $ 58,et section XXV, 8.9. Le fait mérite d'être étudié, et l'explication est assez ingénieuse, bien qu'elle ne soit pas complète. — Marche en
un sens ; diffuse aussi; et en ce sens, elle se rapproche du son. — La lumière s'y renferme. Ceci n’est qu'une simple métaphore, peu conforme à la réalité. —Qui nous arrive en tous les sens. La lumière aussi présente la même condition. J'ai adopté la lecon de l’édit. Firmin-Didot.
S 50. Grave quand on rit...
aiguë quand on pleure. Voir
SECTION XI, LA VOIX, ὃ 51 303
N'est-ce pas parce la voix aiguë résulte d’une certaine tension des corps, et que l’aigu est faible ? Or, ces deux conditions se produisent plus complètement lorsqu'on pleure ; car on se raidit davantage en pleurant, et à la fois on est plus faible.
Pourquoi, puisque la voix est de l'air transformé
d'une certaine manière, change-t-elle souvent de
forme, et se dissipe-t-elle dans son mouvement, tandis que l’écho, qui se produit quand ce même air vient à frapper sur quelque corps solide, ne se dissipe pas, et s'entend au contraire fort distinctement ?
N'est-ce pas parce que l'écho est une réflexion et non pas une réfraction ? C’est un tout venant d’un tout ; par conséquent, c’est une action produite par le semblable. Le son se réfléchit bien par l'effet de
plus haut, $ 13, la même question présentée avec beaucoup plus de développements.— D'une certaine tension des corps. L'expression grecque n'est pas plus précise ; et le fait lui-même n'est peut-être pas plus exact.
Quand on pleure, il y a comme un relächement de tout l'organisme, loin qu'il y ait une tension. D'ailleurs, le même phénomène semble se produire aussi quand on rit; et l’on sent comme une détente générale.
$ 51. La voix est de l'air.
Voir plus haut, 8 29, la même question ; voir aussi le $ 7, où se trouvent des considérations
analogues sur la sonorité des corps vides. — Change-t-elle souvent de forme. L'expression est peut-être un peu exagérée ; la forme de la voix change de nature en ce sens qu'elle s'éteint petit à petit, pour cesser enfin tout à fait. Il n'y a rien de pareil dans l'écho ; il reproduit pleinement la voix qu'il répercute, quel que soit l'état de cette voix. — Une réflexion et non pas une réfraction. Les deux mots en grec ont la même étymologie ; les mots de notre langue n’ont pas tout fail ce parallélisme. Cette explication est d'ailleurs ingénieuse.
l'air dans le creux où il parvient ; mais il ne vient pas du creux.
Pourquoi, quand une personne crie toute seule ou que plusieurs autres crient en même temps, le son n'est-il plus pareil, et pourquoi cependant le bruit ne se fait-il pas entendre plus fortement au loin, en proporlion des personnes qui sont à crier ἢ
N'est-ce pas parce que chaque personne pousse l’air qui est devant elle, mais que ce n’est pas le même air, si ce n'est dans une très faible proportion ? Il se passe ici le même phénomène que quand plusieurs personnes jettent des pierres, et que chacune d'elles jette une pierre différente, ou du moins, que le plus
S52. Quand une personne crie toute seule... Cette question paraît fort obscure à Septali, et il semble désespérer de pouvoir l'éclaircir. Il est vrai que l’expression de l'original est trop concise ;: mais il semble toutefois qu’elle est intelligible. Plusieurs personnes se metlent à crier à la fois. Comment se faitil que le son ne porte pas au loin en proportion du nombre des personnes, et qu'elles ne se fassent guère mieux entendre qu'une seule personne qui serait seule à crier ? Cette question est certainement assez curieuse, et elle mérite, en effet, d'être étudiée. — L'air qui est devant elle... ce n'est pas le même air. L'explication parait très vraisemblable ; et, 51 le
s’agit ici de pierres
bruit n'augmente pas en proportion du nombre, c'est que ce sont des parties différentes de l'air qui sont mises en mouvement ; elles sont séparées et ne s’accumulent que dans une mesure très restreinte. — Plusieurs personnes jellent des pierres. La comparaison sert à éclaircir la question; et les pierres ne vont pas plus loin parce que plusieurs personnes en jettent à la fois; de même pour la voix, qui ne porte pas en proportion du nombre de ceux qui parlent, où qui crient.
