Quand on enest tout près
L'observation est juste et l’explication semble très plausible ; c’est l'interposition de l'air qui fait que l'odeur se fait sentir davantage. — La myrrhe des médecins. On peut voir dans les œuvres d'Hippocrate que Îles médecins faisaient un grand usage de la myrrhe, sous diverses formes, et principalement en fumigations. — Devenue plus pure. Cette première explication est exacte ; et l'explication sui-
vante ne fait guère que la reproduire, La myrrhe est une gomme-résine qui découle d'arbres d'Abyssinie et d'Arabie ; elle a été connue dès la plus haute antiquité. La myrrhe fait partie de la famille des Térébinthacées:
voir le Traité général de Botanique de Lemaout et Decaisne, Ρ. 316. Théophraste parle de la myrrhe dans Île Traité des Odeurs , édit. Firmin-Didot, eh..6,,$ 29, p. 469; voir aussi ch. 10, ὃ 44. — En la brûlant.
SECTION XII, DES BONNES ODEURS, ὃ 3 319 se vaporisent. Aussi, quand l’on est au-dessus des charbons, on ne sent rien; mais, en s’éloignant davantage, l'odeur parait plus pure et extrêmement
légère.
Pourquoi les odeurs des parfums et des fleurs sontelles moins agréables quand on en est tout près ?
N'est-ce pas parce qu'avec l’odeur, il s'échappe des parties de terre, qui sont entrainées davantage en bas, à cause de leur poids? Il s'ensuit que de plus loin l'odeur est plus pure. N'est-ce pas aussi que, le principe n'étant πὶ trop près ni trop loin, le flux qui en sort est le plus considérable possible ? D'une part, il n’y en ἃ pas encore beaucoup ; et d'autre part, il se disperse et disparait.
On prétend que les arbres prennent une bonne
n'est peut-être pas fausse. — N'est-ce pas aussi. Cette seconde raison reste obscure, faute de développement suffisant ; il aurait fallu dire comment l'odeur
L'explication peut sembler assez exacte: mais le feu ne brûle qu'une partie de l'odeur; car autrement, on ne la sentirait pas du tout. — Parait plus pure.
C'est-à-dire, plus dégagée de l’action du feu.Voir le suivant, dont la question se rapproche beaucoup de celle-ci ; voir également les K 3et4et S 9.
$ 2. Et des fleurs. Il n'y ἃ guère que ce détail de plus dans ce $, comparativement au précédent. — S’échappe des parties de terre. Cette explication est certainement délicate; et elle
s’accumule pour acquérir toute l'intensité possible. — Se disperse et disparait. 1 n’y ἃ qu'un seul mot dans le texte.
8 3. Les arbres. J'ai séparé ce S, comme l'a fait l'édition Firmin-Didot ; il ne tient pas assez à ce qui précède, bien qu'il y soittoujours question de l'odeur.
Septali réunit les deux $$ en un seul, parce qu'il désire ne pas
odeur quand l’arc-en-ciel les ἃ embrassés et circonscrits. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Si c’est vrai, d’où vient un tel phénomène? Il est, du reste, évident que ce ne sont pas tous les arbres qui sentent, ni qu'ils sentent toujours; car souvent l’arc-en-ciel ἃ lieu sans que les arbres ne manifestent aucun changement. Mais, quand cet effet se produit, ce n’est pas sur toutes les forêts ; et comme 1] a lieu quelquefois, il n’en faut pas davantage pour justifier l'opinion vulgaire. Ce n’est donc qu'indirectement qu’on peut attribuer ce phénomène à l’arc-en-ciel, surtout quand on songe que l’arc-en-ciel n’est pas une substance naturelle, mais qu’il est seulement une modification de la vue, qui est réfractée. Mais, ainsi qu’on vient de le dire, cette modification n’a pas lieu sur toute la forêt,
s'écarter de la tradition des les aura pris de son maître ; ou
manuscrits. Il y ajoute même le ὃ 4 (3), qui traite à peu près la même question. Cette différence des divisions n'a aucune importance. — L'arc-en-ciel. Théophraste a traité aussi cette question de l'influence de l’arcen-ciel, en étudiant les odeurs diverses des plantes, Traité des Causes des plantes, livre VI, chapp. 14, 15, 16 et 17. C'est dans ce dernier chapitre, ὃ 7, qu’il parle de la croyance populaire sur l'arc-en-ciel: et 1] semble y attacher peu de foi, p- 315, ligne 2, de l'édition Firmin-Didot. Les détails assez concis que donne Théophraste se rapprochent beaucoup, sur quelques points, de ceux qui se trouvent ici. Ou, Théophraste