Septali semble penser qu'il lancées dans un bassin d'eau où elles déterminent des ondulations diverses. Cette supposition ne parait pas nécessaire ; et l'idée
SECTION XI, LA VOIX, $ 53 269 grand nombre de ces personnes en jette. D'un côté, la pierre, lancée par chacune de ces personnes, n'ira pas plus loin, en proportion du nombre; non plus que, dans le cas de la voix, puisqu'ici ce n’est plus la voix d’une seule personne, mais la voix de plusieurs. De près, comme on peut s’y attendre, la voix semble proportionnellement plus forte ; car de près aussi, . beaucoup de traits atteignent le même but; mais de loin, 11 n’en est plus de même.
Pourquoi, dans l'inquiétude, a-t-on la voix plus grave, et l’a-t-on plus aiguë dans la peur ? Cependant la honte est bien aussi une sorte de peur.
Mais n'est-ce pas que l'aflection est de part et d'autre bien différente ? Dans la honte, on rougit; et l'inquiétude esthien une sorte de honte. Au contraire, la peur fait palir ; et l’on voit aisément que la chaleur disparaît par en haut quand on ἃ peur. Le souffle étant très faible ne met en mouvement qu'une petite quantité d'air. Une quantité petite a un mouvement
de l’auteur se comprend bien sans cette addition. — De près. J'ai ajouté ces mots qui me semblent indispensables. Voir plus loin, section XIX, $ 2, une question qui peut contribuer à éclaircir celle-ci.
S53.Dans l’inquiétude.Voir une question presque pareille, plus haut, 8 32; voir aussi Ὁ 36.
L'ensemble de celle-ci est assez clair ; mais les détails sont assez douteux.— Cependant la honte.
Cette pensée ne se lie pas à la précédente ; et il doit manquer ici quelque notion intermédiaire. La suite du contexte ne peut pas servir à dissiper l'obscurilé, parce que l'auteur ne s'occupe presque plus de la voix, grave ou aiguë, mais des effets que peuvent causer l'anxiété, la peur et la honte sur le visage.
— La peur fait pélir. Le phénomène est certain. — Une peile quantité ἃ un mouvement
rapide ; et, dans la voix, le rapide produit l’aigu. Au contraire, quand on rougit de honte, la chaleur se porte en haut, vers la région de la poitrine; et ce qui le prouve, c’est qu’on devient tout rouge. Une force plus grande remue plus d'air; mais une quantité considérable se meut lentement ; et, dans la voix, le lent, c'est le grave.
Pourquoi balbutie-t-on ?
N'est-ce pas à cause du refroidissement de l’organe qui sert à parler, et, par suite, d’une sorte d'apoplexie de cet organe ?
Au contraire, quand on est échauffé par le vin ou par une longue conversation, on parle beaucoup plus confusément.
Pourquoi l’homme est-il parmi les animaux le seul
qui bégaie ἢ
rapide. Ce n’est pas toujours le cas ; el une petite quantité peut avoir un mouvement très lent.
— Une quantité considérable se meut lentement. Cette assertion n'est pas non plus très exacte.
En résumé, l’auteur ne répond que très indirectement à ἰὰ question qu'il s’est posée.
8 54. Balbutie-t-on. Ou : «Bégaye-t-on ». Voir plus haut, $ 30, une question sur le bégaiement des enfants; voir aussi plus loin, $ 60, une question semblable, résolue plus com-
plètement qu'ici. — Refroidissement... apoplexie. Ce sont là des explications trop vagues; voir sur le bégaiement, M. Béclard, Traité élémentaire de physiologie humaine, 6° édition, p. 800.
— Par le vin. L'action du vin est évidente ; l'influence d'une longue conversation l’est moins.
— Une longue conversation. Ou:
«Jlorsqu'on a parlé d'une facon conlinue ».
$S55. L'homme est-il... le seul Le fait est exact; maisil est vrai que, sous ce rapport, on n'a
N'est-ce pas parce qu'il est le seul qui jouit de la parole ? Les autres animaux n’ont que la voix. Les bègues parlent aussi ; mais ils ne peuvent pas lier régulièrement les mots qu’ils prononcent.
Pourquoi la voix est-elle plus aiguë en hiver et quand on est à jeun, tandis que dans l'été et quand on est ivre, on l’a plus grave ?
N'est-ce pas parce que la voix plus rapide est plus aiguë, et que la voix résultant d’une forte tension des organes est plus rapide ? À jeun et en hiver les corps sont plus resserrés que dans l'ivresse ou qu’en été ; car la chaleur et les sueurs, qui en sont la suite, relàchent les corps.