l’auteur des Problèmes les aura pris de Théophraste. — Est-ce vrai, est-ce faux? J'ai dérangé quelque peu l’ordre dans lequel le texte présente les idées, afin de les rendre plus nettes. — Les foréts. Il faut se souvenir, dans tout ce passage, qu'en grec le même mot signifie Forêt et Matière, J'ai pris tantôt l’un de ces mots, et tantôt l'autre. — N'est pas une substance naturelle. Où, une Réalité substantielle ; voir la Météorologie d'Aristote, livre III, chh. 4 et 5, où se trouve une admirable étude de ce phénomène sans substance. — Une modification de la vue. C’est-àdire, de la lumière solaire réfractée dans les gouttelettes d'eau qui forment le nuage. — Toute
SECTION XII, DES BONNES ODEURS, ὃ 3 311
ni dans quelque état qu’elle soit. Ainsi, le phénomène ne se montre pas sur les arbres dont le feuillage est tout vert, ni sur les arbres à feuilles sèches. Mais les bergers prétendent que c’est seulement sur les bois gonflés que cette bonne odeur se produit, après les pluies qui suivent l’arc-en-ciel, surtout dans les bois où il y ἃ du genèêt, ou du nerprun, et des arbres dont les . fleurs ont une bonne odeur. Cette bonne odeur alors n'a pas d'autre cause que l'odeur qui s’exhale de la terre. Ainsi, quand la terre a été échauffée et qu'elle devient brülante, la première odeur qui en sort est agréable. Car les corps qui ont peu d'humide exhalent une bonne odeur, quand onles brüle, parce que la chaleur peut absorber l'humidité. De là vient que toutes les parties du sol exposées au soleil ont une meilleure odeur que les parties tournées au nord. Les parties tournées à l’est sont plus odorantes que celles qui sont tournées au midi. La région de la Syrie et de l'Arabie est plus terreuse ; mais la Libye est sablonneuse et sans eau. Car, il ne faut pas que l'humidité
la forét, ou Matière. [οἱ encore il s'agit de Forêt plutôt que d'une Matière quelconque, comme la suite le prouve. — Tout vert. feuilles sèches. Les uns ont trop d'humidité ; les autres n'en ont pas assez. — Les bergers.. Comme 115. sont mieux placés que personne pour ce genre d'observations, on doit tenir grand compte de leur témoignage. — Après les pluies.
Voilà la véritable raison ; c’est la pluie qui développe lodeur,
ce n'est pas l'arc-en-ciel, — Est agréable. C'est souvent ce que l’on sent après les pluies d'orage.
— Peut absorber. Le texte est moins précis. — Toules les parties du sol... Ces observations sont justes. — Plus terreuse.
Sous-entendu : « Et par cela même plus humide ».,— L’Arabie. Il ne s’agit évidemment que de quelques parties de l'Arabie, de celles qui avoisinent la Syrie ; car le reste de l'Arabie est aussi sèche que peut l'être
soit trop abondante, parce qu'alors elle ne peut pas être bien digérée ; il ne faut pas non plus qu’elle manque absolument, puisqu’alors il n’y a plus d’évaporalion possible. C’est là ce qui se produit dans un bois qu'on vient de brüler, et qui est de nature à contenir en soi une odeur agréable. C’est aussi ce qu’on observe pour les fleurs, dont on fait ainsi sentir la bonne odeur. Dans les lieux qu'embrasse et que couvre l’arc-en-ciel, on peut voir qu'aucun changement ne se produit s’il n’y a pas d’eau ; car la matière étant mouillée, et cuisant l’humide par la chaleur qui est en elle, laisse sortir l’évaporation qu’elle contient. Il ne faut pas non plus qu’il y ait beaucoup d’eau ; car en trop grande quantité, l’eau obstrue, et même éteint la chaleur développée par la combustion. Les pluies qui tombent après l’arc-en-ciel ne sont pas considérables; mais elles sont en mesure convenable, peuton dire. Si les arcs-en-ciel sont multiples, la pluie n’est pas forte ; mais elle se répète fréquemment, bien qu'en petite quantité. En résumé, les choses se passant ainsi, comme on ne voit rien de changé que l’arc-en-ciel lui-même, on lui attribue cette bonne odeur des bois.
la Libye. — Digérée. Dans le sens de Coction. — Un bois.
Ou, « une Matière ». — S'il n'y
pas d'eau. En d'autres termes :
« S'il ne tombe pas de pluie ».
— La matière. J'ai conservé ce mot qui, en ce passage, se rapporte évidemment aux arbres
et aux plantes. — Les pluies qui tombent... C’est aussi ce que dit Théophraste, loc. cit.—Sont multiples. Ou, Fréquents. — Rien de changé. Dans le ciel, sous-entendu. — Des bois. J'ai ajouté ces mots, qui ressortent du contexte.